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Le président américain semble avoir bien du mal à se sortir du bourbier iranien. Il faut dire qu'il n'y met pas vraiment du sien. En soufflant le chaud et le froid, le locataire de la Maison-Blanche jette de l'huile sur un feu que son entourage voudrait plutôt éteindre. Alors que les midterms approchent, les Républicains savent que ce conflit peut leur coûter cher. Non seulement parce que les promesses faites par Donald Trump au moment de lancer les hostilités n'ont pas (encore ?) été tenues, mais également parce que l'impact sur la population américaine n'est pas négligeable (principalement au niveau économique).
Après les déclarations du secrétaire au Trésor Scott Bessent concernant de nouvelles sanctions visant Téhéran, les États-Unis espéraient voir la situation sur le terrain se calmer. L'objectif du Républicain étant justement de toucher durement l'Iran sur le plan économique pour faire plier le pays en évitant une escalade militaire. Mais le président américain en a décidé autrement. Il a lancé ce week-end la première attaque d'ampleur visant la région depuis fin juillet. Qu'il a accompagnée, qui plus est, d'une énième menace vis-à-vis de Téhéran prenant la forme d'une vidéo créée par l'IA dans laquelle l'île de Kharg, important bastion énergétique iranien, était réduite "en miettes".
Il n'en a pas fallu plus pour mettre le feu aux poudres dans le camp républicain. En coulisses, nombreux sont ceux qui sont lassés par ces revirements stratégiques perpétuels. Interrogés par Politico, certains d'entre eux n'ont pas mâché leurs mots vis-à-vis du chef d'État : "Cette opération a été lancée sans plan, exécutée sans plan, et largement dictée par les contingences politiques du moment. C'est pourquoi on assiste à cette situation absurde : on y va, on s'en va, on revient, on s'en va, on bombarde, on ne bombarde pas. Négocier par tweets… Eisenhower se retournerait dans sa tombe", a fustigé un ancien haut responsable de l'administration de George W. Bush.
Les investissements interpellants de Donald Trump depuis sa guerre en Iran"Ils sont frustrés"
Le plus inquiétant pour le locataire de la Maison-Blanche est que ce malaise dans les rangs républicains ne concerne pas que les élus qui veulent mettre un terme au conflit. Ceux qui souhaitent que l'Iran soit mise hors d'état de nuire voient d'un tout aussi mauvais œil les manœuvres du président américain. "Ces gens-là sont frustrés", a rapporté à Politico un ancien responsable de la campagne de Donald Trump, résumant simplement : "Il ne satisfait personne." Un stratège républicain a abondé dans ce sens, toujours sous couvert d'anonymat : "Les deux camps sont tout aussi furieux, ça montre que ça ne se passe pas bien", a-t-il décrété.
"Le président est frustré" : irrité, Donald Trump s'emporte contre ses conseillersLe parti républicain transformé en "clan mafieux"
Une question se pose à présent : comment va réagir Donald Trump face à ce mécontentement grandissant ? À vrai dire, faudrait-il encore qu'il soit mis au courant. En effet, le locataire de la Maison-Blanche s'est entouré de personnes complètement dévouées à sa cause, qui s'arrangent pour que le président ne soit au fait que de ce qu'il peut tolérer. "Trump vit dans une sorte de monde parallèle, entretenu par des conseillers qui sont, objectivement, des laquais serviles, qui ne veulent pas le contredire. On sert le chef aveuglément. On doit faire preuve d'une loyauté absolue et dire les choses qui vont dans son sens", a analysé Simon Desplanque, professeur invité à l'UCLouvain, chercheur associé au Centre d'étude des crises et des conflits internationaux (Cecri), dans La Libre.
D'autant que comme l'a rappelé l'expert dans notre interview, le Parti républicain a été complètement "phagocyté par les Trumpistes", laissant peu de chances à un réel mouvement de révolte. "Trump a transformé fondamentalement le fonctionnement du Parti républicain en une sorte de clan mafieux. Si vous vous opposez frontalement au chef, vous prenez des risques pour votre carrière politique, voire des risques personnels, parce que le président peut très bien vous livrer en pâture à sa base sur Truth Social, et donc à la vindicte populaire, ce qui peut potentiellement mener à des débordements violents", a-t-il conclu.
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