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Le président paraguayen, Santiago Peña, a vivement critiqué le manque de « justice » dans l’accès au marché européen. Les chefs d’Etat présents ont exprimé leur solidarité avec le Venezuela, endeuillé par un double séisme le 24 juin.
Les dirigeants d’Amérique du Sud présents au 68ᵉ sommet du Mercosur, au siège de la Conmebol, à Luque (Paraguay), le 30 juin 2026. Le 68e sommet des chefs d’Etat du Mercosur s’est ouvert, mardi 30 juin, dans la banlieue d’Asuncion, au Paraguay, par de sévères critiques du président paraguayen, Santiago Peña, envers les « asymétries » induites selon lui au sein de l’organisation par l’accord avec l’Union européenne (UE).
« A quoi bon négocier avec l’Europe si l’accès à de nouveaux marchés ne sert pas à développer ceux qui ne le sont pas encore ? », a déclaré M. Peña, en référence à la répartition entre les pays du Mercosur des exportations vers l’UE. « Le terrain n’est pas égal pour tout le monde, nous n’avons ni le même marché, ni les mêmes industries, ni la même logistique », a-t-il ajouté à l’ouverture du sommet.
M. Peña a exigé des « résultats concrets » pour corriger ce qu’il considère comme des déséquilibres « au goût amer » dans l’accord signé en janvier avec l’UE qui doit être encore ratifié. L’UE offre des contingents d’importation assortis d’avantages douaniers que le Mercosur se répartit entre membres.
M. Peña a estimé que « c’est une question de justice ». « Un Mercosur sans justice, c’est tout sauf un bloc fraternel », s’est-il plaint. « Voulons-nous un Mercosur où le plus fort piétine le plus faible ? », a lancé M. Peña à l’adresse de ses homologues. « Si le Mercosur veut être crédible à l’extérieur, il doit d’abord être juste à l’intérieur », a renchéri M. Peña, premier dirigeant du bloc à s’exprimer.
Minute de silence
Sont présents au sommet les présidents des pays membres, Luiz Inacio Lula da Silva (Brésil), Rodrigo Paz (Bolivie) et Yamandu Orsi (Uruguay), ainsi que ceux des pays associés, José Antonio Kast (Chili) et Daniel Noboa (Equateur). L’Argentin Javier Milei a annulé sa venue en pleine tourmente politique dans son pays, provoquée par la démission de son désormais ex-chef de cabinet des ministres, pris dans un scandale d’enrichissement illicite présumé.
Prenant la parole, le président brésilien Lula a invité les dirigeants présents à observer une minute de silence en « solidarité » avec le Venezuela, où le double séisme du 24 juin a fait au moins 1 900 morts. « Je veux commencer en exprimant ma solidarité au peuple et au gouvernement du Venezuela face aux pertes incalculables, humaines et matérielles, causées par les séismes de la semaine dernière », a-t-il dit. « Des tragédies comme celle-ci nous invitent à réfléchir à l’importance de la solidarité et de la coopération régionale », a-t-il poursuivi, avant que le silence ne gagne la salle de réunion.
Le président de l’Uruguay, Yamandu Orsi, a annoncé que « les autorités de gestion des risques des pays du Mercosur se sont réunies pour coordonner des actions conjointes » pour venir en aide au Venezuela, sans fournir de détails concrets.
Le Monde avec AFP


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