Deux énormes ventilateurs vrombissent au-dessus d’Ananas, Etoile, Paprika, Dragibus. Il est 10h, il fait déjà chaud. Cet après-midi de mi-août, le mercure est censé flirter avec les 32 degrés à Pampigny, dans la campagne vaudoise. Les vaches de David Fuchs grignotent du maïs fraîchement récolté dans le champ d’à côté. Une scène estivale qui semble banale. Sauf qu’en temps normal aucune Brown Swiss ni Red Holstein ne devrait se trouver là. En ce 12 août, ces vaches devraient gambader à 35 kilomètres d’ici, sur l’alpage du Praz-Rodet, au Brassus, à un peu plus de 1000 mètres d’altitude.
David Fuchs fait partie de ces éleveurs qui ont été obligés par la sécheresse et la chaleur à faire une désalpe précoce. Ses bêtes n’auront passé cette année que 70 jours sur les pentes du Jura. Montées le 11 mai, elles sont redescendues le 20 juillet, alors qu’en temps normal elles ne regagnent la plaine que début septembre. «C’est arrivé que je les descende plus tôt, mais cette année c’est un record», raconte-t-il. En montagne, le manque d’eau a transformé le vert des pâturages en un sec jaune-brun, avec les conséquences qui en découlent: des milliers de litres d’eau et de kilos de fourrage à acheminer en camion. Pour l’éleveur de Pampigny, c’était trop. Financièrement. Logistiquement.


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