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FIGAROVOX/TRIBUNE - Le groupe, né le 8 avril 1946, a connu quatre décennies de gloire, puis 40 ans de gâchis, à cause des politiques des gouvernements successifs et de l’UE, estime la députée européenne Reconquête!, qui plaide pour un sursaut. Cela passe selon elle par renouer avec le nucléaire.
EDF est née le 8 avril 1946, il y a 80 ans jour pour jour. De bonnes fées s’étaient penchées sur son berceau. Dès sa naissance, elle est confiée à des dirigeants visionnaires et à des ingénieurs qui vont doter la France d’un réseau électrique unifié, optimisé et robuste. Ils entament la construction de dizaines de barrages hydroélectriques pour alimenter l’électroménager et les postes de télévision qui s’invitent alors chez les Français. Ces chantiers titanesques transforment nos montagnes en centrales à ciel ouvert. Ils vont permettre les Trente Glorieuses.
Une fois les vallées domptées, EDF a vingt ans, et il est vrai qu’à vingt ans, tout est permis. EDF se lance dans une nouvelle aventure, encore plus incroyable : l’atome. Trois ans avant le premier choc pétrolier, la centrale de Fessenheim est mise en service. 59 réacteurs sortent de terre en trente ans. La France devient leader mondial du nucléaire. Le secret de la réussite : des objectifs clairs, un nombre limité d’acteurs, chacun pleinement responsable, et des études d’impact chiffrées menées par la commission PEON, reconnue de tous.
Quand EDF souffle ses 40 bougies, la France possède l’électricité la moins chère d’Europe et profite des fruits de l’excellent travail accompli. Elle a le mix électrique parfait : nucléaire et hydraulique. Toutes ces sources sont pilotables, bon marché et non polluantes. Ces quarante premières années sont une réussite industrielle sans équivalent. On le mesurera tristement à l’aune des quarante années qui suivront… Bien sûr, il reste alors beaucoup à faire : il faut encore augmenter la production pour électrifier notre industrie, fermer les dernières centrales au fioul et au charbon, exporter davantage, ce que notre position géographique centrale nous permet facilement, voisins que nous sommes de gros clients potentiels, la Ruhr, la Lombardie, la Suisse, les Pays-Bas, l’Angleterre. Il faut aussi faire baisser les coûts de production en travaillant au recyclage du combustible.
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Oui, les défis sont nombreux et l’avenir semble prospère… Mais nous sommes dans les années 1990, et entre-temps les visionnaires ont été remplacés par les politiciens. Avec eux, l’idéologie a supplanté le pragmatisme.
En 1997, EDF a 50 ans. Le premier coup est porté par le gouvernement et les écologistes : Superphénix, le réacteur pionnier du recyclage du combustible nucléaire, est fermé, par les mêmes qui prônent le recyclage. Puis ce sera Emmanuel Macron qui arrêtera Astrid en 2019, avant de finalement le relancer en 2025.
Au même moment, un autre rude coup nous est porté par l’Union européenne, un coup téléguidé par l’Allemagne, jalouse de notre réussite. La directive énergie de 1996, sous prétexte « d’ouverture à la concurrence », vise clairement à briser EDF. Quelle concurrence pouvait-on imaginer ? Tout dupliquer, un deuxième réseau, d’autres centrales, pour satisfaire la même demande ? C’est absurde. Les «concurrents» qui apparaissent sont donc surtout des grossistes : ils achètent l’électricité produite par EDF et la revendent avec une marge. Et comment font-ils cette marge ? En forçant EDF à vendre sa propre électricité à perte. C’est la logique du tarif ARENH, créé en 2010, remplacé par le VNU l’année dernière.
Après 40 ans de gloire, puis 40 ans de gâchis, les 40 années qui viennent peuvent redevenir glorieuses, à une condition : retrouver l’audace des bâtisseurs, cet esprit de conquête qui avait fait d’EDF le premier producteur électrique mondial.
Nous sommes au troisième acte du déclin. Des politiciens promettent, au nom de l’idéologie, de ramener la part du nucléaire de 75% à 50% du mix énergétique français. Une promesse ruineuse, absurde sur le plan technique, et dévastatrice sur le plan humain : pourquoi se spécialiser dans une filière que l’État condamne ? Pendant vingt ans, des générations d’ingénieurs ont été dissuadées de choisir le nucléaire. L’aboutissement de cet acharnement : la fermeture de la centrale de Fessenheim, en parfait état de marche, par Emmanuel Macron et Édouard Philippe, en 2020.
Depuis les années 2000, éoliennes et panneaux solaires ont poussé comme des champignons au milieu de nos paysages. Résultat : quand le vent souffle et le soleil brille, l’Europe ne sait plus quoi faire de ses électrons en trop, au risque du black-out. Et quand l’éolien et le solaire produisent, EDF doit ralentir ses centrales nucléaires pour laisser passer cette électricité aléatoire, achetée en priorité par obligation légale. Cela fait 25 ans que l’on nous explique que l’éolien et le photovoltaïques sont des filières d’avenir. 25 ans et 100 milliards d’euros plus tard, elles dépendent toujours des subventions publiques pour fonctionner. Et nous continuons. Et nous continuons, l’Europe en demande toujours plus et la Programmation Pluriannuelle de l’Energie également, en édictant des obligations de moyens avant de fixer des objectifs, sans évaluer les impacts.
Alors, 80 ans pour EDF, c’est l’heure du sursaut. Après 40 ans de gloire, puis 40 ans de gâchis, les 40 années qui viennent peuvent redevenir glorieuses, à une condition : retrouver l’audace des bâtisseurs, cet esprit de conquête qui avait fait d’EDF le premier producteur électrique mondial.
L’intelligence artificielle, les datacenters, l’électrification de l’industrie, la voiture électrique, tout cela réclame une énergie abondante, pilotable, décarbonée.
Concrètement, cela cesser tout soutien public aux énergies intermittentes. Supprimer l’ordre de mérite qui oblige les fournisseurs à acheter en priorité l’éolien et le solaire lorsqu’ils produisent et contraint EDF à ralentir ses centrales pour laisser passer une électricité aléatoire achetée à prix d’or. Supprimer le versement nucléaire universel, taxe déguisée qui pénalise notre meilleur atout.
Et regarder plus loin encore. Le nucléaire est l’énergie du futur. L’intelligence artificielle, les datacenters, l’électrification de l’industrie, la voiture électrique, tout cela réclame une énergie abondante, pilotable, décarbonée. Pas du vent. Pas du soleil. Du nucléaire. Le monde entier le comprend : les États-Unis relancent leurs réacteurs, la Chine en construit des dizaines, les géants du numérique signent des contrats directement avec des exploitants de centrales. L’histoire nous donne raison. Avec le projet ITER, nous travaillons en ce moment même, en Provence, à la fusion nucléaire. Nous allons peut-être bientôt créer l’énergie du futur : une énergie infinie qui ne dépend d’aucun combustible. Voilà qui a de quoi enthousiasmer les jeunes ingénieurs. Voilà de quoi il faut parler à la jeunesse soucieuse de l’environnement. On n’a pas le choix qu’entre le pétrole et la décroissance, il y a encore tout un futur à inventer.
Excellent anniversaire, chère EDF. Merci pour tout ce que tu as offert à notre pays et à notre peuple. Merci à tous ceux qui t’ont servie, des ouvriers aux ingénieurs, des techniciens aux chercheurs. À 80 ans, tu as encore la vie devant toi. Tu as tous les atouts pour relever les défis qui viennent. Il ne te manque qu’un gouvernement digne de toi.


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