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Les trois millions d’habitants de ce pays fortement divisé sur des lignes ethnico-religieuses, entre Bosniaques musulmans, Serbes orthodoxes et Croates catholiques, étaient appelés aux urnes, dimanche. L’abstention progresse par rapport à 2022, laissant apparaître une lassitude démocratique.
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« N’écrivez pas sur les élections, nos politiciens ne le méritent pas », s’exclame la tenancière d’un petit restaurant branché du centre-ville de Sarajevo, apprenant qu’elle a en face d’elle des journalistes étrangers. « Ce sont des bons à rien qui vivent sur notre dos, de l’argent de nos impôts », éructe-t-elle avec l’approbation de son partenaire. Ce mouvement d’humeur, peu après que les premières estimations des élections générales ont été rendues publiques dimanche soir 4 octobre par la Commission centrale électorale de Bosnie-Herzégovine, reflète la désillusion partagée par une large partie des 3,2 millions d’habitants de ce pays fortement divisé sur des lignes ethnico-religieuses, entre Bosniaques musulmans, Serbes orthodoxes et Croates catholiques.
Dans un bureau de vote, lors des élections générales à Sarajevo, en Bosnie-Herzégovine, le 4 octobre 2026. Le scrutin de dimanche n’a pas apporté de surprise. Deux présidents (le Bosniaque, Denis Becirovic, et le Serbe, Milorad Dodik) du collège tripartite ont été réélus pour quatre ans. Le président croate sortant (réputé proche des positions bosniaques) a été remplacé par une femme, Darijana Filipovic, du parti nationaliste HDZ. En République Serbe de Bosnie (RSB), les représentants du parti nationaliste au pouvoir – et très controversé –, le « SNSD de Milorad Dodik », ont été réélus à la présidence et au Parlement.
En soirée, les rues de Sarajevo sont empruntées par des supporteurs de football et des touristes en goguette. Mais nulle trace de militants politiques exaltés ou déçus. La complexité décourageante de la construction institutionnelle de ce pays n’y est sans doute pas pour rien. Les électeurs bosniens ont dû remplir quatre bulletins pour déterminer la composition des quatre étages du pouvoir. Le premier bulletin est un vote pour le chef de l’Etat, en fait un collège présidentiel tripartite (un Bosniaque, un Croate et un Serbe) de l’Etat central. Chacun des trois présidents assure à tour de rôle la présidence pendant huit mois.
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