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Pendant la grossesse, certaines femmes développent des envies très marquées pour des aliments qu’elles n’aimaient pas auparavant, ou, au contraire, des aversions soudaines pour des goûts habituellement appréciés. Ce phénomène, fréquent, reste encore imparfaitement expliqué, mais plusieurs mécanismes sont bien identifiés.
En partenariat avec Destination Santé - Aujourd'hui à 17:15 - Temps de lecture :
Une soudaine envie de fraises au milieu de la nuit ? Ce cliché associé aux femmes enceinte se base sur une réalité fréquente. Pour expliquer ces envies alimentaires inattendues, le premier facteur est hormonal.
La grossesse s’accompagne de variations importantes d’hormones, notamment les œstrogènes et la progestérone, qui influencent directement les perceptions sensorielles. Ces hormones modifient l’odorat et le goût, parfois de façon très marquée. Un aliment auparavant neutre peut devenir soudainement très attirant, ou au contraire répulsif.
Ces modifications sensorielles s’expliquent aussi en partie par le rôle adaptatif de l’organisme. Certaines hypothèses en biologie évolutive suggèrent que ces changements pourraient protéger la mère et le fœtus. Par exemple, les aversions fréquentes pour certains aliments, comme la viande ou le café en début de grossesse, pourraient limiter l’exposition à des substances potentiellement nocives, tandis que certaines envies orienteraient vers des aliments utiles sur le plan nutritionnel.
Dimensions métabolique et psychologique
Il existe aussi une dimension métabolique. Les besoins nutritionnels évoluent pendant la grossesse, notamment en certains minéraux ou en énergie. Même si les envies ne correspondent pas toujours à un besoin réel précis, elles peuvent parfois refléter des ajustements du corps. C’est notamment évoqué pour certaines attirances pour des aliments salés ou riches en énergie.
La dimension psychologique joue également un rôle. La grossesse est une période de changements intenses, et les envies alimentaires peuvent être influencées par les émotions, le contexte culturel ou les représentations associées à certains aliments. En psychologie, on parle d’interactions entre facteurs biologiques et cognitifs.
Le cas du pica
Il faut enfin distinguer ces envies « classiques » d’un phénomène plus rare appelé pica, qui correspond à l’envie de consommer des substances non alimentaires (terre, craie, glace...). Ce comportement peut être associé à des carences, notamment en fer, et nécessite un avis médical.
Alors, faut-il suivre ces envies ? Dans la majorité des cas, oui, à condition qu’elles s’inscrivent dans une alimentation équilibrée. Elles ne sont ni dangereuses ni anormales, mais ne doivent pas non plus conduire à des excès systématiques ou à des choix déséquilibrés. L’important reste la diversité alimentaire.
Sources : CNGOF – OMS – Inserm - Quarterly Review of Biology


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