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Certains laboratoires promettent aujourd’hui d’analyser, à partir d’un échantillon de selles, l’état de votre microbiote intestinal. Et ainsi d’identifier d’éventuels déséquilibres et même de recommander une alimentation ou des compléments « personnalisés ». Mais ces tests permettent-ils réellement de mieux prendre soin de sa santé ?
En partenariat avec Destination Santé - Aujourd'hui à 07:00 | mis à jour aujourd'hui à 07:06 - Temps de lecture :
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Le microbiote intestinal regroupe tout un ensemble de micro-organismes (bactéries, virus, champignons et parasites) présents dans le tube digestif. Depuis de nombreuses années, les preuves s’accumulent quant au rôle primordial que joue cet écosystème sur notre santé : digestion, métabolisme, fonctionnement du système immunitaire... Il est également étudié pour ses liens avec certaines maladies et l’efficacité de traitements, notamment dans le domaine du cancer.
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Or de nombreux facteurs peuvent conduire à une « dysbiose », autrement dit un déséquilibre de cet écosystème : sédentarité, infections gastro-intestinales, certaines pathologies digestives inflammatoires, telles que le syndrome de l’intestin irritable...
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Pour rééquilibrer le microbiote, certains tests fleurissent sur Internet. Des laboratoires proposent d’analyser les micro-organismes présents dans un prélèvement de selles. Le laboratoire fournit ensuite une description de la diversité bactérienne et de l’abondance de certaines espèces.
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Le microbiote intestinal regroupe tout un ensemble de micro-organismes (bactéries, virus, champignons et parasites) présents dans le tube digestif. Depuis de nombreuses années, les preuves s’accumulent quant au rôle primordial que joue cet écosystème sur notre santé : digestion, métabolisme, fonctionnement du système immunitaire... Il est également étudié pour ses liens avec certaines maladies et l’efficacité de traitements, notamment dans le domaine du cancer.
Or de nombreux facteurs peuvent conduire à une « dysbiose », autrement dit un déséquilibre de cet écosystème : sédentarité, infections gastro-intestinales, certaines pathologies digestives inflammatoires, telles que le syndrome de l’intestin irritable...
Des tests aux résultats variables
Pour rééquilibrer le microbiote, certains tests fleurissent sur Internet. Des laboratoires proposent d’analyser les micro-organismes présents dans un prélèvement de selles. Le laboratoire fournit ensuite une description de la diversité bactérienne et de l’abondance de certaines espèces.
« Mais leurs résultats sont peu fiables, c’est pourquoi de nombreux médecins les déconseillent formellement », alerte l’Inserm sur son Canal Detox, dédié aux fake news en matière de santé.
Ainsi, dans une étude publiée fin 2024 dans la revue Microbiome, des scientifiques ont envoyé le même échantillon de selles à plusieurs laboratoires. Problème, les résultats divergent d’un établissement à l’autre. « La diversité bactérienne, un indicateur clé de la santé intestinale, a été jugée ‘excellente’ par un laboratoire, ‘défavorable’ par un autre, et simplement ‘moyenne’ par deux autres, détaille l’Inserm. Plus inquiétant, certaines entreprises faisaient états dans leurs analyses des risques sérieux, tels que les cancers, maladies neurodégénératives, syndrome du côlon irritable, dépression… sur la seule base de la présence ou non de certaines bactéries, alors que la littérature scientifique actuelle ne permet absolument pas de tirer de telles conclusions individuelles. »
Preuve qu’il n’existe pas aujourd’hui de méthode universelle qui permette de définir précisément ce qu’est un microbiote « normal » ou « déséquilibré ». Mais surtout, « la variabilité du microbiote intestinal est telle que ce qui correspond à un déséquilibre chez un individu peut être parfaitement normal chez un autre », continue l’Inserm.
Un point que corrobore la Société française de micorobiologie. Dans une tribune publiée dans Le Monde en 2023 et intitulée « Tests de microbiote fécal : Le déséquilibre observé chez un individu ne peut pas être extrapolé à d’autres », un collectif de médecins recommandait de ne pas utiliser ces tests à titre individuel. Ils risquent de susciter de faux espoirs, d’inquiéter inutilement ou d’orienter vers des conseils alimentaires et des traitements non validés, voire inadaptés.
Et que penser des recommandations personnalisées ?
Par ailleurs, après l’analyse, certains laboratoires proposent des conseils alimentaires, des cures de probiotiques ou de prébiotiques, voire des traitements présentés comme capables de « rééquilibrer » le microbiote.
Ces produits sont considérés comme des compléments alimentaires, et non comme des médicaments. Ils ne sont donc pas soumis aux mêmes obligations d’essais cliniques rigoureux avant d’être commercialisés, ce qui signifie qu’aucune donnée solide ne permet, à ce jour, d’établir leur efficacité.
De plus, les compléments alimentaires destinés à « rééquilibrer » le microbiote intestinal n’ont pas les mêmes effets chez tous les individus, et peuvent même produire l’effet inverse de celui recherché. Ainsi, une étude de l’Inserm suggère qu’une souche prescrite depuis longtemps contre les troubles digestifs, la bactérie E. coli « Nissle 1917 », produit une molécule pouvant endommager l’ADN chez certaines personnes.
Comment prendre soin de son microbiote ?
Enfin, il n’est pas nécessaire de recourir à des tests coûteux et douteux pour entretenir votre flore intestinale :
- privilégiez une alimentation variée, riche en fibres (fruits, légumes, céréales complètes) ;
- limitez la consommation d’aliments ultra-transformés ;
- pratiquez régulièrement une activité physique ;
- utilisez les antibiotiques uniquement lorsqu’ils sont nécessaires et prescrits par votre médecin.


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