L’homme le plus protégé du monde se déplace rarement pour rien. Il y a 2 ans, Vladimir Poutine avait jugé bon de se rendre à Kazan pour l’ouverture des premiers Games of the Future. La troisième édition s’est ouverte le 29 juillet à Astana, au Kazakhstan. Jusqu’au 9 août, elle met à l’honneur le sport «phygital». Mot-valise pour une discipline hybride, moitié physique, moitié digitale (numérique), où les athlètes s’affrontent d’abord dans une simulation (jeu vidéo) puis sur un véritable terrain, dans des catégories telles que le football, la boxe, le basketball ou la danse. Dans la plupart des équipes, une partie des joueurs est spécialisée dans un domaine ou l’autre, le sportif ou le numérique, mais un à deux gamers doivent jouer sur les deux tableaux.
Kazan en 2024, Abu Dabi en 2025, Astana cette année… Pourquoi ce sport phygital intéresse-t-il autant des Etats autoritaires, au premier rang desquels la Russie, qui influence largement la gouvernance de cette discipline? Lukas Aubin, spécialiste de la Russie et chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), observe cet engouement avec intérêt: «On est dans une stratégie de «désoccidentalisation» par le sport, avec l’idée de continuer d’exister pour la Russie malgré son exclusion des grandes compétitions sportives internationales depuis le début de la guerre en Ukraine. Créer des compétitions parallèles permet de s’affirmer sans s’exclure des compétitions traditionnelles type Jeux olympiques.»


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