Vous avez la gorge en feu et vous enchaînez les pastilles pour calmer l’irritation ? C’est un réflexe universel. Mais à force de sucer ces petits bonbons mentholés tout au long de la journée, une question finit souvent par se poser : est-il possible de faire une surdose ? Si l’intoxication sévère tient du miracle statistique, la science met tout de même en garde contre les effets pervers d’une consommation frénétique. Voici ce qui se passe réellement dans votre corps lorsque vous videz la boîte.
Ce que vous allez apprendre
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Pourquoi le menthol peut paradoxalement aggraver votre toux au lieu de la soigner.
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Le nombre ahurissant de pastilles qu’il faudrait avaler pour frôler la dose mortelle.
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Le danger redoutable de la benzocaïne, cet ingrédient méconnu qui asphyxie vos cellules.
Le double jeu du menthol
Pour soulager cette désagréable sensation de brûlure, le menthol (un composé organique extrait de la menthe poivrée ou de l’eucalyptus) est notre meilleur allié. À dose raisonnable, il engourdit la zone douloureuse et procure une agréable vague de fraîcheur. Mais la modération est de rigueur. Les experts en toxicologie alertent : consommé en excès, ce composé se retourne contre vous et se met à irriter les muqueuses qu’il est censé apaiser.
Des recherches menées dans le Wisconsin ont d’ailleurs mis en évidence qu’une consommation massive de menthol entretenait la toux au lieu de la faire disparaître, ralentissant ainsi la guérison. De plus, avaler ces remèdes à la chaîne finit par attaquer la paroi de l’estomac, déclenchant des troubles gastro-intestinaux comme des nausées ou des vomissements.
Une marge de sécurité gigantesque
Si l’on ignore ces premiers signaux d’alarme digestifs, une dose massive de menthol peut théoriquement perturber le système nerveux (vertiges, confusion, voire convulsions). Mais rassurez-vous, il faut vraiment le vouloir pour atteindre ce stade critique.
Une pastille classique contient entre 5 et 10 milligrammes de menthol. La dose potentiellement mortelle est estimée entre 50 et 150 milligrammes par kilo de poids corporel. Concrètement, un adulte de 77 kilos devrait engloutir environ 400 pastilles — soit plus d’une dizaine de paquets entiers — en une seule prise pour frôler la catastrophe.
Les annales médicales ne recensent d’ailleurs que des cas rarissimes et extrêmes, comme ce patient de 86 ans hospitalisé en urgence pour des douleurs musculaires et une désorientation totale. Son secret ? Il consommait deux sachets par jour depuis plus de vingt ans.
L’alerte rouge sur la benzocaïne
Si le menthol pardonne facilement les écarts, ce n’est absolument pas le cas d’un autre composant parfois présent dans ces traitements : la benzocaïne. Cet anesthésique local, qui a heureusement tendance à disparaître des rayons en raison de sa toxicité, présente un risque de surdosage bien réel.
Une surconsommation de benzocaïne peut déclencher une méthémoglobinémie. Derrière ce nom complexe se cache une maladie redoutable qui altère la capacité du sang à transporter correctement l’oxygène. Les cellules s’asphyxient, les lèvres et les mains bleuissent, et l’urgence vitale est engagée.
Pour soigner une mauvaise grippe en toute sécurité, la règle d’or reste l’anticipation. Lorsque vous êtes malade et fiévreux, votre jugement est altéré. Les centres antipoison recommandent de sortir uniquement la dose journalière autorisée par la notice et de la garder à portée de main. Ainsi, impossible de vider le paquet par simple réflexe.


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