Rougeurs et douleurs au point d'injection, fièvre, fatigue, maux de tête : les effets secondaires des vaccins varient beaucoup d'une personne à l'autre. Mais pourquoi ? Une étude genevoise publiée dans Science Translational Medicine apporte la réponse.

En partenariat avec Destination Santé - Aujourd'hui à 17:00 | mis à jour aujourd'hui à 17:13 - Temps de lecture :

  • La plupart des effets indésirables après la vaccination sont bénins et temporaires. Ils traduisent en fait l’activation du système immunitaire par le vaccin, qui permet à l’organisme d’apprendre à reconnaître les antigènes du virus et de se préparer à mieux combattre une future infection.Photo Adobe Stock

    La plupart des effets indésirables après la vaccination sont bénins et temporaires. Ils traduisent en fait l’activation du système immunitaire par le vaccin, qui permet à l’organisme d’apprendre à reconnaître les antigènes du virus et de se préparer à mieux combattre une future infection.

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  • Chez certains, cette activation peut provoquer une inflammation locale au point d’injection (rougeur, gonflement, douleur) ainsi que des symptômes plus généraux comme la fatigue, la fièvre ou les maux de tête.Photo Adobe Stock

    Chez certains, cette activation peut provoquer une inflammation locale au point d’injection (rougeur, gonflement, douleur) ainsi que des symptômes plus généraux comme la fatigue, la fièvre ou les maux de tête.

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  • Certaines personnes, elles, ne ressentent rien.Photo Adobe Stock

    Certaines personnes, elles, ne ressentent rien.

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La plupart des effets indésirables après la vaccination sont bénins et temporaires. Ils traduisent en fait l’activation du système immunitaire par le vaccin, qui permet à l’organisme d’apprendre à reconnaître les antigènes du virus et de se préparer à mieux combattre une future infection.

Chez certains, cette activation peut provoquer une inflammation locale au point d’injection (rougeur, gonflement, douleur) ainsi que des symptômes plus généraux comme la fatigue, la fièvre ou les maux de tête.

Certaines personnes, elles, ne ressentent rien.

Chacun son immunité 

Pour étudier ces différences, des chercheurs de l’Université de Genève ont suivi le système immunitaire de 51 personnes en bonne santé et ayant reçu deux doses d’un vaccin à ARNm contre la COVID-19. Les participants ont été surveillés pendant sept jours après chaque injection.

De là, les auteurs ont observé le rôle essentiel des interférons. L’interféron est produit par les cellules infectées par un virus, alertant les cellules voisines et les préparant à se défendre. « Plus la réponse naturelle aux interférons d’une personne est active, plus ses réactions au vaccin risquent d’être marquées », résume Natacha Madelon, première autrice de l’étude.

Or tous les individus ne partent pas du même « niveau de base ». Pour des raisons encore mal comprises (facteurs génétiques, microbiote, épisode inflammatoire antérieur), certaines personnes ont, avant même d’être vaccinées, une « signature immunitaire » plus forte liée aux interférons, ce qui semble influencer l’intensité de leur réaction au vaccin.

L’impact de la seconde dose 

L’étude met également en évidence un deuxième mécanisme, observé chez  un modèle animal. Après la première vaccination, l’organisme développe des anticorps et des cellules T capables de reconnaître l’antigène du vaccin. Lors d’une dose suivante, cette immunité acquise peut amplifier rapidement l’activation de certaines cellules de l’immunité innée, notamment les monocytes, un type de globules blancs.

Ces monocytes réagissent alors plus fort, attirant davantage de cellules inflammatoires au point d’injection, ce qui peut expliquer pourquoi les effets secondaires sont souvent plus intenses après la deuxième dose.

À long terme, ces recherches pourraient contribuer au développement de vaccins mieux tolérés, tout en conservant leur efficacité. « En tout état de cause, une réaction légère, voire l’absence de symptômes après la vaccination, ne signifie en aucun cas que le vaccin est inefficace. La gravité des effets secondaires n’est donc pas, en soi, un indicateur de l’efficacité d’un vaccin », concluent les chercheurs.

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