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Nourrir l’empathie et les amitiés autour d’un repas, l’invitation d’une synagogue

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

Des conversations en partageant de la nourriture. C’est une idée simple et éprouvée pour réunir autour d’une table des personnes aux horizons différents, menant souvent des vies parallèles sans se croiser, parce qu’ils sont d’origines ou de confessions différentes.

Depuis plus d’un an, la synagogue Shaar Shalom, à Halifax en Nouvelle-Écosse, invite régulièrement des membres d'autres communautés à partager un repas, ce qui permet de discuter d'enjeux communs et de créer des amitiés.

J'ai remarqué que l'extrémisme augmente dans notre société. Une des façons de contrer cette tendance, c'est de créer l'empathie en tissant des liens, déclare Schuyler Smith, le directeur de l'initiative Breaking Challah, Building Bridges à la synagogue.

Ce programme permet à des personnes, qui normalement ne se fréquentent pas, de se parler, résume-t-il.

Jusqu’à récemment, la promotion de ces rencontres s’était faite surtout par bouche-à-oreille, afin d’éviter d’attirer l’attention de personnes mal intentionnées.

Les mots Breaking Challah en orange et Building Bridges en blanc, tissés sur un tissu noir.

«Breaking Challah, Building Bridges» est un programme communautaire à la synagogue Shaar Shalom, à Halifax. Le challah (aussi épelé tchallah) est un pain faisant partie de la tradition culinaire juive.

Photo : CBC

De nombreux incidents antisémites ont été suspectés et rapportés au Canada et ailleurs.

C'est trop, et trop souvent. Nous venons de voir [les attentats à] la plage Bondi, Manchester, New York, Toronto et Montréal, a déploré Schuyler Smith, lors d’une entrevue la semaine dernière.

Au Canada, il existe une possibilité réaliste d’une attaque extrémiste visant la communauté juive du pays, prévenait le Centre intégré d’évaluation des menaces (CIEM), le 15 décembre.

[N[ous ne pouvons exclure la possibilité qu’un individu isolé ou un petit groupe utilise des armes facilement accessibles et se mobilise pour commettre des actes de violence avec peu ou pas de renseignements préalables, écrivait alors l’organisation fédérale (nouvelle fenêtre).

Les communautés juives du Canada ont constaté une recrudescence de la violence et de la haine antisémite.

À Montréal, un objet incendiaire a été lancé sur une synagogue de Dollard-des-Ormeaux en décembre 2024. Un suspect a été accusé d'incendie criminel (nouvelle fenêtre).

Quelques mois plus tôt, c'était une synagogue de Vancouver qui avait été prise pour cible.

À Ottawa, une femme juive de 71 ans a été poignardée dans le rayon casher d’une épicerie Loblaws.

À Toronto, où le nombre de signalements d'incidents ciblant les juifs est passé de 65 en 2022 à 177 en 2024 (nouvelle fenêtre), des coups de feu ont été tirés en trois occasions distinctes sur une école primaire juive pour filles de North York en 2024.

Un homme avec un petit micro épinglé au col de sa chemise est debout devant une bibliothèque remplie de livres.

Schuyler Smith est le directeur du programme communautaire «Breaking Challah, Building Bridges», à Halifax.

Photo : CBC

Dans un rapport en mai 2024 et obtenu par l’entremise d’une demande d’accès à l’information, le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) notait que des individus ou des groupes motivés par ce que l’agence appelle l’extrémisme violent à caractère idéologique exploitent la rhétorique antisémite et les événements mondiaux, comme ceux impliquant Israël et le Hamas, pour recruter des adhérents (nouvelle fenêtre).

Plus tôt cette année, un suspect a peint des graffiti diffamatoires sur deux synagogues de la rue Oxford, à Halifax, dont Shaar Shalom.

April Howe, fondatrice de Crayon Strategies, une firme de consultants en culture d’entreprise, estime que les rencontres ponctuelles à la synagogue entre individus de divers horizons ouvrent la porte à une meilleure compréhension entre différentes perspectives et styles de vie.

Profil gauche d'une femme souriante portant des lunettes en œil de chat

April Howe est la fondatrice de Crayon Strategies.

Photo : CBC

Elle avance des correspondances entre la longue histoire d’exodes et d’expulsion des juifs, d’une part, et le déplacement forcé de certaines communautés noires — comme celle d’Africville, à Halifax.

Bien que je ne parle pas au nom de la communauté noire, je sais très bien que plusieurs d'entre nous essaient de s'allier avec d'autres personnes qui cherchent l'équité, qui veulent être visibles et reconnues dans la société, a dit April Howe en entrevue.

Elle était une des invitées à un des repas à Shaar Shalom. C’est une occasion à saisir pour discuter ensemble des façons d'être partenaires pour aider les gens à se comprendre, a-t-elle souligné.

D’après les reportages de Josh Hoffman (CBC) et de Paul Légère, et avec des renseignements de La Presse Canadienne

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