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Quel est l’avenir du Collège francophone Glendon à Toronto? Une réunion très attendue

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L’incertitude règne au sein du corps professoral du Collège Glendon quant à l'avenir de la faculté bilingue de l’Université York à Toronto. Ces préoccupations font surface à l’approche d’une rencontre, mercredi, avec la direction de l'établissement.

Le moral semble être très bas [à Glendon], constate Ellie Perkins, la présidente de l’Association des professeurs de l'Université York (YUFA). Elle connaît certains professeurs de Glendon et dit que le syndicat reçoit beaucoup de courriels.

Les inquiétudes du personnel découlent entre autres de la publication d’un rapport stratégique en septembre et d’une présentation faite par la rectrice par intérim de l’Université York, Lisa Philipps, lors d’une rencontre du Conseil de la faculté de Glendon, au mois de février.

L’Université York a refusé de rendre disponible Mme Philipps ou le principal du Collège Glendon, Marco Fiola, pour une entrevue avec Radio-Canada. Le mandat de cinq ans de M. Fiola a récemment été renouvelé, malgré des avis partagés à son égard au sein du corps professoral.

Un collège déficitaire depuis des années

Le rapport Faculties of the Future Final Report, l’étude de l’espace abordée durant la rencontre de février, ainsi que les stratégies entourant l’avenir de Glendon qui feront l’objet de la rencontre du 20 mai s’inscrivent tous dans une volonté d’améliorer la situation financière du collège universitaire.

L'établissement est déficitaire depuis plusieurs années. Comme le souligne le professeur Mike Palamarek, qui enseigne à Glendon, le collège a besoin de plus d'étudiants. Cette année, le nombre d’étudiants est inférieur de 9 % aux projections d’avril 2024.

Ces conditions ont motivé un exercice de restructuration en 2024 : l’établissement a alors fait passer de 14 à 4 le nombre de départements afin, notamment, de stimuler la création de programmes plus attrayants, et d'attirer plus d'étudiants.

La réorganisation a été effectuée et le sentiment parmi les collègues est que les nouveaux [départements] n’ont pas eu assez de temps pour se prouver.

Deux ans plus tard, l’Université York réfléchit de nouveau à des façons de remettre le collège en selle. Elle évoque, dans Faculties of the Future Final Report, la transformation de Glendon d’une faculté distincte, à un campus conceptualisé, comme celui de Markham.

Le professeur lors d'une entrevue en visioconférence.

Le professeur Mike Palamarek, qui enseigne au Collège Glendon, reconnaît que l'établissement doit attirer plus d'étudiants.

Photo : Radio-Canada

D'après le professeur Palamarek, la direction pourrait proposer cette option lors de la rencontre de mercredi. Pour ma part, je ne crois pas que ça soit la meilleure option, dit-il.

Est-ce que cela veut dire que nous pouvons [encore] nous exprimer en français lors des rencontres collégiales?

Construire des logements sur le campus?

Les propos de Lisa Philipps tenus l’après-midi du 5 février ont surpris certains professeurs. Quelques-uns d’entre eux apprenaient alors pour la première fois qu’une étude sur l’espace avait été entamée par la York University Development Corporation (YUDC), une société appartenant à l’Université qui est responsable de l’aménagement de l’espace, entre autres.

La rectrice intérimaire explique à l'époque que l’étude est axée sur le réaménagement d’immeubles physiques, avec des usages résidentiels, aux côtés de ceux académiques, à Glendon, d’après un procès-verbal de la rencontre. L’intention, a-t-elle ajouté, était de générer des ressources financières par l’entremise d’immeubles locatifs.

Le document ne précise pas qui seraient les bénéficiaires des logements, mais Mme Philipps, dans son mot d’ouverture, mentionne que le ministère des Collèges et Universités accueillera favorablement la conclusion de la première étape de l’étude « compte tenu de la pénurie de logements à Toronto ».

Le procès-verbal et les données de l’établissement laissent entendre que ces logements ne seraient peut-être pas destinés aux étudiants. À l’automne 2025, près de la moitié des lits des résidences universitaires de Glendon étaient inoccupés.

Le ministère des Collèges et Universités affirme que les décisions relatives aux différentes universités sont prises par chaque établissement et que l’acte des propriétés des établissements peut dicter les limites de l’utilisation du terrain à des fins non universitaires.

Nous ne savons pas quels sont les paramètres [de l’étude], quels sont les termes de référence, qui l’a réalisée pour le compte de la YUDC, a dit la professeure Perkins.

Le rôle du principal de Glendon

La discussion sur l’aménagement de l’espace s’est poursuivie lors de la rencontre suivante du Conseil de faculté de Glendon, le 27 février.

Le principal, Marco Fiola — dont les fonctions s'apparentent à celle d’un doyen — a expliqué à ce moment-là qu’il n’était pas au courant de quelconque proposition entourant l’utilisation des terrains de Glendon pour la génération de revenus.

Le professeur Marco Fiola pose dans un bureau.

Le principal de Glendon, Marco Fiola. (Photo d'archives)

Photo : Jenna Marie Wakani

Les documents n'indiquent pas si M. Fiola savait que l’étude de l’espace avait été amorcée, mais en 2023, le plus haut gradé du Collège a fait partie d’une équipe de travail chargée de superviser la réalisation d’un audit de l’espace de Glendon. Celui-ci proposait à l’Université de se débarrasser de certains espaces ou d'en louer.

Les discussions à Glendon surviennent à la croisée des chemins pour le principal, dont le mandat arrivait à terme cette année, avant d’être renouvelé à compter du mois de juillet.

Lors de la rencontre du 27 février, M. Fiola avait affirmé qu’il demeurait incertain quant à son rôle futur et qu’il n’avait pas parlé à la rectrice par intérim depuis la séance précédente.

Un sondage interne de YUFA réalisé cet hiver, dont Radio-Canada a obtenu copie, révèle que son mandat suscite des réactions partagées, mais bien des membres sondés de YUFA à Glendon ont appuyé son renouvellement.

Une rue du campus, près d'un bâtiment et une enseigne.

L'Université York compte trois campus. Le plus important, Keele, est visible ici. Il est situé à l'extrémité nord de Toronto. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Dans le sondage du syndicat, M. Fiola est décrit comme un leader inefficace et sans vision par un répondant. Il est défini comme un bon gars qui n’a pas su s’attaquer aux sérieux problèmes auxquels Glendon est confronté, par un autre.

Une troisième personne ne réclamait pas explicitement son départ, mais attestait qu’il a été décevant durant son mandat. Son plus grand échec a été le recrutement et les inscriptions. Le campus principal a pris contrôle du recrutement à Glendon, ce qui a été désastreux pour le campus, résume cette personne.

Par courriel, le porte-parole adjoint de l’Université York, Yanni Dagonas, affirme que l’établissement apprécie grandement le leadership, l’expertise et l’engagement de M. Fiola envers l’éducation bilingue à York.

Une réunion entre le syndicat et une députée

Le 8 avril, quatre représentantes de YUFA ont aussi rencontré la députée libérale Stephanie Bowman, dont la circonscription inclut le campus de Glendon, pour discuter des défis auxquels fait face le collège et de l’Université York de manière générale.

Mme Bowman décrit le campus comme un environnement naturel magnifique important pour la communauté francophone et les résidents du secteur.

Elle affirme qu’il n’a pas été question de l’étude de l’espace lors de la réunion, mais que des rumeurs circulent en raison de ce que dit le gouvernement au sujet des terrains publics.

Quelle place pour le français?

La place du français à Glendon, comme en font foi certains commentaires rédigés dans le sondage sur le mandat de Marco Fiola, demeure une question qui soulève des préoccupations au collège universitaire.

Glendon est une faculté bilingue, dont les programmes, les services de soutien aux études et les services non liés aux études, sont désignés en vertu de la Loi sur les services en français de l'Ontario. Cela signifie que ces services sont soumis aux exigences de la loi.

Tout comme son collègue Mike Palamarek, la professeure Elaine Coburn s'inquiète de la perte du statut de faculté, qui menacerait, selon elle, le caractère bilingue du collège.

Le règlement 398/93 de la Loi sur les services en français, qui énumère les organismes désignés, décrit Glendon comme une faculté de l’université.

Caroline Mulroney en point de presse avec le maire d'Ottawa, Mark Sutcliffe.

La ministre des Affaires francophones de l'Ontario, Caroline Mulroney. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Olivier Plante

Le bureau de la ministre ontarienne des Affaires francophones, Caroline Mulroney, n’a pas précisé si l’élimination de la faculté permettrait toujours à Glendon de respecter ses exigences en vertu de la Loi sur les services en français.

Son bureau a plutôt rappelé que les organismes désignés doivent évaluer leurs services tous les trois ans et déclarer tout changement. Tout changement à la prestation de services en français doit être divulgué par l'organisation et accompagné des documents justificatifs pertinents, fait comprendre le gouvernement en ligne.

Or, York n’a toujours pas fait cet examen. La politique de désignation de la province n’a été publiée qu'en 2022, il y a quatre ans. Interrogé par rapport à ce retard, le gouvernement de Doug Ford affirme que l’examen lié à la désignation sera mené une fois les évaluations des programmes terminées à Glendon.

Le commissaire aux services en français de l'Ontario, Carl Bouchard, a décliné une demande d’entrevue sur la question, puisqu’il ne s’agit pas d’un dossier sur lequel il a été appelé à se pencher, explique Josée Laperrière, une agente des communications de l’Unité des services en français.

Que diraient les voisins?

La construction de logements à Glendon — si l’établissement choisit d’emprunter cette avenue — pourrait être complexe, de l’aveu même du principal du collège et de Graig Uens, un urbaniste du secteur privé autrefois au service de la Ville de Toronto.

Lors de la réunion du Conseil du 27 février, M. Fiola a énuméré des obstacles au redéveloppement du campus : Les demandes relatives à l’utilisation du sol, l’opposition possible du voisinage et l’intérêt limité des promoteurs.

M. Uens constate par exemple qu’un des immeubles sur le campus — le Glendon Hall — est énuméré au registre patrimonial de la Ville de Toronto. Ce statut se distingue de celui de la désignation historique, qui protège davantage une propriété historique, mais représente néanmoins une certaine protection.

Je pense que les gens dans les environs auraient des inquiétudes si on planifiait de redévelopper des sections du site de manière à miner son usage actuel.

L’urbaniste ajoute que le terrain est entouré par des zones environnementales sensibles, comme la forêt de Glendon.

De plus, l’accès au campus en transport en commun laisse à désirer. J’aurais beaucoup de questions quant à la viabilité du site d’un point de vue de développement, dit M. Uens.

La Ville de Toronto déclare par courriel que les règlements de zonage s’appliquant au terrain limitent la construction d’immeubles résidentiels à des maisons individuelles, et affirme n'avoir eu aucune discussion avec l’Université York au cours des six derniers mois à ce sujet.

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