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Dans les régions rurales du Manitoba, un nombre croissant d'églises peinent déjà à attirer les fidèles, une situation aggravée par la pénurie de pasteurs.
L'annonce récente du départ du révérend Doug Neufeld, qui dirige l'Église unie Trinity, à Brandon, depuis 2016, et l'Église unie Forrest, dans la communauté de Forrest, met en lumière ces difficultés des églises au rural.
Le pasteur célèbrera son dernier service dimanche avant de déménager à l'Église unie Stamford Lane en Ontario.
Né à Boissevain, au Manitoba, Doug Neufeld affirme avoir les Prairies dans son ADN et a façonné son ministère autour des liens communautaires. Sauf qu'il n'est pas insensible à un dépeuplement des églises et à plusieurs changements autour de lui.
L'Église se réduit en taille, en fréquentation et dans ses rôles, dit-il. Ce qui est important pour la foi d'une communauté pourrait ne pas l'être autant pour l'autre... c'est le même panier de fruits, peut-être juste un contenu différent.
Son départ intervient alors que jusqu'à 63 % des postes de ministre de l'Église unie du Canada sont vacants dans la région.
À l’échelle nationale, l'Église prévoit une baisse du nombre de membres d'un peu plus de 321 000 en 2023 à environ 111 000 en 2035, mais elle travaille sur des initiatives pour atténuer cette diminution.
Un dimanche typique, l’église Trinity accueille environ 100 personnes, et jusqu'à 200 à Noël. Le pasteur Neufeld dirige un service à 10 h, puis conduit environ 20 kilomètres au nord jusqu'à Forrest pour un service à 12 h 30, devant environ 25 personnes.

Le révérend Doug Neufeld célèbrera son dernier service dimanche dans les églises unies Trinity et Forrest avant de déménager à l'Église unie Stamford Lane en Ontario.
Photo : Radio-Canada / Chelsea Kemp
Une vocation en plein recul
Selon Miranda Edwards, responsable du ministère et du personnel de Trinity, le processus de recrutement actuel ne ressemble en rien à celui de 2015 en raison du taux élevé de postes vacants.
Pour elle, le processus pour trouver un autre ministre pourrait prendre plus d'un an.
En attendant, la congrégation devra faire preuve d’inventivité pour assurer des services chaque semaine.
Nous... devons nous appuyer sur la force que nous avons , explique Miranda Edwards. Nous avons des gens très doués au sein de la congrégation qui sont prêts à diriger un service.
En effet, il y a moins de relèves disponibles, car peu de pasteurs sortent du séminaire. Trinity devra donc les attirer et leur montrer pourquoi Brandon est une ville où il fait bon vivre, souligne Miranda Edwards.
L’église Forrest United rencontre les mêmes problèmes, note Karen Wilcox-Phillips, membre de longue date.
Bien que l'Église ait joué un rôle majeur dans la communauté, il y a moins de gens , surtout les enfants et les jeunes dans les bancs d’église.
Selon lui, le rythme de vie au quotidien explique en partie cette réalité, car les gens sont occupés et la vie est chère, et les deux parents doivent travailler.
Ils ne pensent pas qu'ils doivent venir à l'église pour adorer , explique Karen Wilcox-Phillips. On regarde autour de soi et nous sommes tous plus âgés.
Alors que l'église, vieille de 75 ans, reste active, elle fait face à un déclin démographique important, ce qui signifie qu'obtenir un nouveau pasteur sera comme trouver une perle dans une huître , illustre-t-elle.
Un pasteur suppléant a été trouvé, mais pour Pat Davis, un membre de l'Église, l'absence d'un pasteur à temps plein est très différente.
Une mutation en cours
Craig Miller, ministre de l'Église unie Knox à Brandon, constate que les églises luttent depuis des décennies, car moins de gens s'identifient comme religieux.
Le recensement de 2021 a révélé des différences marquées dans l'adhésion religieuse selon l'âge au Canada. Alors que 42,5 % des 14 ans et moins et 36,5 % des 15 à 64 ans déclaraient n'avoir aucune religion, ce pourcentage chutait à seulement 19 % pour les Canadiens de 65 ans et plus.
Cela signifie que le recrutement de ministres est de plus en plus difficile, car il pourrait ne pas y avoir d'emploi, d'église ou de pension pour eux dans les décennies à venir, souligne-t-il.
Mais Craig Miller croit que la quête spirituelle continuera, mais qu'elle prendra simplement une nouvelle forme.
Cela reviendra aux débuts des églises de maison, avec des gens qui se réunissent pour réfléchir à la foi, à la spiritualité et à l'éthique, croit-il.
Par ailleurs, la conception de la foi aussi semble connaître un changement.
Beaucoup de gens veulent vraiment vivre leur foi...en travaillant à la soupe populaire ou en oeuvrant pour différentes initiatives de lutte contre la pauvreté.
Avec les informations de Chelsea Kemp


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