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International 29/08/2026 09:30 Actualisé le 29/08/2026 09:34
Près de huit mois après la capture de Nicolas Maduro par un raid militaire américain, Washington a conclut un accord pétrolier « historique » avec la présidence par intérim.
Par Maëlle Roudaut avec AFP

JIM WATSON / AFP
Le président américain Donald Trump s’exprime, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 27 août 2026.
Washington et Caracas ont annoncé ce vendredi 29 août avoir conclu un accord pétrolier « historique », qui verra les États-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela. Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l’a qualifié de « plus grand accord pétrolier de l’histoire mondiale » qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des États-Unis.
« Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d’emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l’économie vénézuélienne », a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant « près de 100 milliards de dollars d’investissements privés » dans le pays.
Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l’exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage. Mais cet accord ne signifie pas que la situation évoluera rapidement. Il est par ailleurs relativement fragile.
Un accord suspendu aux incertitudes politiques
Cet accord est d’abord exposé à une incertitude de taille : il a été conclu avec un pouvoir de transition. Donald Trump a en effet indiqué qu’il a été établi « en étroite collaboration » avec Delcy Rodriguez, qui assure la présidence par intérim du Venezuéla depuis la capture de Nicolas Maduro, début janvier.
Delcy Rodriguez a d’ailleurs remercié « chaleureusement » Donald Trump dans un communiqué. Mais cette entente ne garantit pas la pérennité des engagements pris par Caracas. Un futur gouvernement pourrait décider de revenir sur les accords conclus avec Washington et de modifier brutalement les « règles du jeu », prévient Jorge R. Pinon, chercheur à l’Energy Institute de l’université du Texas à Austin.
Un pari coûteux pour les groupes américains
Deuxième point noir de cet accord : les infrastructures pétrolières du Venezuela, après des années de sous-investissement, sont fortement dégradées. Leur remise en état nécessitera des investissements considérables, et Donald Trump compte pour cela sur l’investissement des groupes américains pétroliers. Mais plusieurs restent frileux sur le dossier.
D’une part de lourds investissements sont nécessaires, et d’autre part, les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé refroidissent les investisseurs. Le géant américain ExxonMobil l’a notamment été à deux reprises.
« Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité », a commenté auprès de l’AFP John Kilduff, analyste d’Again Capital. Selon lui, les États-Unis pourraient chercher avec cet accord à « créer une sorte de zone d’État où les entreprises américaines peuvent s’implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela ».
Trump annonce une baisse « considérable » des prix de l’essence, mais...
Donald Trump a enfin annoncé que « cette transaction historique » entre les États-Unis et le Venezuela permettra « de réduire considérablement le prix de l’essence pour tous les Américains » et « ne coûtera rien aux contribuables américains ».
Mais le président américain se garde bien de préciser à partir de quand le prix de l’essence baissera. Et pour cause : cela risquera de prendre des années. « Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits », estime l’expert pétrolier Oswaldo Felizzola.
Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d’« un jeu de récits autour d’accords qui étaient déjà en cours de négociation », l’achat par les États-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas « garanti ». D’après l’expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l’énergie.
Les stocks stratégiques américains de pétrole sont à leur plus bas niveau depuis 1982, après avoir été largement utilisés pour pallier les perturbations d’approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient. De son côté, le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils, mais sa production reste limitée. Difficile, donc, d’en attendre un effet rapide sur les prix.


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