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Des chercheurs israéliens ont découvert que le principe actif du Viagra, le sildénafil, pourrait limiter la formation de métastases en perturbant l’utilisation du cholestérol par les cellules cancéreuses. Explications.
En partenariat avec Destination Santé - Aujourd'hui à 17:05 - Temps de lecture :
Des scientifiques de l’Institut Weizmann des Sciences (Israël), ont montré que le sildénafil, le principe actif du Viagra, était également capable de limiter les métastases cancéreuses.
Selon quel mécanisme ?
Les chercheurs ont découvert que le sildénafil perturbait l’utilisation du cholestérol par les cellules cancéreuses. La molécule agit en bloquant une enzyme appelée phosphodiestérase de type 5 (PDE5), ce qui augmente le niveau d’une molécule de signalisation appelée GMP cyclique (cGMP). Cette dernière, connue pour son rôle dans la dilatation des vaisseaux sanguins et l’effet recherché dans le traitement des troubles de l’érection, aurait aussi une autre fonction.
L’équipe du Pr. Ayelet Erez a découvert que le cGMP se lie également à une protéine responsable du transport du cholestérol à l’intérieur des cellules. "Résultat : une quantité moindre de cholestérol est disponible pour répondre aux besoins de la cellule. Or, les cellules cancéreuses semblent particulièrement vulnérables à cette diminution de l’approvisionnement en cholestérol", note l’institut Weizmann dans un communiqué.
Les cellules cancéreuses cherchent à se détacher de la tumeur primitive à migrer dans l’organisme pour envahir d’autres tissus. Mais, une fois leur accès au cholestérol limité, ces cellules ont bien plus de difficultés à développer des métastases.
Le rôle des statines
Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs se sont appuyés sur des modèles murins de cancer, des cultures de cellules cancéreuses prélevées chez des patients humains et l’analyse statistique de la base de données Clalit.
L’étude de cette immense base de données en Israël qui regroupe les suivis médicaux, sur 20 ans, d’environ 5 millions de personnes, a montré une amélioration significative de la survie chez les patients atteints de cancer ayant pris du sildénafil, et en particulier lorsqu’il était associé à des statines.
Couplé à des statines, ces médicaments qui réduisent la production de cholestérol par l’organisme, l’effet sur la limitation des métastases est encore plus important. Cette combinaison permettrait non seulement de limiter la disponibilité du cholestérol pour les cellules cancéreuses, mais également de réduire leur capacité à en produire.
Les tests en laboratoire se sont principalement concentrés sur des cancers tels que le cancer du sein triple négatif, le mélanome et le cancer du poumon. Les données issues de la pratique clinique "ont confirmé les résultats que nous avions obtenus chez des souris mâles pour les cancers du poumon, du côlon et de la prostate", a déclaré la Pre Ayelet Erez au Times of Israel.
Des essais cliniques ?
"Nous avons découvert une nouvelle voie biologique qui établit un lien entre une molécule de signalisation bien connue et la régulation du cholestérol à l’intérieur des cellules, et montré comment cette voie pourrait être exploitée pour empêcher les cellules cancéreuses de former des métastases, explique Ayelet Erez, qui exerce également comme médecin. Au-delà de leur potentiel thérapeutique, nos résultats montrent que la biologie du cancer est façonnée non seulement par les mutations présentes dans les cellules tumorales, mais aussi par l’état métabolique du patient et par les médicaments qu’il prend déjà pour d’autres maladies. Notre étude souligne l’importance de prendre en charge le patient dans sa globalité — et pas seulement son cancer — afin de déterminer le traitement le plus efficace."
Ces résultats encourageants nécessiteront encore d’être confirmés lors d’essais cliniques. L’étape suivante, souligne la chercheuse, consistera à "faire évoluer la médecine" en administrant aux femmes un médicament traditionnellement associé à la santé masculine.
Actuellement, selon l’Institut Weizmann, on estime que 90 millions d’hommes dans le monde ont pris du Viagra depuis son autorisation à usage médical en 1998. Plus de 200 millions de personnes prennent actuellement des statines.


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