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ENTRETIEN - Investisseur et philanthrope, Nicolas Berggruen a fondé l’Institut Berggruen, cercle de réflexion installé à Los Angeles, Venise et Pékin. À l’occasion de la remise de son prix annuel au philosophe Michael Sandel, il analyse les rapports contrariés entre les États-Unis et une Europe qui a, selon lui, renoncé à innover et à écrire le futur.
Passer la publicitéLE FIGARO. - L’IA est apparue en Californie, où est basé votre institut. Cela a-t-il un impact sur votre façon de penser ? Voit-on le monde de la même manière depuis New York, Washington ou Los Angeles ?
NICOLAS BERGGRUEN. - J’ai eu la chance d’habiter pendant longtemps à New York. Maintenant, j’habite à Los Angeles. Il y a une différence énorme entre les deux. La côte Ouest est beaucoup plus innovatrice, optimiste, prête à prendre des risques et encline à construire du nouveau. Pendant les trente dernières années, toutes les entreprises qui ont changé nos façons de vivre ont été créées sur la côte Ouest - Amazon, Google, mais aussi, Uber, Airbnb, et naturellement Anthropic, OpenAI, Perplexity. Et rien sur la côte Est, à New York, Boston, Miami. La côte Ouest américaine est beaucoup plus créative, beaucoup plus prête à s’intéresser au futur, mais aussi à créer le futur. Et en Europe, outre DeepMind, qui a été créé à Londres mais absorbé par Google, les seules exceptions sont en…


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