La Flandre déclare son indépendance: ça, ce n’est pas tout à fait nouveau. Il y a juste 20 ans, en 2006, la RTBF (télé publique belge francophone) avait même frappé les esprits avec une fausse émission d’info de type breaking news qui annonçait la sécession.
Cette fois, dans la fiction de The Best Immigrant, que montre France 2 ces jours, la déclaration d’indépendance est suivie d’un effet très concret, et brutal. Puisque ce sont les nationalistes durs qui ont pris le pouvoir et se sont séparés de la Wallonie, ils décrètent l’expulsion de toutes les personnes qui ne sont pas nées en Flandre.
Muna, institutrice venue du Soudan, est frappée par la décision. Lors d’une rafle, elle réagit fortement, et la TV a filmé la séquence. Une productrice la repère et lui propose, avec son compagnon, de participer à une nouvelle émission, The Best Immigrant. De la téléréalité de sélection des étrangers: ils doivent cohabiter avec des concurrents, répondre correctement à des questionnaires… et seront contraints à pousser leurs compétiteurs dans le fossé, coûte que coûte. Le gagnant pourra rester dans le pays.
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On le voit, The Best Immigrant ne fait pas dans la finesse. La dénonciation d’un état d’esprit ambiant, de l’instrumentalisation politique de l’immigration ainsi que de l’avidité sans éthique des médias se révèle catégorique. Rencontrés au Festival Séries Mania, les co-créateurs Michael De Cock (scénariste) et Adil El Arbi (producteur) ne s’en cachaient pas: «Nous voulons provoquer la réflexion avec la plus grande efficacité», lançaient-ils en guise de programme.
Jennifer Heylen incarne Muna dans «The Best Immigrant». — © Caviar/Lompvis
La série a été conçue et calibrée à cette fin, et le fait qu’elle tourne un peu en Europe – pas sur la SSR, hélas – montre que le potentiel de débats est jugé intéressant au-delà de la Belgique. Le feuilleton tient d’ailleurs bien son rythme dans les étapes de la téléréalité, les quiz éliminatoires d’abord, la vie collective (dans «l’auberge») ensuite, avec des tentations croissantes de manœuvres vicieuses pour Muna et les autres. Dans la parodie nationale, les auteurs vont loin et c’est assez jouissif, ainsi quand ils s’appesantissent sur l’habillage de l’émission avec son animateur au milieu de danseuses un peu dénudées, qui chante un air de «Il faut mériter de vivre dans notre belle Flandre»…
«The Best Immigrant». Une série créée par Christina Poppe, Raoul Groothuizen, Michael De Cock et Adil El Arbi (Belgique, 2025). Cinq épisodes de 50’montrés par France 2, en replay.


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