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Après plusieurs mois de retard, le village de refuges temporaires de Thunder Bay s’apprête à accueillir ses premiers résidents, en septembre. Composé de 80 cabines individuelles et de services de soutien intégrés, ce projet pilote vise à offrir une transition digne et sécuritaire aux personnes en situation d’itinérance.
Riel Lyon vit dans une tente à Thunder Bay depuis deux ans et demi. Originaire de Sioux Lookout, dans le Nord-Ouest de l’Ontario, il espère que sa situation est sur le point de changer.
Ce serait vraiment formidable d’avoir l’eau courante, l’électricité, un endroit pour cuisiner et un lieu où je me sens en sécurité, confie-t-il.

Riel Lyon, qui vit dans une tente depuis deux ans et demi, est bénévole au sein de l'organisme People Advocating for Change Through Empowerment (PACE), gestionnaire d'un centre d'accueil à Thunder Bay.
Photo : Radio-Canada / Sarah Law
Pendant qu’un ami tente de l’aider à trouver un appartement à l’autre bout de la ville, M. Lyon espère figurer sur la liste des futurs occupants de ce village tant attendu.
Si l’on m’offre cette chance, je serais très intéressé, ajoute-t-il.
Un projet progressif pour répondre à la crise
Le site, en cours de construction au bout d’Alloy Drive par l’entreprise ModBox Modular, comportera 80 cabines d’hébergement.
Les résidents auront accès à des bâtiments communs abritant une cuisine, des toilettes et une buanderie.
Un espace de rassemblement communautaire, des bureaux administratifs et un service de sécurité permanent s'ajouteront aux installations.
Cette initiative s’inscrit dans le plan d’intervention en 10 points sur les campements, approuvé par le conseil municipal en 2024.
Le projet a toutefois accumulé les retards en raison de la recherche d’un emplacement idéal, complexifiée par les réticences de certains citoyens et commerçants locaux.
En février dernier, la Municipalité a d’ailleurs déclaré l’itinérance comme une crise humanitaire.
L’objectif initial était de rendre les 20 premières unités fonctionnelles dès la fin juin.
Des délais de construction ont toutefois repoussé l’échéance, explique Rilee Willianen, superviseure de la réponse aux campements pour la Ville.

La construction du village de refuges temporaires se poursuit à Thunder Bay.
Photo : Radio-Canada / Marc Doucette
Les premiers déménagements sont désormais prévus pour ce mois de septembre.
L’intention a toujours été d’adopter une approche progressive. Nous commencerons avec un petit groupe d’unités avant d’augmenter la capacité, précise Mme Willianen, tout en admettant qu’aucun calendrier précis n’est fixé pour le déploiement complet du village.
Tisser des liens en amont
La gestion du village a été confiée à Demetrakopoulos Enterprises inc., qui a recruté une équipe de 12 professionnels.
Ce personnel comprend notamment un gestionnaire et un superviseur de programme, des navigateurs de système et des intervenants en soutien communautaire.
Ils ont déjà commencé le travail de proximité sur le terrain avec mon équipe afin de nouer des relations avec les gens, souligne Mme Willianen.
L’idée est que les sans-abris seront plus enclins à accepter une cabine s’ils connaissent déjà les intervenants.
Pour M. Lyon, la météo et les vols à répétition ont été les pires difficultés de son été sous la tente.
Pourtant, l’idée du village suscite des avis partagés au sein de sa communauté.
Certains sont prêts à essayer, mais beaucoup hésitent à s’engager, car ils sont trop habitués à l’isolement, admet-il.
Il demeure convaincu que d’habiter dans un lieu sécurisé avec des ressources sur place facilitera grandement cette transition majeure.
L’importance cruciale d’un soutien global
L’urgence est bien réelle : le refuge de nuit Shelter House, situé dans le sud de la ville, a affiché complet tout l’été, selon son directeur général, Brendan Carlin.
Face à cette demande croissante et grâce à de nouveaux fonds, l’organisme élargira d’ailleurs son programme de services de proximité de rue dès septembre.
En parallèle, le personnel du nouveau village de refuges a suivi une formation auprès de Shelter House pour s’imprégner des dynamiques d’entraide et du réseau social de la ville.

Brendan Carlin, directeur général de Shelter House à Thunder Bay, affirme que le refuge de nuit a affiché complet tout l'été.
Photo : Radio-Canada / Sarah Law
Le logement est un enjeu d’une grande complexité pour certaines personnes, rappelle M. Carlin. Pour ceux qui vivent chroniquement dans la rue, la transition peut s’avérer accablante.
La collaboration simplifie tout : un simple coup de fil entre partenaires permet de coordonner l’accès d’une personne à un programme ou à un toit, estime-t-il.
Avec les informations de Sarah Law


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