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Rattrapé par son ADN, 30 ans après une série d’agressions sur des mineurs

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Trente ans après une série d'agressions brutales sur trois enfants survenue dans des parcs du sud de l'Ontario entre 1992 et 1995, l'enquête criminelle vient de franchir un cap décisif. Confondu par son empreinte génétique, Richard Neil fait désormais face à la justice.

Avertissement : cet article pourrait choquer la sensibilité de certains lecteurs.

À l'ouverture de son procès lundi à la Cour supérieure de l'Ontario à Brampton, les procureurs ont expliqué au jury la façon dont les preuves ADN avaient fini par relier chaque agression à l'individu, qui est aujourd'hui âgé de 67 ans.

Dans sa déclaration d'ouverture, la procureure Shazin Karim a décrit en détail les agressions pour lesquelles le sexagénaire est aujourd'hui inculpé, ainsi que la manière dont les agressions avaient été signalées à la police à l'époque.

Les présumées victimes de Richard Neil étaient deux garçons de 8 et 10 ans et une adolescente de 15 ans. Leur identité est protégée par une ordonnance de non-publication.

 Monica MacKenzie, Shazin Karim, Rosemarie Juginovic et Leo Adler au tribunal de Brampton le 5 octobre 2026.

La procureure de la Couronne, Shazin Karim, prononce l'exposé liminaire devant la juge de la Cour supérieure de l'Ontario, Rosemarie Juginovic, ce lundi, au tribunal de Brampton.

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

C'étaient des enfants, a rappelé Me Karim, précisant à l'attention du jury que certains éléments de preuve pourraient être difficiles à entendre.

Richard Neil a plaidé non coupable des 17 accusations qui pèsent sur lui, notamment pour enlèvement, agression sexuelle ayant causé des lésions corporelles et administration d'une substance.

Me Karim a expliqué au jury que les enquêteurs avaient réussi au cours des dernières années à identifier Richard Neil comme suspect grâce à une analyse de généalogie génétique effectuée aux États-Unis.

Cette technique d'enquête — qui consiste à comparer l'ADN retrouvé sur les lieux du crime à des données génétiques volontairement soumises à des services de généalogie du public — n'existait pas dans les années 1990.

Me Karim a indiqué que la police avait par la suite découvert d'autres éléments de preuve qui permettaient d'identifier formellement Richard Neil comme étant l'agresseur.

Leo Adler et Richard Neil.

Richard Neil écoute la Couronne au côté de son avocat, Leo Adler, ce lundi, au tribunal de Brampton.

Photo : Radio-Canada / Pam Davies

Selon la Couronne, les empreintes digitales de l'individu concordent avec celles relevées par la police sur un sac et une bouteille qu'il portait sur lui au moment des faits.

L'exposé de la Couronne indique que l'ADN de Richard Neil correspondait également à des échantillons prélevés sur chacune des trois scènes de crime, soit le parc Norton Place à Brampton, le parc Idlewood à Kitchener et le parc Wildwood à Oakville.

Assis à la table de son avocat, Leo Adler, l'accusé portait un veston sombre et une chemise blanche.

Toujours selon l'acte d'accusation, Richard Neil est également accusé d'avoir réalisé un enregistrement vidéo constituant de la pornographie juvénile le jour même de l'agression de la jeune fille à Oakville.

L'affiche du parc Norton Place à Brampton.

L'une des trois agressions a eu lieu en septembre 1994 sur un garçon de 10 ans au parc Norton Place de Brampton. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Patrick Morrell

À en croire Me Karim, le curriculum vitae de Richard Neil montre qu'il travaillait pour Postes Canada à Waterloo au moment de la première agression alléguée en 1992 dans la ville voisine de Kitchener.

La procureure a par ailleurs précisé que la police a découvert au domicile de l'accusé, après son arrestation en 2024, des photos et des vidéos témoignant d'un intérêt pour la consommation d'urine.

La police y a aussi saisi les appareils électroniques de l'individu.

Me Karim a enfin souligné que la défense ne contestait pas le récit des faits des trois présumées victimes, mais qu'elle allait plutôt contredire l'allégation selon laquelle Richard Neil était bien leur agresseur.

Avec des informations de Thomas Daigle, CBC News

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