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Quand les noms d’Alexandre Leduc, de Sol Zanetti et d’Andrés Fontecilla se sont successivement affichés sur l’écran géant du Club Soda, où avait lieu la soirée électorale de Québec solidaire (QS), les militants ont exulté. Les trois députés solidaires venaient d’être réélus, confirmant une impression dans l’air depuis le début de la soirée. La formation de gauche faisait mieux qu’éviter le naufrage que certains lui prédisaient. Elle réussissait son pari de maintenir la majorité de ses acquis à Montréal, à Québec et à Sherbrooke.
Au moment où ces lignes étaient écrites, QS était en effet en passe d’envoyer 9 députés à l’Assemblée nationale, soit pratiquement aussi bien qu’en 2022 (11 députés).
« Je suis tellement fière de nous, fière de la campagne qu’on a faite, on a résisté et on continue », a déclaré Ruba Ghazal lors de son discours sur la scène. « On est encore là, on a défié tous les pronostics », a-t-elle lancé à une foule galvanisée.
La porte-parole de Québec solidaire était gonflée à bloc par les bons résultats de la soirée pour la formation de gauche. Une gauche « bien vivante », comme elle l’a résumé.
Ruba Ghazal a été réélue dans Mercier, tout comme Alexandre Leduc (Hochelaga-Maisonneuve) et Andrés Fontecilla (Laurier-Dorion). À Québec, Québec solidaire gardait son empreinte au centre-ville grâce aux réélections de Sol Zanetti (Jean-Lesage) et d’Étienne Grandmont (Taschereau).
À Sherbrooke, Stéphanie Vachon a créé la surprise en l’emportant d’un souffle, reprenant le flambeau de la députée solidaire sortante, Christine Labrie.
De nouveaux députés solidaires feront leur entrée à l’Assemblée nationale. C’est le cas de Roxane Milot, élue dans Sainte-Marie–Saint-Jacques, d’Alexandre Boulerice (Gouin) et de Gisèle Pouhe Njall (Rosemont).
« Les gens sont attachés au filet social »
« On a montré que c’était payant de mener une campagne positive », a expliqué au Devoir Alexandre Boulerice, qui succède ainsi à Gabriel Nadeau-Dubois dans Gouin. Ce dernier croit qu’on a sous-estimé la force de mobilisation du parti, « comme d’habitude ».
« Il y a des journalistes qui disaient qu’on agonisait alors qu’on le voit, les gens sont attachés au filet social, au modèle québécois. Ils ne veulent pas laisser les gens tout seuls dans la rue. »
Alexandre Boulerice a eu également une pensée pour Ruba Ghazal. « Elle a été magistrale au débat, elle était chaque fois meilleure, et son message a résonné auprès de la population. Ceux qui ne la connaissaient pas ont appris à la connaître et l’ont appréciée », a laissé tomber l’ancien député fédéral avant de prendre un bain de foule.
Une autre figure de Québec solidaire était aussi aux anges. Plus tôt dans la soirée, Manon Massé avait partagé l’optimisme des militants, motivés par de premiers résultats prometteurs.
« Il s’est passé encore une fois la magie solidaire lors de ces élections », a-t-elle déclaré au moment de monter sur la scène du Club Soda.
« Il ne faut pas qu’on se voie tous les quatre ans. Un mouvement se crée à chaque jour, il faut continuer à créer le projet de Québec solidaire », a lancé Mme Massé avant de quitter la scène.
Confiance, le mot d’ordre
Une vague orange, Smaïl y croyait au début de la soirée. Accompagné de sa sœur, il était venu soutenir sa nièce, Edissya Boukrif, candidate solidaire dans Anjou–Louis-Riel.
« On veut du changement, a-t-il expliqué au Devoir. On pense que c’est le parti proche de la réalité des citoyens. »
À ses côtés, sa sœur opinait du chef, un voile sur les cheveux. Elle travaille dans le secteur de l’éducation et c’est pour cette raison qu’elle a refusé de donner son nom au Devoir. Elle dit craindre qu’on l’identifie.
« J’ai peur de la stigmatisation », a expliqué la femme originaire d’Algérie, mais qui se sent « québécoise et canadienne, et fière de l’être ». Elle a confié ses craintes de l’arrivée au pouvoir du Parti québécois.
« C’est une vraie inquiétude, c’est certain. Ça touche à mes droits, je trouve ça décevant. Au lieu de s’intéresser aux vraies questions, à la santé, à l’éducation, aux prix à l’épicerie, on recule. Pourtant, les gens qui le portent sont bien intégrés. »


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