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Plusieurs chefs de Premières Nations du Traité n° 8 demandent l’annulation du référendum sur la séparation de l’Alberta, prévu en octobre. Ils disent vouloir faire valoir leurs droits constitutionnels, reconnus dans l’article 35 par tous les moyens.
Dans une lettre ouverte à Danielle Smith, le grand chef Trevor Mercredi dénonce le fait que le gouvernement albertain n’a pas respecté son devoir de consulter les Premières Nations en annonçant la tenue d’un référendum dont l’issue pourrait porter atteinte aux droits issus des traités.
L'obligation de consultation n'est pas un simple inconvénient administratif, écrit-il.
Une mobilisation sur tous les fronts
Ce jeudi, les chefs Trevor Mercredi, Allan Adam, Billy Joe Laboucan et Sheldon Sunshine ont réaffirmé leur opposition au référendum.
Après une première action en justice contre la pétition référendaire, ils disent vouloir utiliser tous les moyens légaux pour protéger leurs droits et stopper ce projet.
La raison pour laquelle l’obligation de consultation est évoquée, c’est parce qu’il y a une atteinte potentielle ou réelle aux droits ancestraux et issus de traités, aux droits garantis par l’article 35 de [la Loi constitutionnelle de 1982]. Nous n’aurions pas à avoir cette discussion s’il n’y avait aucune atteinte aux droits, estime Matthew Wildcat, directeur de la gouvernance autochtone à l’Université de l’Alberta et membre de la Nation crie d’Ermineskin.
Pourtant, la première ministre Danielle Smith soutient que cette question référendaire n’entraîne aucune obligation de consultation des Premières Nations à ce stade, notamment car le référendum n’est pas contraignant.
Je pense que c’est une zone grise où on ne sait pas vraiment ce qui déclenchera l’obligation, et ce n’est pas seulement un juge qui nous le dira, ajoute Matthew Wildcat.
En plus de la bataille juridique, les chefs annoncent une potentielle mobilisation civile.
Nous envisageons toutes les voies de contestations, ce qui signifie bloquer des industries, manifester sur les autoroutes, et tout ce qui peut être fait pour nous permettre d’être entendus, a déclaré Trevor Mercredi.
Concernant le vote à venir, les chefs appellent tous les membres de Premières Nations à voter pour l’option 1, à savoir que l’Alberta reste au sein du Canada.
Nous nous assurerons que nos Nations sont prêtes à voter et disposent des pièces d’identité nécessaires pour le faire, car certaines règles ont changé en Alberta, a indiqué Trevor Mercredi.
Toutefois, ils ne prévoient pas d’actions communes avec d’autres groupes fédéralistes pour la campagne.
Une rupture définitive avec le gouvernement
Les chefs ont affirmé que la confiance avec le gouvernement conservateur était ruinée, et qu’il n’y avait plus de réconciliation possible. Aux yeux du chef Adam, la première ministre Danielle Smith a perdu toute crédibilité.
Elle nage en eaux troubles et n'a nulle part où aller. [...] En ce moment, elle n’a pas le contrôle. Elle est contrôlée par un groupe minoritaire. Et nous, les Albertains, en payons le prix. Donc, si j’étais le grand public, je crierais de plus en plus fort : "Ce gouvernement doit se retirer et démissionner".
Les chefs ont répété à plusieurs reprises que cet enjeu n’était pas seulement un enjeu albertain, mais qu'il s'étendait au-delà des frontières de la province et que cela venait notamment d’une méconnaissance des traités.
Si nous parvenions à dispenser cette éducation dès la maternelle jusqu’à la douzième année, nous aurions une meilleure compréhension de l’importance des traités, et de la façon dont ils constituent un véritable pilier de la société canadienne et albertaine, a conclu le chef Billy Joe Laboucan.


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