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La mairesse Olivia Chow déplore que Toronto soit laissée dans l’ignorance concernant le projet d’agrandissement de l’aéroport Billy Bishop, alors même que l’Administration portuaire de Toronto partage déjà des détails avec les gouvernements provincial et fédéral.
Le cabinet de la mairesse a précisé à CBC News que son équipe avait rencontré des représentants de l’Administration au début du mois, avant un entretien entre Mme Chow et le PDG de l’organisme la semaine dernière. Lors de ces discussions, on aurait demandé à la mairesse et à son équipe de signer des accords de confidentialité, ce qu’elles ont catégoriquement refusé.
En mai dernier, lors d’un comité à Queen’s Park, le PDG de l’Administration portuaire de Toronto, R.J. Steenstra, a confirmé que l’Ontario et Ottawa avaient déjà eu accès aux premières ébauches de ce projet d’agrandissement, dont le coût est estimé entre 4 et 5 milliards de dollars. C’est le Toronto Star qui a révélé les coulisses de ces rencontres tendues entre la mairesse et l’Administration portuaire.
Je ne comprends pas ce que l’Administration portuaire de Toronto a à cacher , a soutenu la mairesse mardi devant les journalistes. Je sais qu’il existe un rapport de consultants. Qu’il soit rendu public.
Après sa rencontre avec l’Administration portuaire, la mairesse avait exprimé ses inquiétudes quant au financement de ce projet de plusieurs milliards de dollars, affirmant n’avoir vu aucune prévision de revenus justifiant ces dépenses.
Impact potentiel sur des milliers de logements
De son côté, l’Administration portuaire de Toronto affirme que l’agrandissement de l’aéroport Billy Bishop serait autofinancé, un fait face auquel des experts restent sceptiques.
L’Administration portuaire, un organisme fédéral, est l’un des signataires de l’accord tripartite qui régit l’aéroport, avec la Ville et le gouvernement fédéral. Mais le gouvernement provincial a récemment adopté une loi pour prendre la relève de Toronto.
L’Administration portuaire n’a pas encore répondu aux questions de CBC News concernant les déclarations de la mairesse.

La Ville de Toronto craint que l’agrandissement de l’aéroport situé sur les îles de Toronto, au centre-ville, n’ait des répercussions sur le logement futur. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Morrell
Le maire s’oppose depuis longtemps au survol de la zone riveraine par des avions à réaction, argument avancé par le premier ministre Doug Ford pour justifier l’agrandissement de la piste.
Outre les inquiétudes concernant la congestion routière au centre-ville qu’engendrerait l’agrandissement de l’aéroport, les services municipaux ont récemment présenté au comité d’urbanisme et de logement une analyse approfondie de son impact sur le logement à proximité du front de mer.
Selon ce rapport, environ 86 000 logements actuellement en projet se trouvent déjà dans les couloirs aériens actuels de l’aéroport. Si l’agrandissement est réalisé, ce nombre passera à environ 94 000.

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Aéroport Billy Bishop
Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui
De plus, si l’agrandissement se concrétise, le nombre de logements existants qui pourraient se trouver dans les couloirs aériens de l’aéroport insulaire augmenterait d’environ 25 000, selon le rapport.
L’agrandissement, destiné à accueillir des millions de nouveaux passagers par année, pourrait entraîner des modifications architecturales forcées pour les bâtiments situés à proximité des couloirs aériens, selon les urbanistes. Ces modifications pourraient notamment concerner les fenêtres fixes, l’absence de balcons ou encore des restrictions sur les aménagements sur les toits.
Ces changements pourraient aussi compromettre la viabilité de certains projets immobiliers, préviennent les urbanistes.
Avec les informations de Lane Harrison, CBC News


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