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Les projets tombent les uns après les autres depuis quelques années à l’École secondaire Pierre-de-Lestage de Berthierville. Des élèves y voient une source de démotivation. À l’aube des vacances d’été, ils lancent un cri du coeur dans l’espoir de faire revivre leur école.
Expo-sciences, le carnaval, des initiatives environnementales, le virage numérique, la radio étudiante, une compétition de jeux vidéo : voilà quelques exemples d’activités et de projets qui ont disparu ou qui n’ont pas vu le jour au cours des dernières années.
Hockey, football, badminton, club de course sont les principales activités parascolaires restantes, en plus des quelques fêtes organisées au cours de l’année pour souligner l’Halloween, Noël et la Saint-Valentin.
J’ai vu plein de projets partir au vent. Ça m’a démotivée d’aller à l’école

Océane Jourjon, présidente du conseil étudiant de l'École secondaire Pierre-de-Lestage
Photo : Radio-Canada
Océane Jourjon est arrivée au secondaire confiante et déterminée à faire une différence dans la vie de son école. Élue présidente du conseil étudiant, la finissante dresse aujourd’hui un bilan plutôt sombre de ses cinq années à l’École secondaire Pierre-de-Lestage.
Je me sens essoufflée, je me sens frustrée, peinée et en colère de constater qu’aujourd’hui je m’en vais au cégep et j’ai rien pu faire alors que j’ai essayé pendant cinq ans de faire changer les choses
On voulait amener Pierre-de-Lestage sur les réseaux sociaux et créer des capsules vidéo. Comité environnement, on voulait mettre des bacs de recyclage, des bacs de compostage, on voulait même mettre des cendriers à l’avant de l’école parce qu’il y a des jeunes fumeurs puis il y a plein de mégots partout, explique Océane
Ce qui l’a particulièrement bouleversée, c’est la disparition d’Évolution Z, un projet entrepreneurial visant à organiser une compétition de jeux vidéo.
Présenté deux années de suite, Évolution Z avait pourtant mobilisé et motivé de nombreux jeunes aux talents éclectiques. Un énorme succès selon tous les étudiants et membres du personnel à qui nous avons parlé.
Le projet aurait permis d’amasser plusieurs milliers de dollars grâce aux nombreuses entrées. Les profits ont été distribués dans d’autres secteurs de l’école.
Selon Océane, l’enseignant qui chapeautait le projet a quitté pour aller travailler dans une autre école. Aucun autre membre du personnel n’aurait pris la relève par la suite.
J’ai failli lâcher l’école, affirme Océane Jourjon qui dit avoir tout essayé pour garder le projet en vie.

La musique, c'est une soupape pour Océane Jourjon. Elle écrit, compose et chante des chansons pour s'exprimer et se défouler.
Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard
Dès la première secondaire, Océane Jourjon s’est aussi impliquée dans le dossier de la radio étudiante. Elle aurait aimé qu’on améliore l’équipement et elle est déçue de ne pas avoir réussi à mener le projet à terme avant de partir.
Sentiment d’impuissance
Julien Busic, représente les élèves de quatrième secondaire au conseil étudiant. Lui aussi trouve difficile de se motiver à aller à l’école.
Ce à quoi j'arrive à me raccrocher, c'est mes passions personnelles. Mes intérêts qui passaient par l'école sont complètement évaporés ou presque
Julien est un amateur de lecture et de théâtre, passionné de politique, de jeux vidéo, de jeux de rôles grandeur nature.
Il raconte qu’il a senti le besoin de s’impliquer il y a deux ans, au moment où il dit avoir remarqué de l’angoisse et de la détresse chez plusieurs camarades.
Je me suis dit que si je m'impliquais, peut-être que je pourrais faire une différence, explique-t-il. Finalement, est-ce qu’il sent qu’il peut faire la différence?
Pas du tout. En toute franchise j'ai l'impression de creuser dans le vide, répond Julien, qui aurait bien aimé voir certains de ses projets se réaliser.
Océane et Julien vont même jusqu’à dire qu’ils ne sont pas fiers de leur école.
De son côté, la mère d’Océane, Nadia Tremblay, mentionne avoir souvent été témoin des préoccupations exprimées par les jeunes.
Elle explique qu’elle a assisté à des séances du conseil d’établissement, des rencontres avec le conseil étudiant, lu tous les procès-verbaux et recueilli les confidences de sa fille tout au long de son secondaire.

Nadia Tremblay est la mère d'Océane Jourjon, présidente du conseil étudiant de l'École secondaire Pierre-de-Lestage.
Photo : Radio-Canada
Mme Tremblay raconte que lors d’une rencontre informelle avec le nouveau directeur, elle l’a senti très ouvert et très sensible à la réalité des jeunes et lui aurait dit qu’il aurait aimé ça faire plus
Nous avons également eu l’occasion d’échanger avec des membres du personnel de l’École Pierre-de-Lestage, des gens passionnés par l’enseignement, qui aimeraient s’impliquer davantage.
Ils reconnaissent qu’il y a peu de projets et d’activités parascolaires dans cette école.
L’espoir malgré tout
Océane Jourjon et Julien Busic espèrent que leur message soit entendu et malgré leur amertume et leur déception, ils ont espoir de faire changer les choses.
Je veux me faire entendre par mes étudiants, mes enseignants, je veux qu’on m’entende.
Océane Jourjon et Julien Busic souhaitent que les étudiants sachent qu’il ont travaillé très fort pour développer des projets et maintenir ceux qui existaient déjà.
Ils espèrent maintenant que tout le milieu s’implique davantage.
Océane rêve de devenir scénariste, monteur vidéo ou écrivaine. En août prochain, elle va entrer au Cégep de Joliette en Arts, lettres et communication option cinéma et elle a bien l’intention de s’impliquer.
Je pense que ça prend des gens comme Julien justement qui s'impliquent l'année prochaine pour faire bouger les choses, lance Océane.
Cependant, Julien hésite à se présenter l’an prochain à la présidence de l’école à cause du manque de coopération, dit-il. Il entend profiter de l’été pour y réfléchir.
Son rêve : créer un jour son propre parti politique.
Réponse de la Commission scolaire des Samares
La Commission scolaire des Samares a refusé notre demande d’entrevue, mais nous a fait parvenir un courriel dans lequel on explique que la fin de l’année scolaire et cette période amènent son lot de défis et de fébrilité dans la majorité des écoles.
Le porte-parole ajoute que les parents doivent communiquer avec la direction lorsqu’un problème se présente dans une école.
Il assure que l’équipe travaille au quotidien pour assurer une harmonie avec le personnel enseignant et les élèves dans le respect des droits, devoirs et responsabilités de chacun.
S’il y a une impasse, on ajoute qu’il existe un processus de médiation à la Commission scolaire.
La Commission scolaire des Samares précise que le conseil d’établissement est une instance démocratique qui dispose de pouvoirs et assure que c’est un lieu où les opinions sont écoutées et prises en compte dans un processus rigoureux et démocratique.


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