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PSPP et la question nationale, un échec annoncé

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En proclamant son intention de ne pas tenir de référendum avant la fin du mandat de Donald Trump, le chef péquiste ne fait que confirmer un geste prévisible depuis longtemps. Si cette promesse est susceptible de lui rapporter quelques votes supplémentaires aux élections d’octobre prochain, on peut en revanche douter que l’appui à l’indépendance progresse au sein de l’électorat.

La fin de Trump ne saurait se confondre avec celle du trumpisme ou avec la tendance à l’élévation des barrières tarifaires, une tendance lourde aux États-Unis ayant commencé bien avant son élection. Avec la crise du système international qui s’amplifie, il serait hasardeux de miser sur un meilleur contexte.

Mais il y a plus grave. Le Parti québécois met de l’avant une stratégie déjà testée par le gouvernement Lévesque, à l’époque où la question référendaire impliquait beaucoup moins que l’indépendance (un mandat de négocier la souveraineté-association suivi d’un second référendum). Cette stratégie, l’étapisme, comportait l’élection d’un « bon gouvernement » avant d’aboutir, en fin de mandat, à une consultation référendaire.

Nous étions alors à la fin d’un cycle de croissance marqué par l’intervention de l’État dans l’économie et le développement d’un État-providence. Or, malgré des réformes progressistes dans différents domaines, le Oui n’a guère progressé : le PQ avait obtenu 41,4 % des suffrages en 1976 et 40,4 % d’appuis en 1980 au mandat de négocier la souveraineté-association.

Cadre néolibéral

Comment imaginer qu’un gouvernement à qui les sondages prédisent environ 30 % des suffrages et un niveau d’appui équivalent pour l’indépendance pourra faire mieux que le gouvernement Lévesque ? Le PQ des années 2000 a déjà perdu une grande part de la sympathie syndicale et des milieux communautaires dont bénéficiait le gouvernement Lévesque, sans compter le contexte de l’époque où les artistes, depuis plus de 15 ans, s’inspiraient du mouvement de libération qu’incarnait l’indépendance ?

Sous PSPP, le PQ ne bénéficie aucunement d’un souffle comparable dans la société québécoise et il serait douteux que la situation change avec l’exercice du pouvoir : en dépit des quelques réformettes promises, il s’inscrit parfaitement dans le cadre néolibéral déclinant en promettant notamment la réduction de la taille de l’État, en laissant davantage de place aux « lois du marché » et en inscrivant son cadre budgétaire dans les limites circonscrites par l’interdiction de faire grossir la colonne des revenus en allant chercher l’argent dans la poche des plus nantis, dont l’enrichissement privé nous appauvrit collectivement.

À cette posture peu susceptible de mobiliser les forces vives de la population, il faut encore ajouter que ce « bon gouvernement » qu’on nous promet sera limité par les pouvoirs que lui laisse l’ordre constitutionnel canadien. En cas de succès, il risque plutôt de renforcer l’idée voulant que le fédéralisme canadien ne constitue pas un obstacle au progrès. Tout cela alors que le gouvernement fédéral dispose également de tous les pouvoirs financiers nécessaires pour se montrer plus généreux en matière de politiques sociales tout en privant Québec des revenus indispensables à la mission sociale qui est la sienne depuis les années 1960.

Failles

La comparaison avec le gouvernement Parizeau permet elle aussi de faire ressortir les failles béantes du PQ d’aujourd’hui. La victoire de 1994 faisait suite à la fois à l’échec de l’Accord du lac Meech, qui avait poussé l’appui à l’indépendance à des sommets, et au rejet des politiques néolibérales que subissait la société québécoise depuis la crise économique de 1982.

Plutôt que de diviser les indépendantistes, Parizeau a cherché à les unir en faisant alliance avec l’ADQ et en misant sur la force du Bloc québécois, devenu l’opposition officielle à Ottawa avec 54 députés et rassemblant des indépendantistes d’allégeances diverses. De son côté, le PQ d’aujourd’hui mène une guerre sans merci à Québec solidaire (QS — l’inverse est tout aussi vrai), et le Bloc québécois, avec 22 députés, ne rate jamais l’occasion de démontrer sa sympathie au seul PQ, du fait notamment de l’appui de plusieurs militants de QS — pas tous — au NPD.

En 1994, le Parti québécois avait obtenu plus de 44,75 % des voix, et l’ADQ, plus de 6,46 %. La victoire du Oui était possible. En cette veille d’élections, les derniers sondages accordent environ 30 % d’appuis au PQ et autour de 9 % à QS. Au-delà des accusations mutuelles voulant que ce soit la faute de l’un ou de l’autre, a-t-on vraiment les moyens de se déchirer de la sorte ?

La question nationale québécoise est à la fois identitaire et sociale. Identitaire par l’appartenance nationale, elle est aussi l’expression d’une forme de solidarité au sein d’une communauté politique que cimentent le partage de la richesse et le développement de politiques sociales offertes à tous.

Tout cela renforce son attachement au seul État qu’elle peut contrôler, celui du Québec. Mais autant le PQ insiste trop sur la dimension identitaire au détriment de l’autre — s’aliénant ainsi nombre de personnes issues de l’immigration récente —, autant QS se révèle soupçonneuse quant à toute mesure tenant compte de l’insécurité nationale de la majorité, reflétant ainsi sa base politique essentiellement urbaine et éduquée.

Tout cela est bien triste parce que l’indépendance apparaît plus urgente que jamais du fait de notre minorisation en tant que nation, de l’anglicisation rapide et d’un contexte où les pouvoirs de l’État reviennent au cœur des nécessités économiques, sociales et environnementales. Si aucun changement important ne survient dans la période qui vient, nous subirons un nouvel échec, pire que les précédents.

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