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Qui était cette prophétesse folle de la Manche qui a contribué à la chute de Robespierre pendant la Révolution ?

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Née à Barenton, cette prophétesse a participé, malgré elle, à la chute de Robespierre durant la Révolution. Catherine Théot, une histoire qui se fond dans la grande.

Sur le même thèmeHistoireRévolution FrançaiseSud Manche

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Lithographie de Catherine Théot

Une des rares lithographies de Catherine Théot. ©Vue d’artiste d’Alexandre Lacauchie

Par Jade Lelieur Publié le 22 août 2026 à 20h02

Cette prophétesse jugée folle du sud de la Manche a participé, malgré elle, à la chute de Robespierre pendant la Révolution Française.
Mais qui était Catherine Théot et quelle est son histoire ?

Emprisonnée à la Bastille

Née le 5 mars 1716 à Barenton, elle grandit dans une enfance ordinaire. Elle finit par monter à Paris en tant que domestique dans un couvent. Elle mène une vie religieuse très stricte avec de longues périodes de jeûne. Mais progressivement, elle commence à se faire appeler « la nouvelle Ève » ou « la Vierge », dans les années 1770.
Un titre qui prendra tellement de place qu’il obligera l’archevêque de Paris à intervenir. Catherine Théot est ainsi emprisonnée à la Bastille en 1779. Considérée comme folle, elle est ensuite enfermée à l’hôpital de la Salpêtrière. Elle finit par en sortir en 1782, considérée comme guérie.

Malgré ces années, sa foi n’a pas changé. Elle se fait prophétesse et, pour de petites sommes, dit des prophéties. Dans la société révolutionnaire, les idéologies mystiques ont pris de plus en plus de place, notamment avec une idée de fin du monde.
Son commerce va se faire de plus en plus connaître, attirant de nombreux curieux. Elle finit par se faire appeler « la Mère de Dieu » et annonce l’arrivée d’un messie qui viendra sauver les pauvres.

Parmi ceux qui se présentent pour entendre ces prophéties, deux sont des proches de Robespierre, ou du moins ils ont eu l’occasion de le côtoyer. Un détail qui prendra son importance par la suite.

Une affaire montée de toutes pièces

À cette époque, la France vit sous la Terreur, après la chute de la monarchie. Les instances dirigeantes sont le Comité de salut public avec à sa tête Robespierre et le Comité de sûreté générale tenu par un certain Vadier. Ce dernier est un ennemi de celui qui a mis en place le culte de l’Être suprême. Il décide donc de se servir de Catherine Théot pour nuire à Robespierre.

Le 15 juin 1794, il présente à l’assemblée de la Convention nationale un rapport. Dans celui-ci, Vadier expose un projet de conspiration. Elle serait dirigée par un aspirant dictateur sur les bases des théories du nouveau messie de Catherine Théot. S’il ne nomme pas directement Robespierre, il réussit à convaincre l’assemblée de voter un décret déférant Catherine Théot au tribunal révolutionnaire. Le document concerne également dom Gerle, un ancien député, proche de Robespierre et qui fréquente la maison de la prophétesse.

L’affaire va prendre une autre tournure le 26 juin, ou le 8 messidor selon le calendrier révolutionnaire. Robespierre finit par comprendre que l’affaire a été montée contre lui. Il fait convoquer le président du tribunal révolutionnaire et l’accusateur public pour les forcer à lui remettre le dossier. À la suite de quoi, des discussions sont engagées au Comité de salut public et déboucheront sur une décision opposée à celle de la Convention nationale. Catherine Théot ne sera finalement pas traduite en justice.
Pour ses opposants, il s’agit là d’une nouvelle preuve que Robespierre devient de plus en plus un dictateur. Après des tensions au comité, il n’y apparaîtra plus pendant plus d’un mois, renforçant encore ses adversaires.

Elle échappe de peu à la guillotine

C’est le 27 juillet que tout va basculer. Lors de la séance au Comité de salut public, Vadier va dévoiler tous les éléments de l’enquête établissant les liens entre Catherine Théot et Robespierre. Parmi les preuves, une lettre qui aurait été retrouvée dans la paillasse de la prophétesse.
Dans celle-ci, Robespierre est qualifié de « son premier prophète » et il est indiqué que sa mission était déjà écrite dans un texte de l’Ancien Testament. La fin de cette séance est sans appel : un décret d’arrestation est voté contre Robespierre et quelques-uns de ses partisans.

À la suite de cette décision et d’une tentative d’insurrection, Robespierre et plusieurs autres sont arrêtés et emmenés à l’échafaud sans procès. Maximilien de Robespierre est finalement guillotiné le 28 juillet 1794. Catherine Théot sera aussi arrêtée et jugée. Acquittée, elle est toutefois maintenue en détention. Elle finira par mourir en prison le 1er septembre 1794.

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