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Jeudi 3 septembre 2026, un imposant dispositif policier a été déployé au Champ de Mars à Perpignan. Le quartier est connu pour être gangrené par le trafic de drogue.
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Par Thibaut Calatayud Publié le 3 sept. 2026 à 22h13 ; mis à jour le 3 sept. 2026 à 22h21
« Il faut revenir dans une heure, moi je vous le dis ! », s’exclame un jeune homme. Vêtu de son maillot rose du Paris Saint-Germain, il ne passe pas inaperçu sur le parking de La Poste du Champ de Mars. Devant lui, un ballet de véhicules de polices municipale et nationale passe. À quelques mètres, devant les grilles du lycée Jean Lurçat, des camionnettes appartenant à la compagnie républicaine de sécurité 18 (la CRS 18, basée à Poitiers) viennent de se garer. Des dizaines d’agents en sortent à toute vitesse et font irruption en plein cœur de ce quartier, connu pour abriter l’un des principaux points de deal de Perpignan. « Les choses progressent. Le trafic commence à être affaibli », se réjouit le préfet Pierre Regnault de la Mothe. Le représentant de l’État dans les Pyrénées-Orientales souhaite venir à bout de cette zone de trafics d’ici sept mois.
Le préfet veut fermer le point de deal d’ici avril
Ce n’est pas la première fois qu’une telle opération se produit au Champ de Mars. En novembre 2025, 74 policiers nationaux dont 48 CRS avaient fait irruption pour « harceler » les dealers du quartier. Plusieurs interventions similaires se sont poursuivies dans les mois qui ont suivi.
Le 22 avril, le procureur Jérôme Bourrier avait lancé le groupe local de traitement de la délinquance (GLTD) pour le quartier du Champ de Mars. « Ce dispositif traduit une mobilisation conjointe de l’autorité judiciaire et de l’autorité administrative, pleinement engagées contre le narcotrafic, en agissant de manière complémentaire sur les volets pénal et administratif », avait alors expliqué le préfet des Pyrénées-Orientales. Lors de cette réunion, les autorités s’étaient fixé l’objectif de parvenir à la fermeture du point de deal d’ici le 15 avril 2027.
Ce jeudi 3 septembre, le préfet était de nouveau présent sur ce point de deal qu’il juge problématique à bien des égards. « Je le trouve choquant. Il est incrusté dans un environnement résidentiel, près d’un lycée (Jean Lurçat, ndlr) et de la caserne de gendarmerie. Il nous reste sept mois pour tenir cet objectif (de parvenir à le fermer, ndlr) », a-t-il expliqué.
De nouvelles caméras seront installées
D’après Pierre Regnault de la Mothe, la présence et l’action des forces de l’ordre commencent à montrer des résultats dans ce quartier. « On utilise tous les leviers possibles pour être efficace », assure le préfet.
Ici, cinq caméras de vidéosurveillance perturbent le travail des dealers. Bientôt, quatre autres viendront s’ajouter grâce à une subvention de 18 000 euros accordée par la préfecture à la Ville de Perpignan.
Pour « insécuriser » toujours un peu plus les trafics, Pierre Regnault de la Mothe rappelle qu’un important chantier de rénovation est en cours au Champ de Mars. Les opérations menées par les ouvriers et la mise en place de futures barrières devraient gêner le « travail » des trafiquants.
40 kilos de drogue saisis depuis avril
Laurent Astruc, le directeur interdépartemental de la police nationale des Pyrénées-Orientales, assure que la présence policière est quotidienne dans ce quartier : « On n’interpelle pas tous les jours des dealers, mais ce sont des coups qui sont donnés au trafic. »
Ce jeudi, les agents ont rapidement mis la main sur un sac plastique contenant 300 grammes d’herbe et de résine de cannabis. Pas la saisie du siècle, mais une perte sèche pour le vendeur. « Ça va lui manquer… », sourit le patron des policiers nationaux de Perpignan.
Depuis le mois d’avril et le lancement du GLTD, les policiers nationaux et municipaux – ils travaillent de manière conjointe – ont déjà mis la main sur 40 kilos de stupéfiants. « Le Champ de Mars est important. Mais ce n’est pas le seul endroit. On a suivi Clodion, qui était un endroit fort actif, on a encore Saint-Mathieu, Saint-Jacques… », rappelle Laurent Astruc.
Toujours depuis le mois d’avril, 47 personnes qui participaient, de près ou de loin, aux trafics au Champ de Mars, à Saint-Mathieu et Saint-Jacques ont été interpellées. La police a également sanctionné de nombreux consommateurs.
Les consommateurs dans le viseur des autorités
Depuis le 1er janvier 2026, 537 acheteurs ont été sanctionnés d’une amende forfaitaire délictuelle (AFD). Avec la promulgation de la loi RIPOST (Réponses Immédiates aux Phénomènes troublant l’Ordre public, la Sécurité et la Tranquillité de nos concitoyens), le 18 août dernier, le montant de cette amende est passé de 200 à 500 euros.
« C’est beaucoup plus dissuasif. Avec la nouvelle loi, l’amende sera inscrite au bulletin n°2 du casier judiciaire. Certains employeurs pourront le consulter, explique Pierre Regnault de la Mothe. Je trouve que c’est légitime que l’administration refuse de recruter un candidat au motif qu’il consomme des stupéfiants. »
Pour Pierre Parrat, l’adjoint de Louis Aliot délégué à la sécurité publique, la loi RIPOST n’est pas encore suffisante. « Il faudrait qu’à Paris, nos élites, se rendent compte que des évolutions législatives comme RIPOST ne suffisent pas », a-t-il estimé, en s’adressant au préfet.
L’élu appelle à sanctionner encore plus durement les consommateurs. Il milite, entre autres, pour la confiscation de la voiture des acheteurs. « Plus on sera sévère, moins on aura de trafics », martèle-t-il.
« Ne pas faire renaître un trafic ailleurs »
S’il reconnaît que le travail pour faire fermer le point de deal du Champ de Mars est difficile, Pierre Regnault de la Mothe se dit « confiant » pour réussir à mettre fin aux trafics dans le quartier. Le représentant de l’État n’en reste pas moins prudent.
On voit les effets de notre travail. Ça nécessite de bien ajuster notre dispositif. Il ne faut pas qu’en tapant très fort ici, ça fasse renaître un trafic ailleurs, par exemple en centre-ville.
Pour cette raison, les policiers de la CRS 18 écumeront les rues du centre-ville, ce jeudi soir.
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