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Au lendemain de sa menace de quitter le Réseau de transport de la Capitale (RTC), le maire de Saint-Augustin-de-Desmaures, Sylvain Juneau, rassure ses citoyens. Il n'a « aucunement l'intention de faire payer davantage les Augustinois ».
Dans un communiqué de presse envoyé vendredi matin, l'élu municipal tente ainsi de démentir les estimations du RTC. L’organisation évalue qu’en se retirant de son réseau, le maire ferait payer plus cher aux citoyens de sa ville, qui devraient acheter des laissez-passer pour deux réseaux distincts.
Les passagers devraient aussi effectuer des correspondances plus nombreuses, prévoit l’organisme.
Le RTC a fait cette déclaration au lendemain de l’adoption par le conseil municipal de Saint-Augustin-de-Desmaures d’une résolution pour demander aux candidats provinciaux de se positionner en faveur d’un divorce avec le réseau de transport.

Le maire de Saint-Augustin-de-Desmaures, Sylvain Juneau, est insatisfait de la desserte du RTC dans son secteur.
Photo : Radio-Canada
Un service indépendant et gratuit?
Le maire Juneau rappelle que sa municipalité paie actuellement 9 millions $ pour être desservie par le RTC. D’après lui, un service de bus conçu spécifiquement pour une ville de 21 000 habitants pourrait réalistement coûter moins cher.
Il déclare aussi que sa municipalité étudie même l’option de rendre ce futur service gratuit.
Si un nouveau modèle permet d’offrir un meilleur service pour moins que les 9 millions $ versés annuellement au RTC, la gratuité pourrait devenir une utilisation parfaitement rationnelle d’une partie de cette marge de manœuvre, écrit-il, précisant que le scénario doit toutefois être analysé plus sérieusement.

Saint-Augustin-de-Desmaures compte près de 20 000 habitants. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Éric Careau
Or, joint par courriel, le RTC émet une précision. Le réseau reçoit « un montant global pour l'exploitation du transport en commun qui provient de l'agglomération de Québec et non spécifiquement de la Ville de St-Augustin-de-Desmaures ». Ce montant sert à l’opération du réseau en entier.
Saint-Augustin-de-Desmaures n’est pas la première municipalité à vouloir se retirer de la desserte du RTC. En 2019, la municipalité de Boischatel, à l’est de Québec, l’a fait. La desserte du secteur est toujours assurée par PLUmobile à ce jour.
Cependant, Boischatel ne fait pas partie de l'agglomération de Québec. Ainsi, « le RTC n'avait pas une obligation légale d'offrir les services à Boischatel et agissait plutôt en fournisseur de services via un contrat », précise le RTC.
Un retrait « impossible »?
D’après le professeur Jean-Philippe Meloche, il semble peu réaliste que Saint-Augustin-de-Desmaures parvienne à se retirer complètement du RTC, étant donné son appartenance à la communauté métropolitaine de Québec.

Jean-Philippe Meloche est professeur à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’Université de Montréal. (Photo d'archives)
Photo : Sarah Leavitt/CBC
La structure métropolitaine de Québec, elle est définie et tous ceux qui en font partie doivent cotiser, collaborer aux structures qui sont en place, rappelle celui qui enseigne à l'École d'urbanisme et d'architecture de paysage de l'Université de Montréal.
Ça n'empêche pas la municipalité de peut-être vouloir bonifier des choses sur son territoire, mais s'en exclure, ça m'apparaît être impossible
D'après lui, Saint-Augustin-de-Desmaures peut plutôt choisir de bonifier le transport en commun sur son territoire, en conservant les liaisons vers Québec assurée par le RTC.
« La contrainte, elle est surtout politique, c'est-à-dire que c'est difficile de s'affranchir d'une structure métropolitaine de laquelle on fait partie. Les structures métropolitaines découlent plutôt du gouvernement du Québec », dit-il.
Avec la collaboration de Charlotte Marschall


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