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Scanner X sur un estomac de 100 millions d’années : les paléontologues ont trouvé une espèce inconnue à l’intérieur

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Une équipe de paléontologues a récemment examiné le contenu stomacal d’un plésiosaure incroyablement bien conservé ayant vécu au cours du Crétacé. Les chercheurs y ont notamment découvert plusieurs vertèbres d’un poisson non décrit auparavant. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Alcheringa: An Australasian Journal of Palaeontology.

Un incroyable fossile opalisé

Les plésiosaures sont un groupe de reptiles marins qui vécurent pendant la période du Mésozoïque, il y a environ 200 à 65 millions d’années. Ces animaux étaient caractérisés par un corps allongé, un cou très long, une petite tête et quatre nageoires qui leur permettaient de se déplacer efficacement dans l’eau. Il en existait plusieurs types qui variaient en taille et en forme. Certains étaient de petites créatures, tandis que d’autres pouvaient atteindre une longueur de plus de quinze mètres.

Cela étant dit, une équipe de paléontologues s’est récemment intéressée à « Eric » (holotype Umoonasaurus demoscyllus), considéré comme l’un des squelettes de plésiosaure les plus complets jamais découverts en Australie (93%). L’animal aurait vécu il y a entre 120 et 90 millions d’années.

Ce fossile est particulièrement intéressant, car il est opalisé. En d’autres termes, le fossile a été remplacé par de l’opale, une variété de silice hydratée. Il s’agit d’une pierre semi-précieuse qui se forme par l’action de l’eau sur des minéraux riches en silice, tels que la pierre ponce et le basalte. Les fossiles opalisés se forment ainsi essentiellement lorsque des minéraux riches en silice remplacent les os, les coquilles ou d’autres matières organiques des êtres vivants, livrant finalement des créatures d’une beauté et d’une rareté exceptionnelles.

Eric le plésiosaureCrédit : Abram Powell
Eric le plésiosaure opalisé (Umoonasaurus demoscyllus) exposé au Musée australien.

Le dernier repas d’Eric

Les fossiles opalisés sont également souvent très bien conservés, ce qui peut permettre aux scientifiques d’obtenir des détails sur l’anatomie des animaux et des plantes éteintes. Ce spécimen en particulier n’échappe pas à la règle et dispose même d’une masse gastrique dans la région de la ceinture pectorale. Jusqu’à présent, celle-ci n’avait pas été documentée en détail. C’est désormais chose faite. Grâce à une technologie de pointe, les chercheurs ont donc été en mesure d’isoler les restes fossilisés de son estomac.

plésiosaureCrédit : Joschua White/ANU
Un micro-CT scan de l’intérieur de l’estomac fossilisé du plésiosaure surnommé Eric.

De puissants rayons X ont permis aux chercheurs d’isoler au moins dix-sept vertèbres d’un poisson téléostéen non décrit auparavant, démontrant que les plésiosaures étaient bien des pescatariens. Finalement, il ressort de cette analyse que ces reptiles étaient un peu comme les lions de mer de leur époque. Ils chassaient de petits poissons tout en étant probablement eux-mêmes à risque de prédation.

L’estomac de l’animal contenait également au moins soixante gastrolithes d’une longueur maximale d’environ cinq millimètres en moyenne. Rappelons que les gastrolithes sont essentiellement des pierres lisses et arrondies ingérées par certains animaux pour faciliter la digestion. Ils font en effet office de « meule » dans l’estomac et aident à broyer les aliments en petits morceaux. Les gastrolithes peuvent également agir comme un poids pour aider l’animal à réguler sa flottabilité dans l’eau ou comme un moyen de stockage de minéraux essentiels tels que le calcium. Leur présence dans ce fossile n’était cependant pas vraiment une surprise dans la mesure où nous savions déjà que les plésiosaures en consommaient régulièrement.

Brice L.

Rédigé par Brice L.

Brice est un journaliste passionné de sciences. Il collabore avec Sciencepost depuis plus d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.

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