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Dans un rapport, le think tank Terra Nova met en garde contre les conséquences sociales d’un éventuel défaut de paiement de l’État. À partir des exemples grec et portugais, il estime que renoncer à honorer la dette publique aggraverait durablement la pauvreté et les inégalités.
Mickaël Demeaux - Aujourd'hui à 05:00 - Temps de lecture :
La dette publique n’est pas seulement une affaire de finances. Elle est aussi une question sociale. C’est la thèse défendue par Terra Nova dans un rapport consacré aux conséquences d’un éventuel défaut souverain, c’est-à-dire lorsque l’État ne respecte plus ses engagements envers ses créanciers.
Signée par Guillaume Hannezo, professeur associé à l’École normale supérieure et ancien conseiller économique de François Mitterrand, l’étude s’appuie notamment sur l’expérience de 221 défauts recensés sur deux siècles. Selon les données citées, le produit intérieur brut (PIB) par habitant des pays concernés est, en moyenne, inférieur de 8,5 % à celui de pays comparables trois ans après le défaut, et de près de 20 % au bout de dix ans.
Dégradation des comptes publics
Pour illustrer ces conséquences, l’auteur compare la Grèce et le Portugal, deux pays frappés par la crise des dettes souveraines dans les années 2010. Le premier a fait défaut, contrairement au second. En 2025, le PIB grec reste inférieur d’environ 10 % à son niveau de 2009, tandis que celui du Portugal lui est supérieur de 20 %. Le pouvoir d’achat des ménages grecs demeure inférieur de 14,7 % à son niveau d’avant-crise, quand celui des Portugais a progressé de 18,7 %.
Pour Terra Nova, les ménages modestes sont les premières victimes de ces crises, tandis que les plus fortunés peuvent mieux protéger leurs patrimoines en diversifiant leurs placements à l’étranger.
La France n’est pas à l’abri, estime le think tank. Il juge préoccupante la dégradation des comptes publics et la hausse du risque perçu par les marchés, tout en considérant que le redressement reste possible sans assistance internationale. Le rapport appelle ainsi à écarter les solutions consistant à effacer ou à monétiser la dette.


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