Quelques minutes de sprint suffisent à provoquer une réponse moléculaire très importante dans l’organisme. Selon cette étude de l’université Rockefeller, l’exercice intense modifierait bien plus de protéines que l’effort modéré.

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Concrètement, le sprint a déclenché des modifications touchant plus de 200 métabolites. Photo Adobe Stock

Concrètement, le sprint a déclenché des modifications touchant plus de 200 métabolites. Photo Adobe Stock

Des chercheurs de l’université Rockfeller (New York) ont comparé différentes intensités d’exercices. Objectif : observer la manière dont chaque intensité influence les réactions de l’organisme notamment concernant les protéines. On le sait le sport modifie l’activité de nombreuses protéines qui jouent un rôle important dans le fonctionnement et l’adaptation des cellules. Les scientifiques ont donc analysé les changements moléculaires observés dans le sang après les différents exercices.

Selon les résultats, publiés le 13 août dans la revue Cell Reports Medicine, six séries de sprints de 30 secondes à intensité maximale, soit 3 minutes au total d’exercice intensif, modifiaient près d'un quart des protéines mesurées immédiatement après l'effort. En comparaison, une séance de 90 minutes de cyclisme modéré et continu en modifiait, elle, moins de 0,25 %. Quant à la course modérée sur tapis, bien qu'elle ait modifié davantage de protéines que le cyclisme, ce nombre restait bien inférieur à celui observé après un sprint.

Des protéines associées à la réduction des maladies cardiovasculaires

Concrètement, le sprint a déclenché des modifications touchant plus de 200 métabolites. Il a également provoqué une augmentation immédiate de protéines impliquées dans la croissance des vaisseaux sanguins, le remodelage tissulaire et la signalisation hormonale. Les chercheurs ont aussi constaté que certaines de ces protéines étaient plus rapidement libérées dans le sang. Ils ont également constaté que les cellules adipeuses réagissaient différemment dans la manière de brûler l’énergie, de réagir aux hormones et de détecter les nutriments disponibles.

La réponse était plus limitée pour l’exercice modéré. Ce n'est que trois heures après la fin de l'effort qu'une augmentation significative des acides gras et des protéines d'origine hépatique, caractéristiques de la réponse aux exigences d'un exercice d'endurance, a été observée dans le sang. Les cellules adipeuses, après une séance de cyclisme modéré, n'ont présenté que des modifications mineures de leur activité génique.

Un viellissement biologique ralenti

Autre découverte des chercheurs, s’appuyant sur les données des plus de 53 000 personnes issues de la UK Biobank, ces protéines sensibles à l’effort étaient associées à un risque réduit de maladies cardiovasculaires et métaboliques. « Ce lien était particulièrement marqué pour l'obésité, le diabète de type 2 et d'autres troubles métaboliques : sur les 33 protéines associées à une réduction du risque, 32 étaient modifiées par le sprint, contre seulement trois par l'exercice modéré. Plus d'un quart de ces protéines étaient également associées à un vieillissement biologique ralenti », expose l’université Rockfeller.

« Ce qui est passionnant, c'est que quelques minutes d'exercice intense suffisent à déclencher une réponse moléculaire significative, a déclaré le Dr Paul Cohen, auteur principal de l'étude. Nous observons habituellement ce phénomène après huit semaines d’entraînement, ce qui indique que cette réponse ne résulte pas simplement d’une difficulté de l’organisme à s’adapter à un stress inhabituel. Il est possible que les réactions constatées soient intrinsèquement liées à l’exercice intense. »

Sources : Université Rockfeller

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