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Moins de patrouilles à Ekuanitshit : est-ce que la communauté est à risque?

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Il y a près d’un mois, la Sûreté du Québec s'entendait avec les élus d’Ekuanitshit pour limiter ses patrouilles sur le territoire de la communauté innue. Malgré les craintes de Québec que la communauté devienne un « bar ouvert » au trafic de drogues, le chef d’Ekuanitshit préfère que la SQ soit discrète.

Depuis mars, un membre désigné de la communauté autorise la Sûreté du Québec à pénétrer sur le territoire d’Ekuanitshit dans des situations précises, explique le chef Jean-Charles Piétacho.

C’est le terrain d’entente trouvé entre la Sûreté du Québec et la communauté innue depuis l’intervention controversée d’agents de la paix et de la faune en février dernier. Une démarche qui fonctionne bien, estime le chef.

Une affiche annonce l'entrée d'un village.

La communauté d'Ekuanitshit est desservie par la Sûreté du Québec de Havre-Saint-Pierre.

Photo : Radio-Canada / Alban Normandin

En cas d’appel d’urgence, les patrouilleurs de la Sûreté du Québec ne sont pas limités dans leurs déplacements.

Quant aux patrouilles de la SQ, elles sont limitées aux frontières de la communauté. En leur absence, le groupe de sécurité privée Sécurité innue patrouille la communauté tous les jours, selon son directeur, Maurice Tassé.

Le risque d’une hausse de la criminalité

Questionné sur les risques pour la sécurité publique d'une présence policière réduite, le chef Jean-Charles Piétacho estime que la Sûreté du Québec n'a pas été une présence sécurisante pour la communauté dans les dernières années.

Le corps de police, basé à Havre-Saint-Pierre, 37 km à l’est d’Ekuanitshit, n’est pas un service de proximité, selon lui. Il peut y avoir deux bagarres et c’est terminé avant que les policiers arrivent, dénonce-t-il.

Jean-Charles Piétacho témoigne sur les lieux d'une nuit mouvementée à Ekuanitshit.

Cela fait plusieurs années que le chef Piétacho demande la mise sur pied d'un service police autochtone à Ekuanitshit. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Lucas Sanniti

Moi, personnellement, est-ce que [la Sûreté du Québec] m'amène un sentiment de sécurité? La réponse c'est non.

Bien que la Sûreté du Québec travaille à combattre le trafic de drogue qui sévit dans la communauté, le lien de confiance entre le corps de police allochtone et les Innus est rompu, selon Jean-Charles Piétacho.

La communauté doit avoir un corps de police autochtone en qui elle peut faire confiance et qui n’est pas associé à ceux ou celle qui emprisonnent, ajoute-t-il.

Un bar ouvert aux trafiquants de drogues

Le ministre de la Sécurité publique et des Relations avec les Premières Nations et les Inuits, Ian Lafrenière, a exprimé des préoccupations en réponse à la demande d’Ekuanisthit de diminuer la présence policière dans la communauté.

J’avais levé la main en disant que moi, je voyais un danger, qu’on envoie le message de bar ouvert aux individus sans scrupules qui veulent aller vendre des stupéfiants sur la communauté, rappelle le ministre, joint au téléphone.

Ian Lafrenière parle aux journalistes.

Le ministre Ian Lafrenière s'est dit inquiet d'une recrudescence de la criminalité dans la communauté, en raison d'une diminution du nombre de patrouilles de la SQ. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Il souligne également que le chef Piétacho était à l’écoute de ces préoccupations. Le ministre souhaite aussi collaborer avec la communauté, notamment pour déployer des policiers de la communauté de Uashat mak Mani-utenam à Ekuanitshit.

Ian Lafrenière salue l’approche de la communauté dans sa lutte contre le trafic de drogues, qui consiste à bannir des individus soupçonnés de vendre des stupéfiants.

C’est dur, mais quelque part, il faut prendre de grands remèdes parce que le trafic de drogues a des impacts majeurs, conclut-il.

Le déploiement des effectifs sur le terrain est toujours à la discrétion de la SQ, rappelle le minsitère de la Sécurité publique.

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