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Les factures d’électricité des résidents de la Nouvelle-Écosse vont augmenter cette année et l'an prochain, mais pas autant que le souhaiterait Nova Scotia Power.
Dans une décision rendue mercredi, la Commission de l’énergie de la Nouvelle-Écosse a approuvé les demandes du fournisseur privé d’électricité de la province, mais lui a demandé des révisions concernant les hausses de tarifs qu’il a proposés.
Le premier ministre de la province, Tim Houston, a réagi peu après, exprimant un profond désaccord avec la décision rendue par le régulateur provincial.
La Commission de l’énergie, soutient le premier ministre, vient de récompenser Nova Scotia Power pour sa mauvaise conduite.
Il déclare qu’il est temps de briser le monopole de Nova Scotia Power.
Des hausses, mais légèrement inférieures
Nova Scotia Power, une filiale d’Emera, a demandé en septembre la permission d’augmenter les tarifs d’électricité résidentiels de 3,8 %, rétroactivement le 1er janvier 2026, puis de 4,1 % le 1er janvier 2027.

Le siège social de Nova Scotia Power, filiale d'Emera, photographié le 11 mai 2023 à Halifax, en Nouvelle-Écosse. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve
L'entreprise privée devra proposer de nouveaux taux. Les consommateurs vont subir des hausses, prévient la Commission de l’énergie dans sa décision de 309 pages, mais les augmentations seront légèrement inférieures à ce que demandait l’entreprise.
La Commission est d'avis que des changements sont nécessaires pour que les tarifs finaux soient justes, raisonnables et dans l'intérêt du public.
Le régulateur admet que les hausses de tarifs sont difficiles pour beaucoup de clients de Nova Scotia Power, en particulier ceux à faible revenu ou à revenu fixe.
Toutefois, la Commission n’a pas l’autorité de déterminer des tarifs spéciaux pour ces clients et [...] son pouvoir de régulateur en vertu de la Loi sur les services publics n’est pas un instrument de politiques sociales, affirme-t-elle.
Récompensée pour sa mauvaise conduite
Dans une déclaration officielle plus tard mercredi, le premier ministre Tim Houston est tombé à bras raccourcis sur la Commission de l’énergie de la Nouvelle-Écosse.
Bien que je respecte l’indépendance de la commission, je suis fortement en désaccord avec cette décision. Elle est déconnectée dans tous ses aspects, a-t-il écrit depuis le Texas, où il participe à une conférence mondiale sur l'énergie.

Tim Houston, premier ministre de la Nouvelle-Écosse, le 20 mai 2025, à Halifax. (Photo d'archives)
Photo : CBC / Jeorge Sadi
Le premier ministre a souligné qu’au cours des audiences approfondies qui ont précédé la décision, expert après expert ont fourni au régulateur toutes les preuves pour lui faire comprendre qu’il devait exercer son autorité et rejeter la demande de Nova Scotia Power.
Cette décision ne fait que renforcer la meilleure voie à suivre : plus de choix, plus de concurrence, et moins dépendre de Nova Scotia Power.
Le premier ministre a poursuivi sa diatribe avec un appel à la fin du monopole de Nova Scotia Power dans la province.
Le gouvernement provincial travaille en ce sens, a-t-il soutenu.
Il a vanté le projet éolien Mersey River, de Renewall Energy, dans le comté de Queens, qu’il a qualifié de vrai départ pour briser le monopole de Nova Scotia Power, car jusqu’à 60 000 foyers auront le choix de l’entreprise à qui ils veulent acheter de l’énergie.
C’est aussi pourquoi son prône la relance de l’industrie du gaz naturel, dit-il.
Par ailleurs, la Commission de l’énergie a indiqué dans sa décision que la structure financière qui permet un rendement des capitaux propres de 9 % pour Nova Scotia Power devait être maintenue.
Elle affirme que c’est nécessaire pour éviter une baisse de la cote de crédit de l'entreprise privée, ce qui pourrait selon elle, engendrer des coûts supplémentaires d'au moins 25 millions $ par année pour les consommateurs.

Vivek Sood, une figure connue du monde des affaires en Nouvelle-Écosse, a été nommé président et directeur général de Nova Scotia Power en février 2026, en remplacement de Peter Gregg. (Photo d'archives)
Photo : Nova Scotia Power
Dans sa déclaration, le premier ministre Houston n’a pas manqué de rappeler que les décrets de la Commission de l’énergie surviennent alors que la confiance envers Nova Scotia Power est profondément minée par la cyberattaque dont l’entreprise a été victime il y a un an, et l’atteinte à la sécurité des données de centaines de milliers de clients.
Parce que la majorité de ses compteurs intelligents ont cessé de transmettre leurs données, l’entreprise a estimé la consommation d’électricité de ses clients. L’exercice a occasionné l’envoi de factures à des montants astronomiques, contestés par des consommateurs choqués.
Compte tenu de ces circonstances, ce n’est pas le moment d’une hausse de tarifs, martèle Tim Houston.
Même si Nova Scotia Power est incapable de reconnaître tout ceci, la Commission s’est vue présenter les preuves nécessaires pour le faire. Au lieu de cela, elle a récompensé une mauvaise conduite, dit le premier ministre.
Les Néo-Écossais ont tous les droits d’être furieux et déçus d’une commission [de l’énergie] qui avait une occasion claire de protéger les contribuables.
Dans sa décision de mercredi, la Commission de l'énergie souligne que l'incident de cybersécurité chez Nova Scotia Power fait l'objet d'un examen séparé. Une enquête a aussi été ouverte à ce sujet par le Commissaire à la protection de la vie privée du Canada.
Dans une brève déclaration publiée mercredi, avant les commentaires du premier ministre, Nova Scotia Power a affirmé qu’elle s’engageait à continuer d’améliorer la fiabilité de son réseau, tout en gardant les tarifs aussi bas que possible.


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