Un système collectif en particulier pourrait incarner une solution intéressante, dans le but de réduire l’impact environnemental de la climatisation. Il s’agit du « réseau de froid urbain », un concept relativement présent dans certains pays, dont la France. Comment fonctionne cette solution et quels en sont les avantages et les inconvénients ?
Comment ça marche ?
Comme le chauffage, la climatisation génère des quantités non négligeables de dioxyde de carbone. Caractérisant généralement les populations des pays chauds, les climatiseurs n’ont pas bonne réputation en raison de leur impact environnemental mais également, leur dépendance aux réseaux d’électricité. Les prévisions pour l’avenir ne sont pas rassurantes. En effet, la demande en climatisation et concerne davantage des pays en développement, ceux-ci de plus en plus impactés par épisodes caniculaires. A l’horizon 2030, ces pays pourraient totaliser environ un milliard de climatiseurs.
Parmi les possibilités de réduire l’impact environnemental de la climatisation, il est possible de citer le réseau de froid urbain (RFU). Similaire au réseau de chaleur, ce système transporte des « frigories » et non des calories. Parfois surnommé « climatisation centralisée », le RFU est un système collectif de production et de distribution de froid. Il s’agit donc de refroidir des bâtiments en tous genres, parfois à l’échelle d’un quartier ou d’une ville. Dans les faits, il est question d’une installation centrale produisant de l’air frais, reliant les habitations par des canalisations souterraines. Ainsi, il n’est aucunement besoin d’installer une climatisation pour chaque logement. Ce froid peut être produit par des sources naturelles (ex : cours d’eau) ou des compresseurs. En bout de chaine, l’air froid devenu chaud après utilisation retourne dans le système central pour y être refroidi à nouveau.
Des systèmes de ce genre existent déjà dans différents pays comme le Canada (voir image ci-après), les États-Unis, la Finlande, la Suède ou encore la Suisse. On en trouve également en France, notamment le Réseau de froid parisien depuis 1991. A l’aide d’une dizaine de centrales de production (400 MW), le concessionnaire Fraîcheur de Paris assure le service pour pas moins de 500 clients. D’autres installations existent déjà ou sont en cours de projet. Citons également l’exemple de Lyon, où la société Dalkia utilise les eaux d’exhaure pompées à 10 °C dans des parkings. Ceci permet d’éviter les inondations par les remontées de la nappe profonde et ce, tout en obtenant un « froid de récupération » alimentant le réseau de froid urbain.
Source: DRDes avantages et des inconvénients
Parmi les avantages, il est possible de citer l’utilisation d’énergies renouvelables comme l’eau de rivière (ou de mer, lac), la géothermie ou encore la valorisation des déchets. De plus, la production est centralisée, ce qui permet une stabilité en termes de maintenance et de fonctionnement. Aussi, les RFU ont un faible risque sanitaire quant à la maîtrise des fluides frigorigènes. Par ailleurs, ces installations offre confort et sécurité pour les usagers, surtout pendant les périodes de canules et permettent de lutter contre le phénomène d’îlot de chaleur urbain (ICU).
Du coté des inconvénients, il est notamment question d’un réchauffement au niveau des sources naturelles servant à la production du froid. De plus, l’installation des RTU nécessite des travaux importants, perturbant la circulation des véhicules dans la rue. Par ailleurs, ces réseaux sont s’adaptent mieux aux grands centres urbains puisque ceux-ci doivent faire l’objet d’une utilisation régulière.
En comparant les avantages et les inconvénients des réseaux de froid urbain, il est clair que les inconvénients ne pèsent finalement pas si lourd dans la balance. Il semble donc que les RTU aient de l’avenir, comme en témoigne l’apparition régulière de nouveaux projets. De plus, plusieurs pays tels que l’Inde et le Qatar, peu réputés pour leurs actions environnementales s’y intéressent de très près depuis plus d’une décennie. Or, dans la mesure où la plupart des pays à l’origine de l’augmentation de la demande en climatisation sont des pays en développement, il serait bénéfique que ces derniers privilégient les réseaux de froid urbains.


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