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A l’approche des élections législatives suédoises, prévues le 13 septembre, cette spécialiste de la social-démocratie analyse, dans un entretien au « Monde », les évolutions sociétales qui ont marqué la Suède depuis les années 1990.
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Professeure d’histoire des idées et des sciences à l’université d’Uppsala, en Suède, Jenny Andersson est responsable depuis 2020 du programme intitulé « Le néolibéralisme dans les pays nordiques », qui réunit des chercheurs de huit universités de la région. Docteure en histoire économique, elle est directrice de recherche CNRS et affiliée au Centre d’études européennes de Sciences Po, à Paris.
A quelques jours des élections législatives, le 13 septembre, elle revient sur les principaux enjeux qui traversent la société suédoise, des inégalités sociales aux questions migratoires.
A l’étranger, à droite comme à gauche, le modèle politique suédois a longtemps été donné en exemple. Comment expliquez-vous cet engouement ?
Cela fait vingt ans que l’on parle d’un modèle qui n’existe pas. Il s’agit d’un fantasme : on projette sur la Suède une sorte d’idéal fondé sur le pragmatisme, qui parviendrait à concilier un capitalisme innovant et avancé avec un modèle social favorisant l’égalité et l’inclusion. Or cette image ne correspond pas à la réalité. La Suède est un pays où les inégalités se creusent, où des personnes très riches échappent à l’impôt, tandis qu’une partie de la population vit dans la précarité.
Comment en est-on arrivé à cette situation ?
Il faut revenir aux années 1990 et à la grave crise qui a alors frappé la Suède. On peut y voir la dernière grande crise du capitalisme industriel structurel ou l’une des premières crises financières contemporaines. Quoi qu’il en soit, celle-ci a entraîné un basculement dans les pays nordiques, et particulièrement en Suède. Les marchés financiers sont alors devenus le nouveau moteur du capitalisme. Les entreprises publiques ont été privatisées, l’Etat social a été restructuré et l’investissement public a chuté. La logique de marché a été introduite dans les administrations et les services publics, y compris à l’école. Le niveau d’indexation des transferts sociaux a été revu à la baisse, tandis que de nombreux impôts étaient allégés, voire supprimés.
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