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Il est urgent de s’attaquer aux différents enjeux qu’englobe le coût de la vie, soutient le porte-parole de la Table des groupes populaire de la Côte-Nord, Frédéric Boudreault.
C’est dans le cadre d’une semaine d’action provinciale pour la convergence des luttes que la Table des groupes populaires de la Côte-Nord a mis de l’avant ses revendications.
« On parle de lutte contre la pauvreté et de la répartition de la richesse. On entend souvent que la population québécoise s’est enrichie depuis les quatre dernières années. C’est vrai quand on le regarde globalement, mais pas quand on détaille le tout », déclare-t-il.
Ce dernier explique que les 20 % plus riches de la population ont augmenté ses revenus, d’environ 51 %. Toutefois, en regardant les plus pauvres, dit-il, il y a une diminution d’environ 2 %.
« En contrepartie, on a eu une inflation. C’est pour ça que la population ressent beaucoup la hausse du loyer, du panier d’épicerie, et que ça impacte les personnes plus pauvres », poursuit-il. « On a donc vu de grandes situations d’inégalités économiques. »
Salaire, logement, épicerie
Le porte-parole de la Table des groupes populaires de la Côte-Nord soutient qu’en 2025, ce sont 600 000 personnes qui ont eu recours aux services d’une banque alimentaire au Québec.
Son message au gouvernement : régler les déséquilibres entre salaires, prix des loyers et des maisons ainsi que le prix du panier d’épicerie. Le loyer moyen est passé de 844 $ à 1 119 $ par mois entre 2020 et 2024, selon ses chiffres. M. Boudreault croit qu’il faut investir « massivement » et rapidement dans la construction de logements abordables.
De ce côté, l’organisme Cité des bâtisseurs, qui accompagne les organismes et communautés dans leurs besoins en habitation, rappelle que l’accès à un logement abordable est un enjeu très présent sur la Côte-Nord.
« Les projets sont parfois plus difficiles à viabiliser avec les programmes déjà en place au national. D’abord, nos coûts de construction sont 2,5 fois plus élevés que dans certaines régions et villes. La main-d’œuvre spécialisée est aussi parfois plus difficile à aller chercher », fait savoir la directrice générale, Anne-Édith Daoust.
Cette dernière estime qu’il est important de mieux connaitre les besoins sur le territoire et d’analyser tous les modèles pour les municipalités.
« Certaines petites municipalités sont dévitalisées et on voit l’impact sur ces communautés quand il y a, par exemple, des coopératives d’alimentation qui déploient des projets pour les petites municipalités. L’habitation, c’est la même chose. On l’a vu avec la Villa Forestville, ça répond à un besoin », ajoute-t-elle.
Selon l’Association pour la Protection des Intérêts des Consommateurs (APIC) Haute-Côte-Nord, il ne faut pas oublier les coûts pour le transport. Alors que sur la Côte-Nord, les grands déplacements en voiture sont nécessaires, l’organisme rappelle que la hausse du prix du carburant a des impacts directs sur la population.
Anne-Édith Daoust est la directrice générale de l’organisme Cité des bâtisseurs. Photo Karianne Nepton-Philippe
Aider le communautaire
Les organismes communautaires sont les mieux placés pour connaitre les besoins du milieu, dit ensuite Frédéric Boudreault.
« Soutenir le communautaire est aussi primordial. Sur la Côte-Nord, les organismes communautaires, nous sommes dans les plus mal financés au Québec », décrit-il.
« On n’est pas la région où il y a moins d’organismes, on n’est pas non plus celle où il y en a le plus, mais on est la région qui reçoit le moins à cause de notre population », affirme-t-il ensuite.
Ce point l’amène à réitérer l’importance de comprendre les réalités régionales et l’enjeu du territoire nord-côtiers. « La solution pour venir en aide à notre monde, c’est les organismes communautaires. »
Frédéric Boudreault parle aussi de l’importance du rehaussement du filet social. Selon lui, il faut revaloriser les prestations d’assistance sociale et les aides financières accordées aux personnes en situation de vulnérabilité.
Karianne Nepton-Philippe
Journaliste au journal Le Manic depuis 2022, Karianne Nepton-Philippe a fait ses débuts huit ans plus tôt à la télévision communautaire en Haute-Côte-Nord. Ayant également... Lire la suite


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