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FIGAROVOX/TRIBUNE - Alors qu’Emmanuel Grégoire s’apprête à annoncer des mesures sur le périscolaire, face à la multiplication des révélations d’agressions sexuelles sur mineurs, Inès de Raguenel, conseillère d’opposition à la mairie de Paris, estime qu’il est urgent de recruter de nouveaux animateurs et de rétablir la semaine de quatre jours.
Inès de Raguenel, conseillère de Paris Groupe Paris Liberté, coprésidé par Rachida Dati et Grégory Canal.
Il y a six mois, j’alertais sur une réalité que beaucoup préféraient ne pas voir : la multiplication des agressions sexuelles dans le périscolaire des écoles parisiennes. Les faits étaient graves, répétés, documentés. Ils auraient dû provoquer un électrochoc.
Ils n’ont suscité, au mieux, que des réactions timides. Des silences gênés. Ils disaient que j’en faisais trop, j’exagérais, qu’en termes de viols, «on était dans la moyenne des statistiques nationales».
Puis le temps de la campagne électorale est arrivé. La majorité sortante a fini par faire quelques promesses, timides et floues. Le candidat Grégoire ne savait pas de quoi il parlait, semble-t-il. Ni le fonctionnement de son administration, ni le profil des animateurs qu’ils recrutaient.
Depuis ? Rien, ou presque. Les révélations continuent. Les inquiétudes des parents demeurent. Et surtout, le sentiment s’installe que ce système, censé protéger nos enfants, ne parvient plus à se contrôler lui-même.
Certes, le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, affirme vouloir prendre le sujet à bras-le-corps. Il évoque des mesures, des contrôles, des dispositifs supplémentaires. Mais derrière ces annonces, une question demeure : pourquoi refuse-t-on toujours de s’attaquer à la racine du problème ? Il y a eu le déni sur les faits, il y a aujourd’hui le déni sur les causes.
Le problème est structurel. Depuis la mise en place de la semaine de quatre jours et demi (loi Peillon, 2013), l’organisation scolaire parisienne a profondément transformé le périscolaire. L’ajout du mercredi matin ne s’est pas contenté de modifier l’emploi du temps des enfants : il a surtout multiplié les temps à encadrer. Il faut désormais gérer davantage de transitions, davantage de créneaux courts, davantage de moments où les enfants ne sont plus en classe mais sous la responsabilité d’animateurs.
Les enfants parisiens méritent mieux que des réactions tardives et des ajustements à la marge. Ils méritent des décisions courageuses, à la hauteur de ce qui est en jeu. Passer la publicité
Concrètement, cela signifie une chose : la Ville doit recruter massivement. Des milliers d’animateurs sont nécessaires pour faire fonctionner ce système éclaté. Et recruter autant, aussi vite, c’est mécaniquement renoncer à tout maîtriser.
C’est multiplier les embauches dans l’urgence. C’est réduire les exigences. C’est accepter un turn-over important. C’est rendre les contrôles plus difficiles, voire illusoires.
Et dans un tel contexte, les dérives ne sont plus des anomalies : elles deviennent des risques systémiques.
On peut multiplier les chartes, renforcer les procédures, créer des cellules d’écoute. Mais tant que l’on ne réduira pas cette dépendance à un recrutement massif, ces mesures resteront insuffisantes.
C’est pourquoi il faut que la majorité socialiste ait le courage de revenir sur une certitude idéologique. La semaine de 4 jours et demi est un héritage de l’ère Hollande. Difficile pour la gauche parisienne d’avouer son échec.
Revenir à la semaine de quatre jours, ce n’est pas renoncer à une ambition éducative. C’est faire un choix de responsabilité. Celui de 90 % des collectivités en France.
Moins de temps périscolaires hachés, c’est moins de besoins en recrutement. Et donc la possibilité de recruter moins, mais mieux. De mieux former. De mieux encadrer. De mieux contrôle.
C’est redonner à la Ville les moyens d’exercer réellement sa mission première : garantir la sécurité des enfants. Emmanuel Grégoire doit assumer l’échec de la mise en place de la semaine de 4 jours et demi d’école.
Les enfants parisiens méritent mieux que des réactions tardives et des ajustements à la marge. Ils méritent des décisions courageuses, à la hauteur de ce qui est en jeu.


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