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Dans les sentiers du mont Sutton, Antoine Alain Pinsonnault, 82 ans, et Paul Martin, 74 ans, sont surnommés les jumeaux. C’est qu’on ne les croise jamais l’un sans l’autre. Les deux bénévoles entretiennent les sentiers presque six jours par semaine depuis des décennies.
En cette période de dégel, les équipes sont fort occupées. Elles arpentent des dizaines de kilomètres pour s'assurer que les chemins soient sécuritaires et le moins dommageables possibles pour l'écosystème.
Le Parc d'environnement naturel de Sutton (PENS) comporte 52 km de sentiers, dont une partie se trouve sur la réserve naturelle des montagnes vertes, mais aussi sur des terrains appartenant à la Ville de Sutton et au centre de ski.
Ça a trop poussé, mais nos sentiers sont probablement les mieux entretenus dans l’est du Québec, facilement. On prend soin de ça, on est fiers de ça et c’est vraiment une belle place à venir , croit Paul Martin.

Les deux hommes ont construit des ponts et les ont installés eux-mêmes dans la montagne.
Photo : Radio-Canada / Guillaume Renaud
La forme avant tout
Toute cette histoire a commencé graduellement, les deux hommes étaient patrouilleurs. À force de passer autant de temps dans la montagne, ils se sont dit : Pourquoi ne pas essayer d'améliorer les sentiers?
Antoine Alain Pinsonnault et Paul Martin ont installé des centaines de balises, des escaliers, des pancartes informatives, et même des ponts. Ils estiment passer au moins 1500 heures dans la montagne chaque année.
Les autres journées, on cherchait quoi faire, donc on a commencé avec des enseignes et des balises. Après ça, on s’est parlé qu’on pourrait faire un pont. Why not!, explique M. Martin.
C’est pour notre santé, tout simplement. Je payerais pour venir ici si je n’avais rien à faire. C’est essentiel pour garder la forme, surtout à mon âge.
M. Pinsonnault explique qu’il ressent déjà la différence lorsqu’il ne va pas à la montagne pour une semaine ou deux. Il n’est pas question d’arrêter. Il faut que ce soit toutes les semaines.

Plusieurs enseignes ont été installées.
Photo : Radio-Canada / Guillaume Renaud
Quand faut-il arrêter?
En 2020, les deux hommes ont été honorés par la Ville de Sutton à titre de bénévoles de l'année. Ils ont reçu un macaron qui fait office de passe pour avoir accès gratuitement aux sentiers, et ce, à vie.
Mais à quel moment faut-il donner congé à son corps? Il est difficile pour les deux hommes d’imaginer une réalité dans laquelle ils ne visitent plus la montagne aussi régulièrement.
Je pense qu’on va être obligés de mourir, lance Paul Martin en riant.
Tant que je vais être capable de marcher et de tenir un sac et des bâtons, je vais être là , conclut Antoine Alain Pinsonnault.


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