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Les bâtiments publics de la grande région de Québec ont le potentiel d’accueillir plus de 6000 arbres, soit deux fois la canopée du parc La Fontaine à Montréal, et ce, sans sacrifier de places de stationnement ni briser le béton de leurs espaces minéralisés.
Au cours des derniers mois, les experts et les expertes en foresterie urbaine du Collectif Canopée ont mené l’analyse cartographique de 455 terrains jouxtant différents bâtiments publics de Chaudière-Appalaches et de la Capitale-Nationale.
« L’objectif était de déterminer combien d’arbres nous pouvons placer dans les zones gazonnées de ces lots-là pour maximiser la canopée », explique Sergio Paolo Solano, directeur général du Collectif Canopée.
Les résultats obtenus, qui indiquent un potentiel de plantation de 6034 arbres, dépassent toutes les attentes.
Peut-être encore davantage
« Il faut se rappeler que cette analyse-là ne touche que les milieux institutionnels, comme des hôpitaux, des CLSC, des OBNL, des écoles et ainsi de suite, précise M. Solano. Il y a un potentiel encore plus grand à aller chercher dans tous les milieux privés, que ce soit les industries, les commerces et les grandes zones résidentielles. Six mille arbres, ce n’est qu’une petite partie du vrai potentiel. »
Le Collectif Canopée doit d’ailleurs présenter le fruit de son analyse sur le potentiel de ces terrains privés le 19 mai, annonce le directeur général de l’organisme fondé en 2022. Une troisième analyse, cette fois à propos de la capacité de plantation sur les terrains détenus par des portefeuilles immobiliers d’importance, suivra plus tard.
La première de ces trois études, présentée jeudi dans le cadre du Mois de l’arbre et des forêts, porte sur 455 terrains, dont 82 %, soit 373, se situent à Québec et à Lévis. L’analyse précise que des visites sur place doivent entre autres confirmer la capacité réelle de plantation, susceptible d’être surévaluée ou sous-évaluée par l’étude cartographique menée par le collectif.
Les 6034 plantations d’arbres potentielles établies par l’organisme concernent toutefois uniquement des espaces gazonnés. « J’appelle ça des “quick wins”, indique Sergio Paolo Solano. Le gazon est là, il suffit de planter un arbre dessus, c’est tout. »
Le potentiel de verdissement identifié se trouve aussi dans des secteurs aux prises avec « une défavorisation matérielle et socio-économique, souligne le directeur général du Collectif Canopée. Ce sont souvent des endroits où, par exemple, il y a des écoles parfois près d’une autoroute. Ce sont des milieux où il y a non seulement un grand potentiel, mais aussi un grand besoin ».
Les résultats obtenus par le collectif déjouent une croyance tenace, aux yeux du directeur général.
« Il y a un peu l’idée que la plantation d’arbres, ça se fait au sacrifice de quelque chose : de l’espace, un revenu, un stationnement, etc. Là, nous mettons le doigt sur les possibilités de planter un arbre sans même toucher aux lots, ça démontre qu’il y a beaucoup plus d’arbres que nous pouvons planter que nous le croyons. »


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