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Une macabre découverte a été réalisée dans la rue Jean-François Debecker, à proximité immédiate du stade Fallon, à Woluwe-Saint-Lambert, en début de semaine dernière. Des ossements humains, correspondant à au moins deux corps, ont été découverts dans la cave d'une habitation.
Selon La Dernière Heure, un riverain d'un certain âge voulait mettre de l'ordre dans sa cave. "L'individu voulait évacuer un tas de charbon lorsqu'il a découvert, en dessous, des restes de cadavres", indique une source à nos confrères.
Les ossements, dans un état de décomposition avancée, étaient là depuis visiblement très longtemps. Des experts ont été désignés pour faire la clarté sur l'affaire. La section spécialisée de la police judiciaire fédérale est descendue sur les lieux.
"La putréfaction est notre pire ennemi"
Le principal défi pour les enquêteurs est de déterminer l'identité des victimes. "Plus le temps écoulé depuis le décès est long, plus l'identification se complique. Le temps et la putréfaction sont nos pires ennemis", indique le médecin légiste Philippe Boxho.
Différents éléments permettent toutefois d'identifier les corps, comme les traces d'ADN présentes à l'intérieur des os si elles existent toujours, et la dentition. "Grâce aux dents, on peut identifier le cadavre à condition qu'il soit porté disparu et qu'il ait eu des soins dentaires. Alors, on prend sa fiche, on va chez le dentiste et on fait des recherches sur base de ce fichier."
Les 168 heures de garde du légisteC'est précisément là que le bât blesse le plus souvent, selon le légiste. "C'est toujours le problème quand on découvre des corps : s'ils ne sont pas réputés disparus, on n'a aucun élément qui nous permet de les raccrocher à une identité. J'ai eu un cadavre sorti de la Meuse, et il n'a jamais été identifié, car jamais personne n'a déclaré sa disparition."
Reconstitution des visages
Le deuxième défi concerne les circonstances du décès. "Il faut voir s'il y a des dégâts, et à quoi ils se rapportent. Si les personnes ont été tuées par balles, par exemple, alors on retrouve un projectile planté dans le crâne, dans la colonne, dans l'os iliaque. Mais il faut qu'il y ait des lésions sur les os pour déterminer ce qui a pu se passer. S'il n'y a pas de lésion, on ne saura rien."
Reste qu'il est également possible, grâce aux technologies de pointe, de reconstituer un visage grâce à des scanners. "On prend un crâne, on le met dans un scanner, qui reconstitue une peau, et grâce à ça, on redonne une apparence de vie au crâne. À Lyon, de telles reconstitutions ont permis d'identifier des victimes. À Liège, le visage d'un Allemand a aussi pu être reconstitué", conclut-il.
L'enquête doit permettre de déterminer à qui appartiennent ces ossements et depuis combien de temps ils étaient dans la cave.
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