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Mort d'Edouard Balladur : il vivait depuis plus de 50 ans dans cet appartement du 16e arrondissement

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L'ancien Premier ministre, mort à 97 ans, vivait depuis les années 1970 boulevard Delessert, dans le 16e arrondissement. Une adresse restée très politique.

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Edouard Balladur a vécu de nombreuses années dans cet immeuble du 16e arrondissement

Edouard Balladur a vécu de nombreuses années dans cet immeuble du 16e arrondissement (©Google Street View)

Par Thomas Martin Publié le 31 août 2026 à 21h29

Il y avait ses habitudes et recevait encore les responsables politiques venus prendre conseil. Pendant plus d’un demi-siècle, Édouard Balladur aura vécu au même endroit, boulevard Delessert, dans le 16e arrondissement de Paris, à quelques pas du Trocadéro. L’ancien Premier ministre est mort lundi 31 août 2026 à Paris, à l’âge de 97 ans, a annoncé sa famille à l’AFP. Une disparition qui referme également l’histoire d’une adresse parisienne intimement liée à son parcours. Car derrière la porte de cet appartement acheté dans les années 1970 ont défilé ministres, candidats à l’Élysée, grands patrons et journalistes. Et jusque dans sa décoration, les lieux semblaient avoir traversé les décennies sans véritablement changer.

Un appartement acheté 800 000 francs en 1972

On connaît même précisément les conditions dans lesquelles Édouard Balladur est devenu propriétaire des lieux. Elles avaient été dévoilées plus de vingt ans après l’achat, en pleine campagne pour l’élection présidentielle de 1995.

Le 12 mars de cette année-là, Le Monde rapporte les éléments communiqués par l’équipe du candidat sur son patrimoine. L’appartement du boulevard Delessert avait été acquis par les époux Balladur le 28 novembre 1972 pour 800 000 francs.

L’achat avait été financé grâce à un prêt de 300 000 francs et à un apport personnel de 500 000 francs. Cet apport provenait « pour l’essentiel », précisait alors le communiqué de l’équipe de campagne cité par Le Monde, de la vente d’un précédent appartement parisien.

Celui-ci se trouvait déjà dans le 16e arrondissement, rue de Civry. Le couple l’avait acheté en 1960 pour 120 000 francs, dont 60 000 francs financés par emprunt, avant de le revendre en 1972.

Il ne quittera plus cette adresse parisienne.

Le temps en partie arrêté

L’appartement se trouve au quatrième étage d’un immeuble en pierre de taille construit en 1915 au 19 bis boulevard Delessert, à proximité immédiate du Trocadéro. 

À l’intérieur, le temps semble s’être en partie arrêté. Dans un récit publié à la mort de l’ancien Premier ministre, Paris Match décrit une décoration profondément marquée par les années 1970 : velours rouge, tentures, moulures, meubles imposants, moquettes et tapis colorés. Un intérieur qu’Édouard Balladur et son épouse n’avaient manifestement jamais éprouvé le besoin de moderniser.

Certains meubles étaient eux-mêmes chargés d’histoire.

Édouard Balladur racontait ainsi au journaliste de Paris Match que le médecin personnel de Georges Pompidou, Jean Vignalou, s’était assis dans l’un des fauteuils du salon à la fin de l’année 1973.

À l’époque, Balladur était secrétaire général de l’Élysée. Selon son récit, le médecin était venu lui annoncer que l’état de santé du président de la République était condamné. Georges Pompidou mourra quelques mois plus tard, le 2 avril 1974.

Plus de cinquante ans après cette conversation, le fauteuil se trouvait toujours dans l’appartement.

Un rituel lors de ses rendez-vous

Au fil des années, l’appartement devient indissociable de l’ancien Premier ministre. En 2018, Le Parisien décrivait encore Édouard Balladur recevant ses visiteurs chez lui, au quatrième étage d’un immeuble en pierre de taille du boulevard Delessert.

À 88 ans, celui qui avait quitté depuis longtemps le devant de la scène politique continuait en effet d’être sollicité par une nouvelle génération de responsables.

Virginie Calmels, Éric Ciotti, Geoffroy Didier ou encore Guillaume Peltier avaient leurs entrées. Gérald Darmanin, alors ministre de l’Action et des Comptes publics, venait lui aussi le consulter de temps à autre.

Les rendez-vous obéissaient même à un petit rituel raconté par des habitués. Après avoir été accueillis à l’entrée, les visiteurs étaient conduits dans le salon et invités à s’installer à côté de l’ancien Premier ministre.

Et l’heure du rendez-vous avait son importance : café en fin de matinée, petit porto en fin d’après-midi.

Laurent Wauquiez venait y prendre conseil

Parmi les visiteurs réguliers figurait également Laurent Wauquiez. Leur première rencontre remontait à 2004, lorsque ce dernier était encore un jeune député.

Des années plus tard, les deux hommes continuaient à se retrouver deux ou trois fois par an boulevard Delessert, selon Le Parisien. Des tête-à-tête d’une heure au maximum, sans témoin, au cours desquels le responsable de droite venait notamment solliciter l’analyse de son aîné.

Édouard Balladur récusait toutefois l’image du conseiller politique travaillant dans l’ombre. « Je ne suis l’inspirateur de personne », assurait-il au quotidien en 2018.

Son appartement était pourtant devenu l’un des endroits où se perpétuait son influence, bien après son retrait de la vie électorale.

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