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Pour l’ancien conseiller d’Emmanuel Macron Philippe Grangeon et l’ex-ministre Clément Beaune, une telle coalition doit inclure Raphaël Glucksmann, mais pas Bruno Retailleau.

CARINE SCHMITT / Hans Lucas via AFP
Clémence Beaune lance un appel pour 2027.
Un projet irréaliste ? Deux macronistes historiques, Philippe Grangeon et Clément Beaune, appellent à la formation d’une large coalition pour contrer l’ascension du RN et éviter sa victoire à l’élection présidentielle. Le parti d’extrême droite fait figure de favori pour le scrutin de 2027 et est donné gagnant par de nombreux instituts de sondage.
Dans une longue tribune publiée par La Grande Conversation, liée au think tank Terra Nova, les deux hommes rappellent « les accointances trumpistes et surtout poutiniennes » du parti dirigé par Jordan Bardella. Et imaginent le « danger » que représenterait « un RN aux commandes de la première puissance militaire d’Europe, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU ». À les lire, une victoire du RN ne serait pas une alternance comme une autre, mais « un choix de civilisation », centré autour d’un projet « qui remet en cause nos valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité ».
Pour éviter cela, la seule solution est selon eux de donner naissance à une alliance inédite de forces politiques qui jusque-là cultivent leurs différences. Philippe Grangeon, ancien conseiller spécial d’Emmanuel Macron à l’Élysée, et Clément Beaune, ex-ministre aux Affaires européennes désormais haut-commissaire au Plan, se disent convaincus que « nul ne peut l’emporter, et moins encore gouverner, seul face à l’extrême-droite ». Ces marcheurs estiment ainsi qu’un « nouveau dépassement est plus nécessaire que jamais ».
D’où leur volonté de faire dialoguer entre eux « les acteurs du camp central, la gauche étanche à LFI et la droite hermétique au RN ». Un appel qui s’adresse donc en priorité à Raphaël Glucksmann (candidat à la primaire du Parti socialiste et de Place publique) à Xavier Bertrand, mais aussi à Édouard Philippe et Gabriel Attal, tous deux candidats déclarés à la présidentielle. Sont en revanche exclus ceux qui, à droite, « font de l’État de droit un bouc émissaire » et ceux qui, à gauche, « n’ont jamais exclu une compromission avec LFI ».
« Pas de bric et de broc »
S’ils ne veulent pas de Bruno Retailleau, qui a pourtant été ministre de l’Intérieur dans un gouvernement qui comptait des macronistes, Philippe Grangeon et Clément Beaune expliquent que c’est parce que « rassembler ne veut pas dire assembler de bric et de broc ». Ainsi, une alliance avec Les Républicains « relèverait d’une contradiction en forme de repoussoir ».
Quant à La France insoumise, les proches du Président de la République, qui viennent de la gauche, craignent que sa diabolisation ne vienne banaliser, en retour, l’extrême droite. Car pour eux, « mettre un signe égal entre RN et LFI entretient l’illusion de deux dangers équivalents, alors qu’ils ne sont ni de même nature ni de même intensité ».
Voilà pour le diagnostic. Sur la façon de faire, et notamment de désigner un candidat commun à ce large espace politique, les choses sont plus floues. Selon eux, quelques grandes priorités doivent être listées afin que les contours de la coalition soient clarifiés avant la fin de l’année 2026 « au plus tard ». Quant au choix du candidat, il pourrait être désigné par les sondages si l’un d’entre eux se détache, ou bien sélectionné par le biais d’une primaire. Mais à ce stade, difficile d’imaginer tous ces protagonistes se mettre d’accord et mener campagne ensemble.


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