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Les nations les plus peuplées du monde sont aussi les plus mauvaises dans le sport le plus populaire de la planète. La Chine ne s'est qualifiée qu'une seule fois pour une Coupe du monde de football en 2002, l'Inde jamais. En théorie, une population nombreuse devrait se traduire par un vivier de talents important. En Inde et en Chine, ça n'a pas suffi, rapporte le Financial Times.
Ni les immenses diasporas ni la puissance économique des première et troisième économies mondiales n'ont été un indicateur de succès. Inversement, la Croatie a terminé deuxième puis troisième lors des deux dernières Coupes du monde, et le Cap-Vert, archipel d'à peine 500.000 habitants, a rivalisé un temps avec les meilleures équipes du monde. Dans le football, les institutions, l'accès aux infrastructures et la culture sportive comptent tout autant que le nombre d'habitants ou la puissance économique.
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Investir dans les terrains, les centres de formation et la pratique scolaire du sport: voici quelques idées du plan en 50 points que la Chine avait annoncé en 2015 pour devenir une superpuissance du football. «La Chine a utilisé une approche pilotée par l'État pour développer ses infrastructures et son secteur technologique. Mais le talent footballistique émerge généralement de façon organique, depuis la base», explique Mark Dreyer, fondateur et rédacteur en chef du site China Sports Insider.
Selon lui, cette planification centralisée a porté ses fruits dans certains sports individuels, comme la gymnastique ou le plongeon, où la Chine a accumulé les médailles olympiques grâce à des systèmes d'entraînement centralisés. Mais cette approche est bien plus difficile à reproduire dans le football, un sport collectif qui exige collaboration, spontanéité et créativité.
Ces qualités se développent le plus souvent au niveau local, dans les clubs de quartier et les matchs improvisés entre amis. Même les tentatives de ligues de football ont vacillé. Des scandales de matchs truqués et de corruption ont entamé la confiance des supporters et une réglementation étatique stricte, notamment sur les salaires et les transferts de joueurs étrangers, n'a pas non plus arrangé les choses.
Question de choix
Les défis auxquels fait face l'Inde sont différents. Jusqu'à récemment, les dépenses publiques en matière de sport n'étaient pas une priorité gouvernementale. Elles le sont devenues… pour le cricket. Paul Masefield, ancien footballeur professionnel aujourd'hui consultant à la télévision indienne, estime que le cricket a tout simplement étouffé l'intérêt et les investissements dans le football: «Il existe un vrai talent footballistique dans le pays. Mais l'Inde est obsédée par le cricket, et la victoire de l'équipe nationale lors de la Coupe du monde de cricket de 1983 a définitivement propulsé ce sport tout en haut du podium.» Plus largement, les fédérations de football du pays peinent à se faire une place sur la scène internationale.
En Europe, les jeunes footballeurs bénéficient d'installations de premier plan et d'une compétition intense à tous les âges, ce qui profite aussi aux pays voisins moins bien dotés en ressources. Lors de cette Coupe du monde, plus de 72% des joueurs évoluent dans un club situé en dehors du pays qu'ils représentent en sélection nationale, et près d'un joueur sur quatre est né à l'étranger. La Chine et l'Inde, elles, restent bien plus déconnectées de ces réseaux internationaux du football. «Les joueurs indiens partent rarement à l'étranger, et n'apprennent donc pas à affronter des joueurs d'autres nationalités. Les citoyens indiens de la diaspora ne peuvent d'ailleurs pas encore jouer pour l'équipe nationale», précise Paul Masefield.
Le rapport culturel au sport joue également un rôle-clé. Les systèmes éducatifs chinois et indien exigent tous deux que les élèves réussissent des examens extrêmement compétitifs et déterminants pour accéder aux meilleures filières universitaires et aux emplois publics. Cette pression scolaire rend difficile la pratique du football pendant le temps libre. Avec peu de footballeurs qui percent au niveau international, les parents chinois et indiens ont ainsi tendance à orienter leurs enfants vers des carrières plus stables financièrement et plus prestigieuses.
La Chine et l'Inde disposent pourtant de tous les ingrédients de base: un vivier de talents immense, une richesse croissante et de vastes diasporas à travers le monde. Mais réussir au football exige aussi une filière de formation à la base, des parcours professionnels solides, et des liens internationaux profonds qui se construisent avec le temps. La culture du football ne s'achète pas. Elle ne se construit pas non plus du jour au lendemain.





























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