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Par Patrick Pessaux
Le 15 juillet 2026 à 17h36
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FIGAROVOX/TRIBUNE - Le gaspillage des médicaments, mis en lumière dans un article du Figaro, révèle les limites d’un modèle conçu autour du volume d’activité, de l’abondance des ressources et d’une logique essentiellement curative, dénonce le président de l’Institut européen de la transition en santé.
Passer la publicité Passer la publicitéPatrick Pessaux est président du comité transition écologique en santé de la FHF, Président de l’Institut européen de la transition en santé (Ietes), président du Collectif d’écoresponsabilité en santé (Ceres).
L’article titré «Médicaments, pansements, sets de perfusion… Un gaspillage massif au coût faramineux pour l’Assurance-maladie» publié dans Le Figaro met en lumière une réalité que les professionnels de santé constatent quotidiennement. Le gaspillage des médicaments n’est pas un accident de notre système de santé : il en est le symptôme. Il révèle les limites d’un modèle conçu autour du volume d’activité, de l’abondance des ressources et d’une logique essentiellement curative. Alors que notre pays connaît des épisodes caniculaires d’une intensité et d’une fréquence inédites, avec des conséquences sanitaires de plus en plus importantes, le secteur de la santé ne peut rester en marge de la transition écologique. Il doit prendre toute sa part dans cette transformation, non seulement parce qu’il contribue à l’empreinte environnementale nationale, mais surtout parce que protéger la santé des citoyens est la raison d’être même de nos métiers. Face aux défis climatiques, économiques et démographiques, il ne suffit plus d’optimiser l’existant : il est temps de repenser en profondeur notre système de santé par le prisme de la transition écologique.
Car la transition écologique n’est pas une simple politique environnementale appliquée à la santé. Elle constitue un nouveau paradigme. Elle nous invite à passer d’une médecine de la consommation à une médecine de la pertinence, d’une logique de réparation à une logique de prévention, d’une culture du jetable à une culture de la sobriété et de la circularité, d’un système centré sur l’offre à un système construit autour des besoins réels des patients. Ce changement de regard est aussi une réponse aux trois grandes crises que traverse notre système de santé : la crise écologique, la crise financière et la crise d’attractivité des métiers. Une même action peut produire un triple bénéfice : réduire l’empreinte environnementale, améliorer la qualité des soins et dégager des marges de manœuvre économiques pour réinvestir dans l’humain. C’est précisément cette approche qui fait la force de la transition écologique en santé.
La troisième version de la feuille de route nationale de la Planification écologique du système de santé devra fixer des objectifs encore plus ambitieux.
Patrick PessauxLa feuille de route nationale de la Planification écologique du système de santé (PESS) s’inscrit dans cette ambition. En écho à l’article et pour montrer que le changement est en marche, rappelons ici les expérimentations sur la redistribution des médicaments non utilisés, prévues par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, ou encore le décret n° 2025-895 du 4 septembre 2025 relatif à l’expérimentation du retraitement de certains dispositifs médicaux à usage unique. Mais nous devons aller plus loin. Nous attendons désormais avec impatience la troisième version de la feuille de route PESS. Elle devra amplifier cette dynamique, fixer des objectifs encore plus ambitieux. La transition écologique ne doit plus être considérée comme une politique sectorielle. Elle doit devenir le fil conducteur de toutes les politiques de santé : financement à la pertinence, organisation des parcours, prévention car le meilleur soin est celui dont on n’a pas besoin, innovation « verte », achats, recherche, formation des professionnels et évaluation des pratiques. C’est une opportunité historique. Non pas d’ajouter une contrainte supplémentaire à un système déjà sous tension, mais de réinventer un système de santé plus pertinent, plus résilient, plus équitable et plus soutenable.
Cette évolution ne pourra toutefois réussir sans promouvoir la recherche dans ce champ. Nous avons besoin de produire des preuves scientifiques sur les bénéfices environnementaux, économiques, organisationnels et sanitaires de ces nouvelles pratiques. Il ne s’agit plus seulement de mesurer une empreinte carbone, mais de définir et d’évaluer un parcours de soins écoresponsable, le juste soin et l’impact sur la pertinence des soins en toute sécurité pour les patients et la soutenabilité de notre système de santé. C’est précisément l’ambition de l’Institut Européen de la Transition Écologique en Santé (IETES). La transition écologique n’est pas le coût de demain, elle est l’investissement indispensable pour sauver le système de santé de demain.


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