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Fusillade : la juge impose une peine sévère pour dénoncer la « violence armée insensée »

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L’un des quatre individus arrêtés relativement à une fusillade mortelle en 2023 à Toronto a été condamné jeudi à la perpétuité sans droit de libération conditionnelle avant 12 ans. Daniel Lara-Orellana avait plaidé coupable il y a deux mois d’une accusation de meurtre non prémédité pour la mort de Munawar Warsam. Ses coaccusés seront jugés cet automne pour meurtre ou homicide involontaire.

Daniel Lara-Orellana et ses trois présumés complices, Duan Julien, Deniell McKenzie et Matthew Phillips-Downey, avaient été arrêtés 13 jours après la fusillade. Ils étaient âgés à l’époque de 21, 23, 24 et 25 ans.

M. Lara-Orellana est le seul des quatre accusés qui aient plaidé coupables en avril devant la juge Jane Kelly de la Cour supérieure de l’Ontario. Il a admis qu’il avait eu l’intention ce soir-là de tuer la victime.

Rappel des événements

Selon le plaidoyer de culpabilité du meurtrier, ce dernier et ses trois amis étaient arrivés à bord d’une Honda Civic dans le quartier Dovercourt Village, vers 22 h 15, le soir du 14 avril 2023.

Les quatre hommes connaissaient Munawar Warsam, qui circulait sur un scooter tout près de là sur la rue Bloor.

En voyant le groupe, Munawar Warsam leur a fait signe de s’arrêter et de le rejoindre sur le coin des rues Bloor et Concord.

Munawar Warsam et Duan Julien ont eu une altercation dans la rue avant d’en venir aux mains dans une ruelle adjacente. Daniel Lara-Orellana n’avait pas pris part à la bagarre.

Une scène de crime avec un véhicule de police.

La ruelle dans laquelle Munawar Warsam a été tué à la suite d’une altercation verbale, puis d’une bagarre, avec un groupe de quatre individus. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Mehrdad Nazarahari/CBC

Devant le groupe qui s’avançait vers lui, Munawar Warsam a ramassé une lampe solaire de jardin afin de se servir du piquet pour se défendre.

C’est à ce moment que Daniel Lara-Orellana a sorti une arme de sa poche et qu’il a ouvert le feu à sept reprises sur la victime de 24 ans.

Une touriste avait filmé de son appartement la scène avec son cellulaire et la vidéo avait montré que le meurtrier avait continué à tirer sur le jeune homme alors qu’il gisait, blessé, sur la chaussée.

L’arme à feu n’a jamais été retrouvée et la nature de l’altercation initiale demeure inconnue.

L’autopsie avait indiqué que Munawar Warsam avait succombé à des blessures mortelles à la tête et au thorax.

Des facteurs aggravants

Dans sa sentence, la magistrate explique que les principes de dénonciation et de dissuasion sont primordiaux dans cette cause et l’emportent sur le principe de réinsertion de l’individu dans la société.

Elle a retenu des facteurs aggravants, comme la fusillade dans un espace public, l’attaque groupée, le délit de fuite, la non-assistance à une personne en danger et l’impact que la mort de la victime a eu sur sa famille.

La violence armée à Toronto doit être prise en considération dans le calcul de la peine qui doit être supérieure au minimum obligatoire requis de 10 ans d’emprisonnement, explique la juge.

La nature et les circonstances de l’infraction justifient une augmentation de l’inadmissibilité à la libération conditionnelle ; il s’agissait d’un acte de violence armée insensé commis dans un lieu public avec de multiples coups de feu tirés, poursuit-elle.

La Couronne avait exigé la prison à vie sans droit de libération conditionnelle avant 13 à 14 ans et la défense, 11 ans de prison ferme.

La juge a lu des passages des déclarations de la famille Warsam lors de l’audience sur la détermination de la peine.

La mère de la victime y avait mentionné le lien indestructible entre elle et son fils et son père, la fierté d’avoir un fils comme le sien après des années de séparation. Le frère du meurtrier y parlait de son frère comme d’un modèle de référence.

Les amis de Munawar Warsam l’avaient décrit comme un homme au rire contagieux, dynamique, compréhensif, patient et rempli d’espoir.

Des facteurs atténuants

La juge a aussi pris en compte des facteurs atténuants, comme le plaidoyer de culpabilité, l’absence de casier judiciaire, le jeune âge du meurtrier, ses remords, le soutien de sa famille, ses antécédents professionnels et son bon comportement en détention.

M. Lara-Orellana a fait preuve de maturité en endossant la responsabilité de ses actes, dit-elle en soulignant qu’elle avait aussi retenu les conditions difficiles d’incarcération du meurtrier durant sa détention préventive.

M. Lara-Orellana a passé trois ans, un mois et 12 jours en prison en attendant d’être condamné. De ce nombre, il a passé 306 jours confinés dans sa cellule durant différentes périodes de verrouillage de la prison et 159 jours dans une cellule à trois lits.

Une femme se ravitaille en eau à un puits en Somalie.

La famille de Munawar Warsam avait amassé des fonds à sa mort pour construire un puits en Somalie en son nom. (Photo d’archives)

Photo : GoFundMe

Il a présenté ses excuses à la famille de la victime et il a dit qu’il devra vivre avec ses choix jusqu’à la fin de ses jours, poursuit la juge. M. Lara-Orellana a déçu sa famille, ses pairs et sa communauté, conclut-elle.

Avant d’ajourner l’audience, la juge s’est adressée aux membres de la famille de la victime. Sa contribution à la société ne sera pas oubliée, déclare-t-elle.

La famille de Munawar Warsam avait amassé des fonds à sa mort pour construire un puits en Somalie en son nom afin de laisser une empreinte positive sur le monde, comme on peut le lire sur un site GoFundMe.

Au départ de la juge, des membres de la famille du meurtrier, comme son père, sa mère, son beau-père et sa petite amie, sont allés, à tour de rôle, l’étreindre et l’embrasser à l’extérieur du box des accusés.

Avant d’être menotté et emmené par des policiers, l’individu de 28 ans d’origine colombienne a fait un cœur avec ses mains en direction de ses amis restés dans le prétoire.

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