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Ce mardi 20 octobre 2026 s'ouvre devant le tribunal de Paris le procès de la mairie de Paris dans l'affaire de l'explosion de la rue de Trévise.
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Par Antoine Blanchet Publié le 20 oct. 2026 à 6h04
Une déflagration de quelques instants qui a brisé de nombreuses vies. Ce mardi 20 octobre 2026 s’ouvre au tribunal de Paris le procès de la Ville de Paris, dans l’affaire de l’explosion survenue rue de Trévise en janvier 2019, un drame causé par la rupture d’une canalisation de gaz. Dans ce dossier, la municipalité est jugée pour homicides et blessures involontaires. L’audience est une étape clé pour les victimes, qui demandent toujours réparation.
L’explosion a tué quatre personnes : deux pompiers de 28 et 27 ans, arrivés quelques minutes avant, alertés par une forte odeur de gaz ; une touriste espagnole de 38 ans et une femme de 28 ans qui habitait au-dessus du siège de l’explosion, due à la rupture d’une canalisation de gaz. Environ 200 personnes ont été blessées.
« J’ai cru à un attentat »
Ce samedi 12 janvier 2019 au matin, Ameroche Tahir-Kaci prenait son café devant l’hôtel où il travaillait, dans cette petite rue du quartier touristique des Grands Boulevards, quand une gigantesque déflagration a soufflé le rez-de-chaussée de l’immeuble d’en face, faisant s’écrouler toutes les façades vitrées des bâtiments voisins. « J’ai cru à un attentat. J’ai vu ma collègue plaquée au mur, la jambe coupée, il y avait du sang partout, des cris, les touristes sortaient par les vitres en sous-vêtements », raconte à l’AFP, encore ému, cet ancien technicien de maintenance de 60 ans.
« Je retrouve les mêmes symptômes de stress post-traumatique que chez les victimes d’attentats », explique Samia Maktouf, l’une des avocates des parties civiles. Linda Zaourar, 47 ans, ancienne directrice des deux hôtels adjacents de la rue, rejette la culpabilité du survivant. « J’avais senti le gaz quelques jours avant. Mais on me disait que ça ne pouvait pas être ça puisqu’à l’hôtel on a le réseau de chaleur de Paris (alimenté par de la vapeur d’eau, NDLR). J’ai compris ensuite que ça venait d’en face », rembobine Linda Zaourar, présidente de l’association des Victimes et rescapés de la rue de Trévise (Vret).
Un « long combat » pour les victimes
Elle ne cesse de repenser à ce couple de touristes espagnols qui visitait Paris pour la première fois. « Le mari, Luis Miguel, avait fait une surprise à sa femme. Ils sont arrivés la veille de Madrid, j’ai voulu leur donner une chambre sur rue. Si je leur avais donné celle sur la cour, Laura serait encore là et ses trois enfants ne seraient pas orphelins », ressasse-t-elle. Licenciée pour incapacité, Linda Zaourar n’a pas pu reprendre le travail. « C’est un jour sans fin, on est encore dans un tunnel », confie-t-elle.
Près de huit ans après l’explosion, la Ville de Paris et le syndic de l’immeuble comparaissent à partir de mardi devant le tribunal correctionnel notamment pour homicides involontaires. « L’approche du procès nous fragilise en nous replongeant dans ce drame et toutes les difficultés qu’on a encore pour se faire indemniser intégralement », confie Dominique Paris, présidente de Trévise ensemble, la seconde association de victimes.
Cette sinistrée de 75 ans, qui n’a réintégré son appartement qu’en 2025, décrit un « long combat » pour une pleine reconnaissance des préjudices.
Elle déplore qu’il ait fallu trois ans pour obtenir un accord-cadre d’indemnisation, en 2022, avec la Ville de Paris, alors dirigée par la maire socialiste Anne Hidalgo. « Pendant tout ce temps, on s’est sentis oubliés », appuie, amère, Linda Zaourar. « La mairie centrale ne nous a pas considérés. Anne Hidalgo venait aux cérémonies d’hommage, mais sans son écharpe tricolore », dénonce Dominique Paris. Du procès, elle attend qu’il « établisse enfin des responsables, et des excuses ».
« Les victimes attendent ce procès depuis si longtemps. Ce sera l’occasion de comprendre les circonstances de ce drame, pour que les préjudices matériels, psychologiques et professionnels soient pleinement reconnus », expose Me Maktouf. Mais l’avocate regrette que « seules des personnes morales soient jugées ; or derrière l’institution il y a forcément une personne physique qui a commis de graves négligences ».
Avec AFP
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