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Mamdani reçoit Trump à Gracie Mansion: l’alliance des DSA avec le président fasciste

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Le président Donald Trump et le maire de New York Zohran Mamdani s’adressent aux journalistes après leur rencontre à Gracie Mansion, à New York, le 21 septembre 2026. [Photo: C-SPAN]

Lundi après-midi, le maire de New York Zohran Mamdani, l’élu le plus en vue des Democratic Socialists of America (DSA), a accueilli Donald Trump à Gracie Mansion, la résidence officielle du maire de New York. Après une heure d’entretien à huis clos, les deux hommes sont sortis ensemble vers un pupitre installé sur la pelouse.

Ce qui a suivi fut un spectacle écœurant, le maire « socialiste » jouant les hôtes et servant de faire-valoir au président fasciste.

Il s’agissait de la troisième rencontre entre Mamdani et Trump en dix mois, après deux entrevues à la Maison-Blanche. La régularité de ces rencontres, combinée au fait que Mamdani reconnaît lui-même se trouver en conversation continue avec Trump « en présence » et « par téléphone », montre clairement qu’il s’agit là d’une orientation et d’un programme bien définis. Les DSA, en la personne de leur principal élu, ont noué une alliance politique avec Trump.

La rencontre s’est tenue alors que la cote de popularité de Trump est au plus bas – 36 pour cent, selon le dernier sondage de NBC News, son niveau le plus faible depuis le début de son second mandat. Il existe peu de villes où Trump est aussi détesté qu’à New York et où il ne peut assister à un événement public sans être hué. Mamdani ne réagit pas en attaquant Trump, et encore moins en appelant à s’opposer à lui, mais en lui donnant une légitimité. En retour, Trump lui jette quelques miettes.

Mamdani fait le sale travail politique de la classe dirigeante. Il s’emploie à refaçonner l’image du criminel de guerre fasciste Trump dont l’administration se consacre à donner aux oligarques ce qu’elle enlève aux travailleurs, pour en faire un champion de l’« accessibilité financière ». Ce faisant, il cherche à traîner le mot « socialisme » dans la boue.

Le maire a ouvert la rencontre en déclarant qu’à chaque fois que lui et le président se parlaient, il s’agissait « des mêmes sujets : comment améliorer la vie des New-Yorkais, et comment utiliser le pouvoir du gouvernement pour s’attaquer à la crise du coût de la vie… »

Quelle ridicule absurdité. L’homme qui se tient à ses côtés a lancé une guerre criminelle contre l’Iran qui a fait grimper le prix de l’essence de 27 pour cent en un an. La loi budgétaire de Trump a privé des dizaines de milliers d’habitants de la ville de leurs prestations SNAP (aide alimentaire fédérale). Cette même loi prive de couverture Medicaid environ 1,5 million de personnes dans l’État de New York – un front parmi d’autres dans l’offensive plus large menée contre les programmes sociaux par un gouvernement de l’oligarchie, par l’oligarchie et pour l’oligarchie.

Interrogé sur les « résultats tangibles » qu’aurait produits sa relation avec Trump, Mamdani n’a pu citer qu’un accord visant à « instaurer un nouveau niveau de cette conversation » entre l’Hôtel de Ville et la Maison-Blanche quant à construire sur le site de Sunnyside Yard, dans le Queens. Il a salué Trump comme quelqu’un qui avait « construit pas mal de logements ici, dans notre ville », une allusion polie aux escroqueries immobilières et aux opérations criminelles dont le président était spécialiste avant de se lancer en politique.

Ce projet, à l’image de l’« agenda d’accessibilité financière » de Mamdani dans son ensemble, est subordonné aux intérêts des promoteurs privés (un titre de The Economist, la semaine dernière, annonçait: « Les promoteurs immobiliers apprennent à aimer Zohran Mamdani »). Sur ce terrain, le maire DSA et l’escroc de l’immobilier parlent le même langage.

Plus significatif cependant fut ce que Mamdani n’a pas dit. Sa dernière rencontre avec Trump, le 26 février, avait eu lieu deux jours avant que les États-Unis ne lancent leur guerre contre l’Iran. La rencontre de lundi, elle, s’est tenue à la veille du discours de Trump devant l’Assemblée générale de l’ONU, qui sera l’occasion de menacer le monde entier de guerre. Dimanche, il a déclaré à Fox News qu’il hésitait entre « rayer l’Iran de la carte », le laisser « pourrir économiquement » ou conclure un accord, demandant : « Quand vais-je, et si je le fais, faire sauter le pays tout entier? »

Au pupitre, Trump est revenu sur le sujet sans qu’on le lui demande. L’Iran « n’aura pas l’arme nucléaire », a-t-il déclaré. « Ils s’en sortent très mal. D’ailleurs, j’ai des réunions à ce sujet aujourd’hui même. » Autrement dit, c’est depuis la pelouse du maire que Trump a annoncé qu’il préparait la prochaine étape de la guerre. Il a poursuivi par une diatribe traitant les médias de « fake news » pour leurs articles sur l’Iran et déclarant que la presse avait « elle aussi une obligation »: celle de ne pas le critiquer, puisqu’il avait « remporté une victoire écrasante».

Mamdani, debout à quelques pas de là, s’est docilement tu.

Trump s’apprête également cette semaine à imposer des sanctions contre la Cour pénale internationale (CPI) pour la contraindre d’abandonner son mandat d’arrêt contre Benjamin Netanyahu. Cette annonce intervient quelques jours après qu’une mission d’établissement des faits de l’ONU a estimé qu’il existait « des motifs raisonnables de croire » que les États-Unis eux-mêmes avaient commis un crime de guerre dès le premier jour de la guerre contre l’Iran. Ni la CPI ni Netanyahou n’ont été mentionnés sur la pelouse de Gracie Mansion.

Netanyahou lui-même doit s’exprimer devant l’ONU jeudi, et des manifestations de masse sont prévues. Lorsqu’il était candidat à la mairie, Mamdani s’était engagé à le faire arrêter. La semaine dernière, il a déclaré aux journalistes: « Je n’ai prévu d’assister à aucune manifestation lors de l’Assemblée générale de l’ONU. » Il a ajouté : « Je n’ai jamais encouragé les New-Yorkais à manifester. »

Quelle lâcheté lamentable, quelle servilité! Mamdani doit sa victoire électorale à l’opposition massive au génocide de Gaza. Il assure aujourd’hui à la classe dirigeante qu'il n'avait rien à voir avec ça.

Mamdani a fait cette déclaration flanqué de sa directrice de la police new-yorkaise, l’héritière milliardaire Jessica Tisch, et de sa directrice adjointe Rebecca Weiner. Quelques jours plus tôt, aux côtés de Mamdani, Weiner avait cité l’« extrême gauche » parmi les menaces terroristes pesant sur la ville.

Sur l’immigration, Mamdani a déclaré avoir « fait part de [ses] opinions très fermes » sur l’importance des New-Yorkais immigrés, « en particulier les New-Yorkais haïtiens », ajoutant qu’il « appréciait la conversation » qu’il avait eue avec Trump sur ces questions.

Mamdani est très au fait quant aux New-Yorkais haïtiens. Le 7 août, après que l’administration Trump eut retiré le statut de protection temporaire (TPS) à quelque 350 000 Haïtiens, il a annoncé que les employés municipaux haïtiens ayant perdu leur autorisation de travail seraient licenciés. Il n’a appelé à aucune manifestation, n’a opposé aucune résistance, se bornant à déclarer que la ville y était « contrainte par la loi fédérale ». Selon le propre audit de la ville, les arrestations menées par l’ICE dans la région de New York ont augmenté de 71 pour cent.

Après la première rencontre, Jacobin, l’organe officieux des DSA, avait salué le « flair politique » de Mamdani. Après la seconde, la revue avait qualifié ses flatteries envers Trump de stratégie avisée, expliquant que « gouverner suppose coopération et compromis, même avec un président autoritaire et nuisible ».

Nul doute que les apologistes de Jacobin, capitonnés de sottise et de mensonge, trouveront toutes sortes d’explications pour cette dernière rencontre. Ces gens-là savent parfaitement ce qu’ils font. Toute justification pragmatique de la collaboration avec Trump est elle-même un acte de collaboration.

Ce n’est pas là juste une question de qualités personnelles, celles de Mamdani ou de ses apologistes. Il est la personnification de ce que sont les DSA: une faction du Parti démocrate, porte-parole des couches privilégiées de la haute classe moyenne et qu’on met en avant pour donner un lifting à un ordre politique haï des masses. Leur véritable ennemi, c’est la classe ouvrière et la gauche.

Et ces gens-là sont loin d’être arrivés au terme de leur trajectoire. À mesure que la guerre s’étend et que la crise de l’administration Trump s’aggrave, les DSA et l’aile Sanders du Parti démocrate se déplaceront encore davantage vers la droite.

On a pu observer cette trajectoire la semaine dernière à l’« Assemblée pro-humaine » de Washington. Le sénateur Bernie Sanders y a remercié les organisateurs d’avoir réuni « des perspectives politiques différentes », avant de céder la tribune à l’idéologue fasciste et ancien conseiller de Trump Steve Bannon, qui a fait l’éloge de Sanders avant d’appeler à l’expulsion de tous les ressortissants chinois. Le WSWS a écrit qu’à cet événement se dessinaient les contours d’un nouveau « national-socialisme » américain. Gracie Mansion représente le même processus, incarné cette fois par l’élu le plus en vue des DSA.

Sondage après sondage, on constate une adhésion croissante au socialisme. Une enquête de CNBC menée le mois dernier a révélé que 46 pour cent des Américains âgés de 18 à 34 ans ont une opinion favorable du socialisme démocratique, deux fois plus que la part en ayant une opinion défavorable. Les travailleurs et les jeunes qui se tournent vers la gauche entreront en collision avec la politique de droite des DSA.

Le développement de la conscience politique n’est cependant pas automatique. Ceux qui ont voté pour Mamdani en croyant qu’il représentait une alternative doivent en tirer les conclusions. Cela exige une étude sérieuse de ce que sont les DSA, d’où ils viennent, des raisons pour lesquelles leur évolution pouvait être prévue, et une étude des questions centrales du XXe siècle, avant tout l’histoire du mouvement trotskyste.

L’immense opposition à la guerre, aux raids de l’ICE et à l’oligarchie ne peut trouver d’expression à travers les DSA, ni à travers aucune fraction du Parti démocrate. Elle exige la mobilisation politique indépendante de la classe ouvrière, aux États-Unis comme à l’international, sur la base d’un programme socialiste. Telle est la perspective pour laquelle combat le Socialist Equality Party (Parti de l’égalité socialiste).

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