Le 12 septembre 2026, la banquise arctique a probablement atteint son minimum annuel, à 4,60 millions de km². Le NSIDC, le centre américain de référence sur la neige et la glace, l’a annoncé le 23 septembre. Ce chiffre reste très loin du record de 2012, qui tient toujours, comme il tient depuis 14 étés.
Le recul annuel promis n’a pas eu lieu.
Les séries du NSIDC, calculées sur la moyenne de septembre, donnent 3,57 millions de km² pour 2012. Aucune année entre 2013 et 2025 n’a fait aussi bas. La deuxième, 2020, plafonne à 4,00 millions de km². Quant à 2026, avec son minimum à 4,60, elle n’a jamais menacé le record.
À retenir
- Le minimum de 2026 reste 28 % plus étendu que le record de 2012 établi il y a 14 ans
- La variabilité climatique naturelle a compensé une part importante de la fonte causée par les gaz à effet de serre
- Les 20 dernières années marquent les étendues minimales les plus basses jamais enregistrées par satellite
Sommaire
Vingt ans de pause, pas un répit climatique
Le 6 août 2025, quatre chercheurs (England, Polvani, Screen et Chan) ont publié dans Geophysical Research Letters une étude au titre limpide : la perte de banquise arctique des 20 dernières années est minimale et compatible avec la variabilité interne du climat. Leur constat porte sur la surface de septembre, qui ne montre aucun déclin statistiquement significatif depuis 2005. Cette pause résiste, disent-ils, au changement de jeu de données, de mesure ou de saison.
Comment la glace peut-elle se maintenir alors que les gaz à effet de serre continuent de s’accumuler ? Selon les auteurs, la variabilité naturelle interne du climat a compensé une large part de la fonte due à l’activité humaine. Leurs simulations montrent aussi que de telles pauses ne sont pas rares, même dans un monde qui se réchauffe.
Les glaciologues du NSIDC n’ont pas tranché. Ils indiquent que le minimum de septembre ne montre aucun déclin significatif depuis deux décennies, et que les scientifiques débattent encore des raisons. Une cause soupçonnée est la perte continue de la glace pluriannuelle, plus épaisse, pendant les années 1990 et le début des années 2000. Walt Meier, chercheur au NSIDC, résume : « We’ve plateaued, but we’re still low ».
Un plateau situé très bas
Le minimum de 2026 est à égalité avec 2025, 2008 et 2010 pour la dixième place sur près de 48 ans d’observations par satellite. Le classement est trompeur si on le lit seul. Les 20 dernières années, de 2007 à 2026, sont les 20 étendues les plus basses de tout l’enregistrement satellitaire.
Stable ne veut pas dire intact.
Depuis 1979, le minimum a perdu environ 11,8 % par décennie par rapport à la moyenne 1981-2010, soit quelque 73 200 km² de glace par an. C’est à peu près la superficie de la République d’Irlande qui disparaissait chaque année, en moyenne, avant que la courbe ne s’aplatisse. La tendance du minimum depuis 2007 est proche de zéro, mais elle s’est stabilisée sur un palier bas, pas sur le niveau des années 1980. Le chiffre de 2026 reste d’ailleurs provisoire : une tempête tardive pourrait encore compacter la glace et faire reculer l’étendue.
Ce que la pause ne garantit pas
Personne ne dit que la banquise se reconstitue, ni que le réchauffement s’est arrêté. Les auteurs de l’étude estiment que la pause pourrait « plausibly persist another five to 10 years », soit 5 à 10 ans de plus. Passé ce délai, le risque d’un déclin plus rapide que la moyenne augmenterait.
L’expression « ne recule plus nettement » demande de la prudence. Elle traduit l’absence de déclin statistiquement significatif, formulation de l’étude, et non un arrêt constaté de la fonte. Sur une série aussi variable d’une année à l’autre, vingt étés sans tendance claire ne prouvent pas que le mécanisme de fond a changé.
Même le chiffre du record dépend de la façon de mesurer. La moyenne de septembre 2012 s’établit à 3,57 millions de km², mais le minimum d’un seul jour donne une valeur différente, d’où la référence à l’année plutôt qu’à un nombre unique. Le même flou touche les classements. Avec les égalités statistiques, 13 minimums se glissent dans les 10 premiers, et l’indice européen OSI SAF place le minimum du 12 septembre au 14e rang.
Sources : seawanderer.org | arcticportal.org


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