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Les adeptes des plats épicés se porteraient-ils mieux ? Différentes études ont déjà mis en avant le rôle de la capsaïcine, la molécule responsable de la sensation de brûlure des piments.
Dans différentes études menées en laboratoire, la capsaïcine est associée à une amélioration possible de certains marqueurs cardiovasculaires, comme la pression artérielle, le profil lipidique ou la fonction des vaisseaux sanguins.
Côté digestion, plusieurs travaux suggèrent que la capsaïcine peut influencer la composition du microbiote et favoriser certaines bactéries produisant des acides gras à chaîne courte, impliqués dans l’équilibre intestinal et la régulation de l’inflammation.
Enfin, la capsaïcine possède des propriétés anti-inflammatoires et antalgiques reconnues surtout lorsqu’elle est appliquée localement. Les crèmes ou gels à base de capsaïcine peuvent notamment soulager, à court terme, certaines douleurs musculaires et articulaires, dont celles liées à l’arthrose
Mais en pratique, les piments permettent-ils de vivre mieux et plus longtemps ?
Deux études... à nuancer
Il faut remonter à une dizaine d’années pour dénicher un des plus grands travaux conduits sur le sujet. Entre 2004 et 2008, près de 487 000 adultes âgés de 30 à 79 ans ont été recrutés dans dix régions de Chine, dans le cadre de la China Kadoorie Biobank.
Durant un suivi de sept ans, les participants avaient répondu à un questionnaire portant sur leur état de santé général et leurs habitudes alimentaires. A la fin de l’étude, 20 224 décès ont été constatés.
Résultat : par rapport aux participants qui mangeaient des plats épicés moins d’une fois par semaine, ceux qui en consommaient 1 à 2 jours par semaine présentaient un risque de décès réduit de 10 %. Et de 14 % pour ceux qui en mangeaient 3 à 5 jours, voire 6 à 7 jours par semaine.
Cancer, cœur...
Parmi les consommateurs de piments, ceux qui privilégiaient les piments frais avaient un risque plus faible de mourir de cancer, de maladie cardiovasculaire et de diabète. Mais à l’époque, les auteurs soulignaient la nuance à apporter. « Il s’agit d’une étude observationnelle à partir de laquelle il est scientifiquement difficile de tirer des conclusions définitives », estimant nécessaire de poursuivre les recherches dans ce domaine.
« Poursuivre les recherches », c’est exactement ce qu’a fait une étude internationale 5 ans plus tard. En novembre 2020, lors des Scientific Sessions de l’American Heart Association, des chercheurs ont présenté les résultats d’une méta-analyse sur la consommation de piment et la mortalité.
Après avoir passé au crible 4 729 études issues de cinq grandes bases de données scientifiques, les chercheurs ont retenu quatre grandes études incluant des données sur la consommation de piment et les issues de santé.
Au total, les dossiers de plus de 570 000 personnes aux États-Unis, en Italie, en Chine et en Iran ont été analysés, en comparant celles qui consommaient du piment à celles qui en mangeaient rarement ou jamais.
Là encore les chiffres sont parlants :
- une réduction de 25 % de la mortalité toutes causes confondues ;
- une réduction de 26 % de la mortalité cardiovasculaire ;
- une réduction de 23 % de la mortalité par cancer.
Association, pas causalité
Les deux enquêtes convergent : dans de grandes populations, manger régulièrement épicé est associé à une mortalité plus faible.
Mais le message clé des chercheurs reste le même : association ne veut pas dire causalité. Ces bénéfices restent à interpréter avec prudence, car une partie des données disponibles provient d’études observationnelles ou expérimentales. On ne sait pas encore si c’est le piment lui-même, ou d’autres habitudes alimentaires et de mode de vie corrélées à sa consommation, qui expliquent ces liens. Et actuellement, aucune autorité de santé ne recommande d’augmenter sa consommation d’épices dans un objectif de longévité.


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