Banaba, aussi appelée Ocean Island, mesure 6,29 km², soit environ 880 terrains de football. De 1900 à 1979, on y a extrait du phosphate pour fabriquer de l’engrais, et 90 % de sa surface a été décapée. Cette île, aujourd’hui rattachée à Kiribati, a servi à nourrir les cultures d’autres pays.
Le sol est parti par bateau, et les habitants ont suivi.
À retenir
- 90 % du sol de Banaba a été extrait entre 1900 et 1979 pour fabriquer de l’engrais destiné à l’Australie et la Nouvelle-Zélande.
- Le 20 août 1945, les soldats japonais ont tué environ 200 Banabans restés sur l’île, après l’annonce de la reddition du Japon.
- 703 Banabans ont été transportés aux Fidji le 15 décembre 1945 par un navire de la commission qui exploitait leur île.
Sommaire
Un phosphate repéré en 1899, une île exploitée pendant 79 ans
En 1899, la Pacific Islands Company identifie sur Banaba un phosphate de guano de haute qualité. L’exploitation démarre en 1900 sous la Pacific Phosphate Company. Après 1919, la British Phosphate Commission (BPC) prend le relais, un organisme piloté par trois États : le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.
Le produit fini, de l’engrais, finit dans les champs australiens et néo-zélandais. Des travaux universitaires publiés dans le Journal of Human Rights and the Environment décrivent une perte de 90 % du sol de l’île, et un pays dont les fermiers profitaient directement de cette terre importée.
79 ans d’extraction, sans interruption notable.
1942-1945 : l’occupation japonaise et le massacre du 20 août
Le 26 août 1942, l’armée japonaise s’installe sur Banaba, et l’occupation dure jusqu’en 1945. Selon l’Encyclopædia Britannica, les Japonais ont déporté une partie des habitants, Banabans comme Gilbertins, vers d’autres îles du Pacifique. Les autres sont restés sur place, sous contrôle militaire.
Le 20 août 1945, les soldats japonais tuent tous les Banabans encore présents sur l’île, à l’exception d’un seul. Cela représente environ 200 personnes, même si les décomptes varient d’une source à l’autre (la Britannica avance un chiffre plus bas pour les victimes). Les faits se produisent après l’annonce de la reddition du Japon, ce qui rend le drame plus absurde encore. Sur ce point, les historiens s’accordent : la tuerie est postérieure à l’acceptation des conditions de capitulation.
Un seul homme en réchappe.
Rabi, 15 décembre 1945 : le départ pour les Fidji
Le 15 décembre 1945, 703 Banabans débarquent sur l’île de Rabi, aux Fidji. Parmi eux, 318 enfants, soit 45 % du groupe. Ils ont voyagé à bord du Triona, un navire de la BPC, la même commission qui exploitait leur île depuis 1919.
Le terme à employer fait débat. Certaines sources parlent de réinstallation décidée par l’administration britannique, d’autres de déplacement forcé, et les universitaires comme les associations banabanes n’emploient pas les mêmes mots. Ce qui est établi, c’est que le départ s’est fait sur un bateau appartenant à l’organisme qui continuait d’extraire le phosphate.
Un procès en 1977, un héritage éparpillé
Les Banabans ont porté leur cause devant la justice britannique. Selon la Britannica, ils ont attaqué le gouvernement du Royaume-Uni dès 1971 pour obtenir une meilleure part des redevances et une indemnisation de la dévastation de l’île. Le procès Tito v Waddell (No 2), en 1977, porte sur ces redevances et sur la remise en état des terres exploitées.
L’extraction s’arrête en 1979. En 2020, Banaba comptait 330 habitants, quand environ 6 000 personnes dans le monde se réclament d’une ascendance banabane. À peine plus de 5 % de cette population vit donc sur l’île d’origine.
Sources : elgaronline.com | britannica.com


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