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Psychosociologie : des allégations poussent l’UQAR à analyser son programme

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L'Université du Québec à Rimouski (UQAR) indique qu'une « analyse externe » a été enclenchée concernant ses programmes en psychosociologie des relations humaines. Deux étudiantes prennent toutefois la défense de leur programme.

Les méthodes d'enseignement utilisées dans ce programme ont été fortement critiquées par certains étudiants et professeurs, indique une enquête du journal La Presse publiée lundi matin.

La Presse souligne avoir recueilli les témoignages d’une vingtaine de professeurs et d’étudiants. On y apprend notamment que certains d'entre eux associent ce qui était enseigné à des rites chamaniques ou des thérapies qui poussaient des étudiants à partager publiquement leurs traumatismes.

Une photo de la façade de l'UQAR.

L'UQAR est resté laconique lundi sur ce dossier.

Photo : Radio-Canada / Francois Gagnon

L’UQAR n'a pas souhaité commenter ces allégations concernant son programme de psychosociologie des relations humaines.

L’UQAR ne peut donner d’entrevue au sujet des programmes en psychosociologie des relations humaines pour le moment, a écrit l'établissement d'enseignement par courriel, lundi matin.

La directrice du service des communications, Anne-Sophie Lebel, confirme toutefois que le programme avait récemment attiré l’attention de l’Université.

Une analyse externe a été enclenchée l’automne dernier à la suite d’allégations sur le baccalauréat et la maîtrise.

Cette analyse comprendra notamment un sondage auprès des étudiants, des diplômés, des ressources enseignantes, a-t-elle précisé en fin de journée.

Comme l’analyse est toujours en cours et que ce processus est confidentiel, l’Université ne peut en parler publiquement, dit-elle.

Sur son site web, l’UQAR indique que le programme en psychosociologie forme des professionnelles et professionnels de l’intervention et de l’accompagnement auprès d’individus et de milieux organisés pour des mandats où les interactions interpersonnelles et intergroupes sont fondamentales.

Des étudiants ont peur de dénoncer, indique l'association étudiante

Le responsable des cycles supérieurs à l'Association générale étudiante du campus à Rimouski de l'UQAR (AGECAR), François-Pierre Renaud, soutient que des étudiants lui ont confié avoir peur de dénoncer certaines des pratiques utilisées dans le programme en psychosociologie des relations humaines.

Une photo de François-Pierre Renaud devant les bâtiments de l'UQAR.

François-Pierre Renaud est exécutant et responsable des cycles supérieurs association étudiante de l'UQAR, l'AGECAR.

Photo : Radio-Canada / Francois Gagnon

On en revient toujours au rapport de force qui existe entre les profs et les étudiants, estime-t-il.

Les gens ont peur de perdre des années d'études, des années de leur vie, des milliers de dollars dépensés pour leurs études s'ils dénoncent ce genre de choses problématiques.

Selon lui, des méthodes d'enseignement employées dans ce programme ne respecteraient pas certains règlements de l'UQAR qui encadrent l'éthique, la santé et la sécurité.

François-Pierre Renaud rapporte avoir récolté une dizaine de témoignages en ce sens dans les dernières années.

Au cabinet de la ministre de l'Enseignement supérieur, Martine Biron, on indique souhaiter laisser l'UQAR procéder à son analyse. Le ministère gardera tout de même un œil sur la situation.

Deux étudiantes défendent leur programme

Deux étudiantes qui ont vécu le baccalauréat de psychosociologie des relations humaines racontent toutefois avoir vécu une belle expérience au travers du programme.

Une photo de devant d'Esther Dion-Poulin et de Jeny Sarraf devant les bâtiments de l'UQAR.

Esther Dion-Poulin et Jeny Sarraf ont étudié dans le programme de psychosociologie et se montrent satisfaites de l'expérience.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Je trouvais ça vraiment pertinent. Je trouvais ça intéressant de voir la variété des expériences humaines, dit Esther Dion-Poulin, qui a étudié entre 2007 et 2012, et est désormais de retour aux études à la maîtrise.

C'est arrivé, j'ai vu des gens dire : holà, non, moi je ne vais pas là, mais on est pas allé plus loin.

J’ai du coeur pour les personnes qui ont vécu des choses un peu douteuses de ce que j’ai pu lire, ajoute sa collègue Jeni Sarraf. Cependant, je ne me suis pas reconnue moi dedans, dans mon vécu , raconte-t-elle.

Elle a fait le baccalauréat entre 2019 et 2021 et complète également une maîtrise dans le même département.

Selon elle, l'approche du programme permettait une évolution personnelle. Je l'ai fait, lance-t-elle. C'est sortir de sa zone de confort, mais il y a toujours eu le consentement.

Elle convient toutefois, que c'est pas tout le monde qui est fait pour ça.

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